Galerie Hervé Bize 17-19 rue Gambetta 54000 Nancy France T 33 (0)383 301 731 - F 33 (0)383 301 717 Du mardi au vendredi de 14h à 18h et sur RDV Le samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h

Expositions réalisées par la galerie :


30 mars - 27 mai 2017
Prolongation jusqu'au 1er juillet
Vernissage jeudi 30 mars de 18h à 20h

U Scope I'm God Say Hi Or Be John

La galerie est heureuse d'annoncer la prochaine exposition qui se tiendra dans ses murs après une interruption de quelques mois.
Elle porte un intitulé pour le moins mystérieux, U Scope I'm God Say Hi Or Be John (fruit d'un anagramme) et sera constituée d'œuvres d'artistes français et internationaux (Jean-Michel Alberola, Miguel Branco, Delia Brown, Bruno Carbonnet, Peter Dreher, Marcel Dzama, Jean Hélion, Alain Jacquet, Joan Jonas, Bruno Perramant, Eric Poitevin, Gabriel Vormstein et Andy Warhol), autour d'un thème extrêmement fécond dans l'Histoire de l'Art, celui de la vanité.

L'imprévisibilité est le fait que tout peut arriver.
Partons du principe que sans imprévu il n'y a pas de tragique et que sans ce tragique il n'y a donc pas d'espoir. La création des institutions a eu pour but de limiter les imprévus de type Révolution mais dans cette période d'incertitude absolue que représente une période de crise, pouvons-nous dire en citant Emmanuel Levinas que nous arrivons à la fin d'une certaine intelligibilité puisque nous avons perdu nos repères ?
Nous nous retrouvons donc sans outils pour comprendre et penser le Monde, à cause d'un changement de sens des mots employés; par exemple l'Humain est devenu Capital humain, par Liberté nous devons comprendre Circulation du Capital, et la Vertu ainsi que le Mérite personnel ont été remplacés par Évaluation et Concurrence... Cette idéologie détruit l'Homme et son Lien social pour aboutir à un individu isolé: cette fragmentation de la société rend caduque nos critères d'analyse, dans quel but ?
La disparition des médiateurs, si importants dans la structuration du monde, met en crise notre système démocratique ; elle est à l'origine de la déstructuration du monde tel que nous le connaissons, dans une logique concurrentielle propre au Néolibéralisme.
Au regard du passé, une révolution peut autant mener au communisme qu'au fascisme lesquels ont tous deux comme finalité l'anéantissement de l'émancipation individuelle.
Cette perception du temps qui passe nous donne l'impression d'atteindre un horizon de prévisibilité au-delà duquel plus rien n'est maîtrisable, nous ne pouvons plus croire en nos institutions qui apparaissent comme figées, ni dans un monde politique parvenu à ses limites, ne contrôlant plus le "cours naturel des choses" de ce monde en mutation.
De cette perte de repères naissent des mouvements extrêmes, prévisibles, avec leur lot de revendications identitaires, qui visent à remplacer l'identité sociale par l'identité originelle/culturelle et conduisent au rejet de toute altérité.
Prôner le multiculturalisme est ambigu puisque dans cet absolu il y a la négation de la différence de l'autre ou de la haine de l'autre. Dans le rejet de l'autre se trouve le rejet de tous les chercheurs qui ont une pensée critique et combattent la négation.
Proférer des mensonges ou mener une politique négationniste, s'en prendre à la pensée critique afin de ne promouvoir que la valeur marchande est quelque chose que notre histoire a déjà traversé mais qui par une incompréhensible amnésie des traumas des expériences passées est en voie de se répéter.
L'imprévisible est donc un refus de voir et de savoir, un déni de réalité.
Agathe Marie-Louise, janvier 2017

Unpredictability is the fact that anything can happen.
Let’s assume that without unexpected events, there is no tragedy, and that without this tragedy, there can be no hope. The creation of institutions was aimed to limit unexpected events like a Revolution, but during this period of absolute uncertainty represented by a crisis, can we quote Emmanuel Levinas and say that we are coming to the end of a certain intelligibility since we have lost our bearings?
We therefore find ourselves without the tools to understand and think about the World, because of a change in the meaning of the words used. For example, Human has become human capital; through Freedom, we should understand Circulation of Capital; and Virtue and Personal Merit have been replaced by Evaluation and Competition … This ideology destroys Man and his Social Link, ending up with an isolated individual: the fragmentation of society renders null and void our criteria of analysis, but for what purpose?
The disappearance of mediators, which are so important in the construction of the world, throws our democratic system into turmoil; it has led to the deconstruction of the world as we know it, along the competitive lines of Neoliberalism.
In view of the past, a revolution can just as well lead to communism as to fascism, both of which aim to annihilate individual emancipation.
This perception of time passing by gives us the impression that we have reached a horizon of predictability beyond which there is no longer any control, we can no longer believe in our institutions that appear to be rigid, nor in a political world which has reached its limits, no longer controlling the “natural course of things” in this ever-changing world.
From this loss of bearings are born extreme, predictable movements, with their share of identity-based claims, that aim to replace social identity by original/cultural identity, and lead to the rejection of all forms of otherness.
To advocate multiculturalism is ambiguous since with this absolute comes the denial of difference or the hatred of others. With the rejection of others comes the rejection of all researchers with critical thinking that fight denial.
The spreading of lies or leading a policy of denial, attacks on critical thinking in order to promote only commercial value are things which history has already been through, but due to an inexplicable amnesia, the trauma of past experiences is in the process of repeating itself.
Unpredictability is therefore a refusal to see and to know, a denial of reality.
Agathe Marie-Louise, January 2017


2-5 mars 2017
Spring Studios, New York City

La galerie à New York : Independent New York

La galerie a le plaisir d'annoncer sa première participation à Independent New York, qui réunira une sélection de 40 galeries internationales, simultanément à The Armory Show, à laquelle nous avions participé en 2012 et 2013.


26 mai - 16 juillet 2016
Vernissage jeudi 26 mai de 18h à 20h

Marco Godinho

Joseph Beuys | Marco Godinho

La galerie Hervé Bize propose cet été un projet qui s'inscrit dans le fil d'une suite d'expositions construites sous la forme de Conversations entre deux artistes, lesquelles reviennent à intervalles réguliers dans sa programmation.
Celles-ci peuvent recouvrir des formes très variables et concerner tout autant des artistes vivants, appartenant à la même génération, que d'autres relevant de périodes et de champs différents. Le prochain de ces rendez-vous, du 26 mai au 16 juillet, consistera en un dialogue entre un ensemble de multiples de Joseph Beuys (1921-1986), figure majeure de l'art du XXème siècle, et une sélection d'œuvres de l'artiste lusitano-luxembourgeois Marco Godinho (*1978) qui bénéficiera cet été d'une première exposition personnelle dans une institution française, au MAMAC, Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain de Nice (à partir du 8 juillet).
Depuis sa disparition il y a tout juste trente ans, le travail de Joseph Beuys reste perçu de manière partagée. Pour certains, il compte parmi les artistes visionnaires qui ont apporté une dimension nouvelle à la notion d’art ; pour d'autres, sa démarche a été surtout le reflet des enjeux politiques et sociaux auxquels il a pris part.
Le langage et l'écriture constituent un fil conducteur qui relie l'ensemble des travaux réunis pour cette exposition. Certains se font directement et explicitement écho : Every Day a Revolution de Marco Godinho renvoie indéniablement à Rose für Direkte Demokratie de Joseph Beuys et la cartographie parisienne d'Initiation Gauloise (à partir d'un plan du métro) trouve en quelque sorte un prolongement dans White Map #2 de Marco Godinho qui ne laisse plus apparaître que les monuments et les espaces verts de la capitale.
Le statut de l'œuvre est aussi au cœur de leurs pratiques respectives (performances, installations, objets, éditions, multiples à activer, etc.). En effet, Joseph Beuys a produit, de 1965 à sa mort, de nombreux multiples et Marco Godinho s'intéresse également de très près à ce domaine ainsi qu'à celui du livre.
Ces productions imprimées contribuent à "élargir" l'art et ses fondements traditionnels, y associant concepts, manifestes et autres formes de langage.
Joseph Beuys fut passionné par la diffusion d’idées et ne manquait pas de rappeler que ses objets étaient seulement en relation avec ses idées intelligibles.
Quant à Marco Godinho, il n'a de cesse d'interroger des concepts liés à notre condition sociale, au déracinement, au voyage (particulièrement la notion d'errance), ainsi qu'à la mémoire de ce qu’on laisse derrière nous, "l’idée que chaque pas est un choix qui efface celui qu’on laisse derrière soi."
L'art nous offre sans conteste une manière de déconstruire nos certitudes et permet une ouverture sur un monde contemporain empreint d'incertitude en interrogeant la manière dont nous le traversons.


5-8 mai 2016
Preview Day, mercredi 4, de 11h à 20h
Randall's Island Park, Manhattan

La galerie à New York : Frieze New York, 4-8 mai 2016 (stand D35), François Morellet

La galerie est heureuse d'annoncer sa seconde participation consécutive à Frieze New York.
A l'occasion de son 90ème anniversaire, nous présenterons un ensemble d'œuvres exceptionnelles de François Morellet datant de 1961 à 1986. Celles-ci s'inscriront dans un environnement qui englobera la totalité du stand de la galerie (murs et sols).
La galerie poursuit ainsi le travail de représentation et de suivi qu'elle opère aux Etats-Unis depuis 2008, date du premier projet réalisé à New York dans lequel nous avions présenté une œuvre cinétique de Morellet.


25 février - 30 avril 2016
vernissage jeudi 25 février de 18h à 20h
Signature-rencontre avec les artistes le jeudi 10 mars à 18h à l'occasion de la parution de leur monographie

Dector & Dupuy

Dector & Dupuy, Broussard & Brynner

La galerie a le plaisir d'annoncer la quatrième exposition personnelle du duo Dector & Dupuy dans ses murs, du 25 février au 30 avril 2016.
Le titre de l'exposition, Broussard & Brynner, dans sa forme, renvoie immédiatement au collectif que forment Michel Dector et Michel Dupuy depuis le début des années 1990 (c'est-à-dire sous l'intitulé d'un collectif dont le nom lui-même a pris des formes variables) même si les deux artistes ont commencé à travailler ensemble dix ans auparavant. Ce titre renvoie à une œuvre qui figurera bien évidemment dans l'exposition, pièce composée de deux photographies (des portraits de Robert Broussard et de Yul Brynner) et d'un court texte en situant l'origine à Cherbourg et désignant de fait cette œuvre comme une sorte d'autoportrait distancié du duo qui correspond bien à l'idée de la monographie qui paraît sur leur démarche. (1)
Car il en va ainsi du travail de Dector & Dupuy que de découler d'une constante exploration des signes, traces, objets, parfois emprunts de la plus grande ténuité. Comme l'écrit à juste titre Jean-Marc Huitorel dans sa contribution, à partir de ces collectes, les deux artistes réalisent principalement des expositions, des visites guidées et divers supports imprimés. Les oeuvres destinées à l’exposition ainsi que les visites guidées sont systématiquement précédées d’un temps de repérage de ces traces que l’oeil distrait échoue à capter. Cette phase préalable comprend entre autres la déambulation, l’observation, la prise de photographies, de notes, la lecture, la documentation, l’hypothèse, l’expérience, l’interprétation, la traduction. Leurs expéditions dans la ville (plus rarement ailleurs) rappellent les maraudes des affichistes, davantage sans doute que les dérives des situationnistes.
Le livre qui recouvre l'ensemble de leurs activités et productions est à l'origine de l'exposition qui sera proposée par la galerie.
Elle inclura tout d'abord, dans une sorte de mise en abyme, quelques traces de leurs collaborations passées avec la galerie sans aucun caractère rétrospectif et dans un second temps, introduira un certain nombre de pièces présentes dans cet ouvrage, ce sont des « peintures, des objets » et des photographies, dirons-nous, par commodité, sans entrer dans le détail de leur processus et de leur exécution tant les deux artistes se plaisent à bouger les limites.
Une présentation du livre aura lieu le 13 janvier à 18h30 à la Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou à Paris et sera suivie d'une visite guidée entre le musée et l'espace Contexts à Belleville, où Dector & Dupuy exposeront du 14 janvier au 6 février. Une signature-rencontre est également programmée à la galerie le jeudi 10 mars à partir de 18h.

(1) publiée chez Captures éditions en partenariat avec plusieurs institutions et la galerie qui les représente.

Michel Dector (*1951) et Michel Dupuy (*1949) ont réalisé de nombreux projets, expositions et visites guidées, tant en France qu’à l’étranger (Allemagne, Autriche, Canada, Hollande, Etats-Unis, Italie, Grèce...).
Des œuvres sont notamment conservées dans les collections du Frac Poitou-Charentes, Frac Bretagne, Frac Lorraine ainsi que dans celle du Fonds Municipal d'Art Contemporain de la Ville de Paris.


28-31 janvier 2016
Opening night le 28 janvier de 19h à 21h Art Los Angeles Contemporary
The Barker Hangar, Santa Monica

Jack Youngerman

La galerie à Los Angeles : ALAC 2016 , Jack Youngerman, Paintings 2013-2015

The gallery has always considered the curatorial aspect of its activities to be of particular importance, Hervé Bize having himself been invited as associate curator on several occasions over the last few years.
For the upcoming Art Los Angeles Contemporary we have quite naturally anchored our project on the foundations of the work developed by the gallery in its program about artists belonging to different generations.
We will be pleased to present in California a solo exhibition by Jack Youngerman, more precisely a body of new paintings (all of the same size, “30 inches”, some of which hang like diamonds), using his more recent compositional research. These vivid works — oil on Baltic birch plywood — will highlight Youngerman's focus on his abstract imagery.
After his formative years in Paris in the early 1950s and his return in US in 1956, he immediately engaged in the milieu of the contemporary New York art scene, with other artists friends who included Robert Indiana, Ellsworth Kelly, Frank Stella, Jasper Johns, Agnes Martin and Robert Rauschenberg.
Jack Youngerman's career has yielded distinctive explorations of invented form, organic abstraction, symmetry and asymmetry that he has taken to new heights in the past five years.
The most recent paintings present faceted arrangements, escutcheon-like patterns that radiate outward from a central core, forming color-saturated images. With strength and impressive energy of renewal, Youngerman's voice is one of consistence, forever reaching for new discoveries and reinvention while sustaining a clear identity as a significant figure in the field of abstract painting.
This project for ALAC 2016 will coincide with the 90th birthday of the artist. His work, which has been exhibiting nationally and internationally for over 60 years, is represented in many public collections, among them the Museum of Modern Art, the Guggenheim Museum New York, the Whitney Museum of American Art, and the Art Institute of Chicago.
His last show in Los Angeles which was dedicated to paintings on paper took place at Margo Leavin Gallery in 2011.


24 septembre - 28 novembre 2015
Vernissage jeudi 24 septembre de 18h à 20h

Jacques Charlier & Alain Jacquet, Born in 1939

La galerie Hervé Bize s’attache de nouveau cet automne à la présentation conjointe de deux artistes, Jacques Charlier (*1939) et Alain Jacquet (1939-2008), sous la forme d'une "conversation".
Ce projet s'inscrit dans le fil d'autres qui se sont précédemment tenus à la galerie ou hors les murs. En effet, la galerie représente Jacques Charlier depuis 2009, date à laquelle nous avions organisé une étonnante exposition intitulée Libérer Lamartine qui fut ensuite intégralement acquise par le Frac Poitou-Charentes.
En 2013, à l'occasion de notre seconde participation à The Armory Show à New York, avec la collaboration de Sophie Matisse et du Comité Alain Jacquet, nous avions présenté un remarquable solo show d'Alain Jacquet.
Témoins du Nouveau Réalisme et du Pop Art, exacts contemporains, Jacques Charlier et Alain Jacquet s'en distinguent pourtant. Si Jacquet a manifesté une prédilection pour une imagerie véhiculée par les médias américains, il a eu recours à des montages plus complexes et fait de la trame (dots) un langage actif, créant des propositions ambigües et polysémiques.
De son côté, Charlier a adopté avec humour une approche visant à révéler les liens de l’art à l’art et non plus de l’art à la vie. Voyant dans l’art un sujet à la fois d’observation et de conversation, il a engagé notamment une réflexion sur les vertus d’un pastiche inspiré visant à mettre en cause le fétichisme et le vedettariat de l’art moderne et contemporain.
Dans le même esprit, Jacquet s'est illustré par la citation de l’Histoire de l’Art avec ses Camouflages ou son Déjeuner sur l'herbe de 1964, première œuvre, selon le critique Pierre Restany, du "Mec Art" (contraction de "mechanical art"), dans lequel il convoque le répertoire de Giorgione ou Manet dans une peinture vivante. Jacquet en réalisa aussi plusieurs fragments (trois sont exposés) en modifiant l'échelle, preuve de son absolue indifférence à l'égard de l'image-objet.
Ouvrant une réflexion sur les étapes intermédiaires utilisées par l’outil mécanique et plus tard le numérique dans la création de l'image, il superposa et conjugua le "grand art" et la culture de masse, jusqu’à dissoudre la figuration dans une quasi abstraction.
Charlier, en remplaçant la beauté par le rire, s'attache à affirmer l’improbable, à mettre en jeu l'esthétique du kitsch ; c’est aussi une thématique que développera Jacquet dans ses passages du sublime au trivial. Dès le début des années 1970, Jacquet utilise les premières images de la Terre provenant de la NASA, s'interrogeant sur les changements de nature dans le passage de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Dans Chile con carne de 1985 (œuvre présente dans l'exposition), il crée une image subjective à partir des motifs qu'ébauchent les éléments de la photographie spatiale de la Terre : dans une sorte de phénomène d'anamorphose un clown se dessine au large du Chili.
Plus proche de nous (2007) et avec la série, Art in another world, Charlier met en place une réflexion concernant l’imagerie des années 1940 à 1960 aux Etats-Unis caractérisant une sorte d’esthétique internationale. Il met le doigt sur un monde paradoxal dont la forme extérieure se serait arrêtée définitivement sur l’image d’un moment de son histoire.
L'exposition présentée par la galerie rassemble des œuvres des années 1960 aux années 2000 ; elle témoigne pour les deux artistes de leur constante soif d'expérimentation et de recherche, que l'on retrouve dans leur propension à avoir utilisé, de façon pionnière, de nouveaux supports ainsi que des médiums très différents. Leurs démarches respectives démontrent une grande cohérence, aussi bien en termes d'inventivité plastique que d'attention au langage.

Alain Jacquet est né en 1939 à Neuilly-sur-Seine. Il est décédé en 2008 à New York (Etats-Unis). La dernière rétrospective consacrée à son travail, Alain Jacquet, Camouflages et Trames, a eu lieu en 2005 au MAMAC, Musée d'art moderne et contemporain, à Nice.
La galerie George-Philippe et Nathalie Vallois présentera à Paris une exposition, Alain Jacquet, Des Images d'Epinal aux Camouflages (1962-1963), du 7 septembre au 11 octobre 2015.
Jacques Charlier est né en 1939 à Liège (Belgique). Son travail figure actuellement dans les expositions I Belgi Barbari e Poeti, Museo d'Arte Contemporanea di Roma, visible jusqu'au 27 septembre 2015 ainsi que dans l'exposition itinérante, The importance of being, Museo Nacional de Bellas Artes, la Havane ; Museo de Arte Contemporaneo, Buenos-Aires et Museo de Arte Moderna, Rio de Janeiro (3 avril 2015 – 14 février 2016).


21-25 octobre 2015 (Grand Palais)
20-25 octobre 2015 (Jardin des Tuileries)

La galerie à Paris : FIAC 2015, nef du Grand Palais (stand 0.A51) et Jardin des Tuileries

La galerie Hervé Bize a le plaisir d'annoncer sa prochaine participation à la FIAC 2015 laquelle sera constituée par deux projets.

Nef du Grand Palais – 22-25 octobre (preview mercredi 21) :
André Cadere (1934-1978) fait indéniablement partie de ces personnalités artistiques complètement mythiques ayant apporté une contribution majeure à l’histoire de l’art contemporain, de manière fulgurante et concentrée. En effet, la trajectoire de cet artiste d'origine roumaine, l'un des rares durant les années 1970 à avoir inventé une nouvelle forme artistique par laquelle il est complètement identifié — ses fameuses barres de bois de rond composées de segments colorés suivant un système prédéterminé qu'il perturbe par une erreur et non assujetties à un lieu ou à un seul mode d'exposition — qui continue d'avoir une influence considérable sur l'art contemporain.
Cinq ans après avoir présenté à Art Basel un premier ensemble d'œuvres surtout constitué d'early works, la galerie a réuni pour la première fois dans une foire un ensemble unique de barres de bois rond qui seront présentées en regard de plusieurs pièces textuelles réalisées en 1972-73. Celles-ci font partie des activités menées par Cadere concomitamment et sont complètement méconnues.
L'une d'elle, Le papier sur lequel est imprimé ce texte est à jeter. Le texte, quant à lui, est oublier..., sera d'ailleurs réactivée, en suivant les instructions laissées par l'artiste, lors du vernissage de la foire le mercredi 21 octobre.

FIAC 2015 – Hors les Murs – Jardin des Tuileries – vernissage mardi 20 octobre :
Nous sommes heureux de pouvoir proposer dans le parcours Hors les murs, une œuvre de l'artiste helvétique Eric Hattan (*1955). Précisément dix ans après une première version qui fut présentée à l'intérieur du Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, Hattan offre ainsi au public parisien une nouvelle mouture de Sans crier gare, une pièce construite à partir de cris qui en rejoue un éminemment célèbre, celui de Tarzan. Ces cris rassemblés, une dizaine formant un collectif anonyme et condamné d'une certaine façon à l'incompréhension, sont délivrés par des haut-parleurs suspendus dans la végétation, de façon aléatoire et durent quelques secondes.
L'insertion des œuvres de Hattan dans l'espace, qu'il soit public ou dédié à la monstration artistique, est souvent discrète et peut parfois prendre la forme d'une sorte de jeu de piste.
La constance qu’il manifeste pour des gestes du quotidien, des situations inattendues ou suscitées, nous montre que le spectacle le plus touchant et étrange peut surgir à tout instant, et dans n’importe quelle circonstance : on pourrait presque dire que c’est simplement par des déplacements, ou par des détournements que l'artiste modifie de façon sensible notre perception.
Avec Sans crier gare, les fils d'alimentation des haut-parleurs deviennent tantôt des cordes à linge, tantôt des lianes. Si cette œuvre a des allures d'installation purement sonore, son rapport à l'espace en fait bien une pièce sculpturale non dépourvue d'humour dans le contexte actuel.


29 mai - 11 juillet 2015
Vernissage jeudi 28 mai de 18h à 20h
Prolongation sur rendez-vous en août

VERTIZONTAL

La galerie Hervé Bize a le plaisir d’annoncer VERTIZONTAL, une exposition collective réunissant les œuvres de six artistes français et étrangers, tous actifs entre le milieu des années 1960 et aujourd’hui.
VERTIZONTAL, naturellement construit à partir de la contraction des mots vertical et horizontal, est un néologisme anglais qui provient du langage du skateboard.
Il s'est imposé lorsque nous avons eu l'idée de réunir un ensemble d'œuvres dues à des artistes européens faisant peu ou prou partie de la même génération.
L'ensemble de l'exposition est donc rythmé par des verticales, flèches, fentes, lignes minces ou bien encore échelles ainsi que par des horizontales, droites ou ondulatoires voire par la combinaison des deux.
Ce qui est à l'œuvre ici consiste en une relation d'ordre visuel et spatial puisque comme à l'accoutumée, l'espace de la galerie a joué un grand rôle dans la réunion de ces œuvres.
Si Daniel Dezeuze (*1942) et Claude Viallat (*1936) sont connus pour avoir été tous deux membres fondateurs du groupe Supports/Surface (leurs démarches respectives ont déjà été montrées par la galerie, soit dans des expositions monographiques pour le premier, soit dans des projets thématiques pour le second), L'artiste italien Giorgio Griffa, exact contemporain de Viallat, ne jouit pas encore en France de la même reconnaissance qu'à l'étranger. Il s’est pourtant distingué, dès la fin des années 60, par un langage qui réduit la peinture à ses composants essentiels de support, touche, couleurs et à l'instar de Viallat, sous la forme de toiles libres.
Ces deux artistes s'attèlent donc à une idée de rythme par la séquence et la répétition de gestes minimaux sur des toiles non tendues.
Alan Charlton (*1948), de son côté, a mis en œuvre très tôt une peinture — sur châssis — plutôt austère et minimale, mais dont la matérialité, basée sur des nuances de gris, est pour le moins extrêmement subtile.
Cette exposition est également l'occasion de retrouver deux autres artistes avec lesquels la galerie a noué des relations étroites, Jean-Claude Loubières (*1948) et Bernard Borgeaud (*1945) dont nous présenterons pour le premier des pièces verticales paraffinées et pour le second, des œuvres d'une série en hommage à Barnett Newman.


14 - 17 mai 2015, Randall's Island Park, New York
Preview mercredi 13 mai

La galerie à New York : Frieze New York, 14-17 mai 2015 (stand B41), André Cadere, Early works 1969-1970

We are pleased to present an oustanding selection of early works by André Cadere for the first time in the United States.
Undeniably, André Cadere (1934-1978) is one of these completely mythical artistic characters who made major contributions to the history of contemporary art, in a spectacular and concentrated way. Indeed, the path taken by this artist of Romanian origin, who was one of the rare artists during the 1970s to invent a new art form which identified him completely – his famous wooden bars – still generates constant interest today and continues to have a considerable influence on contemporary art.
This proposal for Spotlight, the new section of Frieze New York, brings together five exceptional pieces, which are quite literally the foundations of André Cadere's life time's work.
We will present the famous diptych painting “Black Citröen Panel” that marks Cadere's real entrance into the Parisian art world: it was exhibited in Paris at the Salon de Mai 1969 which took place in the rooms of the Musée d'art moderne.
This piece enabled him to introduce material of industrial origin into his work for the first time (boards, pieces of wooden sticks, varnished colors and body work paint).
We will also be showing four of the very first bars produced by Cadere in 1970. They were exhibited in 1971 at the Palais Galliera in Paris. With these works, Cadere completely broke away from the two dimensionality of paintings (and also from the works' dependence on walls) and established a predetermined approach within which the produced work was the result of a system similar to algorithms.
The presentation of this ensemble in New York would have a special resonance since Cadere visited regularly during the last years of his life and he particularly appreciated the welcome he received there.

André Cadere was born in 1934 in Warsaw (Poland). He grew up in Portugal and moved to Bucharest (his father was an ambassador of this country). He succeeded to leave Romania in 1967 for Paris where he lived until his death in 1978.


6 mars - 9 mai 2015
vernissage vendredi 6 mars de 18h à 20h

Rémi Dall'Aglio

Rémi Dall'Aglio, Self-Made

Lorsque j'ai demandé à Rémi Dall'Aglio quel titre pourrions-nous donner à sa future exposition, il m'a indiqué Self-Made.
S'il m'a avoué ne pas avoir fait immédiatement — mais j'ai sans doute au fil du temps un esprit déformé — le rapprochement avec ready-made de Marcel Duchamp, il y a, au sein de l'approche de Rémi Dall'Aglio des facteurs qui le rapprochent de cette figure incontournable, particulièrement son intérêt constant pour la science et si Duchamp avait participé au Concours Lépine en 1935 avec ses Rotoreliefs, Dall'Aglio aurait peut être y prendre part avec l'une ou l'autre de ses machines — il travaille actuellement sur une imprimante 3D peu ordinaire — voire sa lampe à arc électrique avec laquelle il produisit d'étonnants photogrammes.
Rémi Dall'Aglio cherche en effet à relier une vision technique et scientifique à une vision sensible du monde en plaçant en quelque sorte le spectateur au centre d'un observatoire de formes et de phénomènes.
Comme il aime à le rappeler, « très tôt, j'ai trouvé comme point d'ancrage l'étude du ciel et des étoiles, origine d'un travail où le tracé, passage du point à la ligne, génère formes et rythmes. Il poursuit : « Inscrit ou volatil, mécanisé ou furtivement capté, le tracé demeure une constante. Il est délégué à la mesure et à la mécanisation. » Avec ses installations mettant en scène des machines, il s'agit autant d'une inscription calculée que d'une observation d'un temps à l'œuvre, la machine étant pour l'artiste « un outil de médiation entre l'homme et l'univers, sans arrière-pensée productiviste. »
Je ne peux m'empêcher de penser que cet esprit de recherche et d'aventure artistique, toujours empreint d'ironie, combiné à ce constant intérêt pour le monde scientifique fut déjà à l'œuvre lorsqu'à l'occasion de l'ouverture de la galerie (en 1989), Rémi Dall'Aglio fut le premier à investir cet espace en s'appropriant une vitrine avec déjà... une étrange pièce motorisée intitulée Réseau courbe, brosse Univers. Une manière de penser que l'art est davantage le fait de retournements, d'imbrications, de constructions que le produit d'une pensée linéaire et uniquement à caractère formaliste.
L'exposition Self-Made, présentée à la galerie jusqu'au 9 mai, réunit deux installations de grandes dimensions (machines avec microprocesseurs qui dessinent à même les murs) ainsi que d'autres œuvres récentes, notamment un ensemble de dessins.
H.B., février 2015

Rémi Dall'Aglio est né en 1958 à Genève. Il vit et travaille à Gajan (France).
Son travail a fait l'objet de plusieurs expositions personnelles à la galerie depuis 1992. Il a été présenté en Suisse par plusieurs institutions importantes, ainsi qu'au Danemark (Louisiana Museum, Humlebaek), aux Etats-Unis (Swiss Institute, New York).
Des œuvres figurent notamment dans les collections du CNAP (Paris La Défense) et du Frac Languedoc-Roussillon (Montpellier).


13 novembre 2014 - 31 janvier 2015
Vernissage jeudi 13 novembre de 18h à 20h

François Morellet & Jack Youngerman, œuvres récentes

La galerie a toujours attaché à l'aspect curatorial de ses activités une importance particulière.
Dans le cadre de sa programmation intramuros, cela s'est souvent traduit par la réunion de deux personnalités qui ne se connaissaient pas forcément (appartenant parfois à des générations différentes), sous la forme d'une sorte de "conversation" se déployant dans les deux salles de la galerie.
À la suite de nos visites des ateliers de Jack Youngerman (dans l'Etat de New York) et de François Morellet, il nous a semblé pertinent de leur proposer un projet associant quelques-unes de leurs oeuvres les plus récentes tant nous avons été frappés des affinités potentielles.
Cette exposition aurait dû avoir lieu depuis déjà longtemps (et pourrait aussi donner quelques idées à des institutions) tant les deux artistes, exacts contemporains — tous deux dans leur 89ème année — sont amis de très longue date. En effet, Morellet et Youngerman se sont rencontrés en 1952 alors que le second vivait en France et était le compagnon de l'actrice Delphine Seyrig. Ce projet est donc avant tout l'expression d'une amitié entre deux artistes majeurs qui ont mis en place, très jeunes, un vocabulaire à l'encontre des positions dominantes de l'époque, s'attachant alors à promouvoir une forme d'abstraction assez radicale dans le prolongement d'Art concret.
Utilisant des formes élémentaires, formats ronds et carrés — parfois sur la pointe — ou triangulaires, droites ou courbes, les deux artistes prédéterminent leurs compositions pour éliminer l'arbitraire et développent leurs pièces de manière sérielle, avec une approche spatiale assez similaire.
La sélection d'oeuvres des toutes dernières années, qui constitue cette exposition, montre combien Morellet et Youngerman poursuivent leur démarche avec une force et une énergie de renouvellement impressionnante.
Un sentiment d'accomplissement assez jubilatoire traverse ces oeuvres et c'est avec un plaisir considérable que la galerie présentera ce dialogue exceptionnel qui clôture le programme marquant son 25ème anniversaire.
François Morellet et Jack Youngerman sont nés en 1926, le premier à Cholet, le second à St. Louis (Missouri). Leurs oeuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et parmi les expositions et rétrospectives qui leur ont été consacrées, citons, pour Youngerman celles du Guggenheim Museum à New York en 1986 et du Parrish Art Museum à Water Mill en 2005 et pour Morellet, celles du Brooklyn Museum à New York en 1985 et du Centre Pompidou à Paris en 2011.
Signalons enfin qu'une seconde "version" de ce projet, incluant cette fois des oeuvres sur papier, sera produite à l'occasion de la première participation de la galerie à artgenève, salon qui se tiendra du 28 janvier (preview) au 1er février 2015.
Pour toutes informations complémentaires et demandes de visuels, veuillez contacter Agathe au 03 83 30 17 31 ou par e-mail : agathe(at)hervebize.com.


29 janvier - 1er février 2015
Opening reception mercredi 28 janvier de 1'h à 18h

La galerie à Genève : artgenève 2015 (stand D08), François Morellet & Jack Youngerman, un dialogue

La galerie a toujours attaché à l'aspect curatorial de ses activités une importance particulière et notre programme intramuros a souvent été marqué par la réunion de deux personnalités, sous la forme d'une "conversation".
C'est à la suite de visites des ateliers de Jack Youngerman et de François Morellet qu'il nous a semblé pertinent de penser à un projet associant quelques-unes de leurs œuvres les plus récentes tant nous avons été frappés des affinités potentielles.
Exacts contemporains — et dans leur 89ème année, ils sont amis de très longue date. En effet, Morellet et Youngerman se sont rencontrés en 1952 alors que le second vivait en France et était le compagnon de l'actrice Delphine Seyrig. Tous deux ont mis en place, dès cette époque, un vocabulaire à l'encontre des positions dominantes en s'attachant à produire une forme d'abstraction dépouillée.
Ce projet est donc avant tout l'expression d'une amitié entre deux artistes qui ont mis en place, très jeunes, un vocabulaire à l'encontre des positions dominantes de l'époque, s'attachant alors à promouvoir une forme d'abstraction assez radicale.
Utilisant des formes élémentaires, formats ronds et carrés — parfois sur la pointe — ou triangulaires, droites ou courbes, les deux artistes prédéterminent leurs compositions pour éliminer l'arbitraire et développent leurs pièces de manière sérielle, avec une approche spatiale assez similaire. D'autres éléments les rapprochent : les rapports d'échelle et au mur sont comparables tout comme la présence de la symétrie.
Il nous apparaît pertinent de pouvoir présenter en Suisse, où l'histoire de l'abstraction géométrique s'est constamment renouvelée, ce dialogue entre deux artistes majeurs dont les travaux donnent un sentiment d'accomplissement quasi jubilatoire.

François Morellet et Jack Youngerman sont nés en 1926, le premier à Cholet, le second à St. Louis (Missouri). Leurs oeuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et parmi les expositions et rétrospectives qui leur ont été consacrées, citons, pour Youngerman celles du Guggenheim Museum à New York en 1986 et du Parrish Art Museum à Water Mill en 2005 et pour Morellet, celles du Brooklyn Museum à New York en 1985 et du Centre Pompidou à Paris en 2011.


18 septembre - 31 octobre 2014
Vernissage jeudi 18 septembre de 18h à 20h

STRATEGY : GET ARTS

En 2009, à l'occasion des 20 ans de la galerie, Hervé Bize avait présenté une singulière exposition baptisée Keep your options open. Sous cette injonction qui s'apparentait à un slogan publicitaire, le projet s'adressait directement au spectateur et renvoyait celui-ci aux rapports qu'il devrait entretenir avec l'art en l'invitant à rester attentif et disponible, à prendre le temps de poser un regard dans un monde qui semble nous précipiter constamment dans une fuite en avant.
Le principe de l'exposition faisait reprendre à des œuvres présentées dans la galerie durant ces vingt premières années leur exacte position spatiale, comme superposant des strates de temps et générant des rapprochements voire des juxtapositions de travaux qui n'auraient jamais été appelées à se produire.
Bernard Borgeaud, qui figurait au nombre des artistes représentés dans cette exposition, considéra qu'elle dépassait « de loin l'aspect cadavre exquis qu'Hervé Bize avait imaginé au départ ; elle produit deux effets, sous l'angle de l'espace et du temps. Au lieu de faire une mini-rétrospective avec les artistes de la galerie, tout est donné sans qu'il soit possible de discerner un avant et un après, tout est présentifié sans qu'aucun indice ne permette de supposer un ordre. L'accrochage n'obéit plus à la structure architecturale mais à une logique projective, les œuvres se confrontant physiquement selon des frictions ou des chocs. »
A l'occasion cette fois des 25 ans de la galerie, Hervé Bize opère, avec STRATEGY : GET ARTS, un choix inverse en associant des pièces qui n'ont jamais fait l'objet d'une présentation antérieure dans la galerie (la plupart des artistes représentés non plus).
Soulignant d'une certaine manière la frénésie régnante qui propulse des artistes à peine trentenaires à des sommets vertigineux, et appelant à davantage de recul pour considérer l'apport d'une démarche, cette exposition ne s'articule délibérément qu'autour d'œuvres d'artistes nés entre 1926 et 1949 :
Philippe Cazal (1948)
Guy de Cointet (1934-1983)
Peter Dreher (1932)
Robert Filliou (1926-1987)
General Idea (collectif actif entre 1967 et 1994 – Felix Partz, Jorge Zontal et AA Bronson)
John Giorno (1936)
Alain Jacquet (1939-2008)
Joan Jonas (1936)
Bertrand Lavier (1949)
Daniel Spoerri (1930)
André Thomkins (1930-1985)
Ben Vautier (1935)
STRATEGY : GET ARTS est un palindrome d'André Thomkins. Ce n'est pas la première fois que celui-ci sert d'intitulé à une exposition puisque ce fut aussi le titre d'une manifestation mythique à Edinburgh en 1970 à laquelle Filliou, Spoerri et bien évidemment Thomkins prirent part.
Le concept de réversibilité qui fonde ce type de jeux de mots introduit ici une exposition polysémique, s'appuyant sur le langage et où la phénoménologie est de mise. A l'aune d'une société placée sous l'angle des divertissements et d'une culture trop souvent préformatée, l'art se doit de continuer à déstabiliser, à troubler, à nous permettre de nous affranchir.


17 avril - 31 mai 2014
Opening reception jeudi 17 avril - 18-20h
Josée Bienvenu Gallery, 529 West 20th Street, New York City
Prolongation jusqu'au 7 juin

François Morellet, Preliminaries

La Josée Bienvenu Gallery et la Galerie Hervé Bize ont le plaisir d'annoncer une exposition collaborative François Morellet, Preliminaries, qui se déroulera à New York du 17 avril au 31 mai 2014. (1)
Ce projet constitue un événement à plus d'un titre puisqu'il s'agit de la première exposition monographique entièrement dédiée à l'œuvre de Morellet à New York depuis 1997. C'est sous un angle particulièrement original que cette exposition s'attache à faire découvrir son travail, celui du dessin.
En effet, si la démarche systématique de François Morellet est aujourd'hui connue dans le monde entier grâce à de multiples expositions, publications et articles, une face de celle-­ci a été très peu montrée : les œuvres sur papier.
Loin d'être hermétique ou élitique, l'art de François Morellet, empreint d'une forme d'ironie où le langage affleure constamment, est souvent caractérisé au travers d'un oxymore devenu célèbre, "un rigoureux rigolard" qui démontre que des principes a priori contraires peuvent nourrir simultanément un positionnement. (2)
Dès le début des années 1950, et de manière extrêmement pionnière au niveau international, François Morellet conçoit une abstraction géométrique produite à partir de systèmes qui visent à réduire au maximum la subjectivité de l'artiste. Comme chaque système prédétermine l'œuvre et son exécution, c'est dire l'importance du dessin qui traduit le primat de ses intentions, l'endroit où il met en place, où il anticipe, ce qu'il va pouvoir expérimenter dans une autre échelle et avec d'autres matériaux.
L'œuvre de François Morellet s'inscrit dans une veine où affleurent des filiations avec les artistes Incohérents, Alphonse Allais, Francis Picabia et naturellement Marcel Duchamp. S'y mêlent aussi diverses relations ou influences telles que l'art de Max Bill, les duo­-collages de Jean Arp et Sophie Taueber­-Arp, les tapas d'Océanie, l'art hispano-­mauresque de Grenade et aussi une bonne dose d'héritage paternel pour ce qui est des jeux avec le langage.
Les dessins de François Morellet pourraient être considérés comme des œuvres relativement discrètes. Cette observation ne concerne pas uniquement les questions de format (principalement avant les années 1970) mais aussi le choix parcimonieux des procédés. Cette ostensible économie de moyens n'entrave pas naturellement l'effet qu'ils produisent, bien au contraire, démontrant ainsi qu'un dessin est déjà tout, en l'entièreté qu'il manifeste.
Si dans les années 1950-­60, la plupart des dessins sont liés à d'autres œuvres réalisées — ou restées à l'état de projets — essentiellement des peintures, il ne faut pas pour autant les examiner uniquement comme des études préalables mais des œuvres en soi, parfaitement autonomes, ce que confirment les dessins produits à partir des années 1970 où l'artiste s'engage dans une problématique directement liée à la notion d'espace (rappelons que François Morellet n'a cessé d'expérimenter de nouveaux matériaux et qu'il fut l'un des premiers artistes à utiliser le néon).
L'exposition présentée à New York rassemble des pièces des années 1950 à 2000, offrant ainsi un ensemble de tout premier ordre.

François Morellet est né en 1926.
Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections muséales (Tate, Londres ; Centre Pompidou, Paris ; Nationalgalerie, Berlin ; Stedelijk Museum, Amsterdam ; Lacma, Los Angeles, MoMA, New York ; Guggenheim Museum, New York ; Philadelphia Museum of Art, Philadelphie ; Hirshhorn Museum, Washington...).
Des rétrospectives lui ont été consacrées à plusieurs reprises, notamment au Brooklyn Museum à New York en 1985 et au Centre Pompidou à Paris en 1986 et 2011.
Il a réalisé également de nombreuses commandes dans l'espace public et il est l'un des très rares artistes contemporains à avoir été invité à concevoir une œuvre pérenne pour le Musée du Louvre.
Des rétrospectives lui ont été consacrées à plusieurs reprises, notamment au Brooklyn Museum à New York en 1985 et au Centre Pompidou à Paris en 1986 et 2011. Il a réalisé également de nombreuses commandes dans l'espace public et il est l'un des très rares artistes contemporains à avoir été invité à concevoir une œuvre pérenne pour le Musée du Louvre.

(1) 529 West 20th Street, between 10th & 11th Av., New York City.
(2) Dû à Mo Gourmelon.

Galerie Hervé Bize is pleased to announce Preliminaries, an exhibition of works by Francois Morellet organized in New York collaboratively with Josee Bienvenu Gallery.
This will be the first one-person exhibition in New York by this major French artist since 1997. The exhibition will focus on a lesser known but essential aspect of the artist's work: his drawings.
While Morellet and his systematic approach to art making is renown internationally through numerous exhibitions, publications and articles, his works on paper have been rarely exhibited. The exhibition brings together key works on paper from the 1950s to 2000, presenting an ensemble of exceptional quality for the first time in the United States.
Far from being hermetic, Francois Morellet's work, where language and a form of irony surface constantly, is often characterized by the oxymoron: "un rigoureux rigolard". Since the early 1950s, Morellet took part in the international avantgarde by conceiving a form of geometric abstraction shaped by systems that reduced the artist’s subjectivity to a minimum. A specific system determines each work and its execution; therefore drawing is essential to Morellet's work. It is a unique process that allows him to articulate his intentions. Through drawing, Morellet anticipates and sets up what will be experimented on another scale with other materials in the rest of his work.
Morellet’s work fits alongside the Incoherents art movement, the work of Alphonse Allais, Francis Picabia, and of course, Marcel Duchamp. Other influences include the work of Swiss artist Max Bill, Jean Arp’s and Sophie Tauerber-Arp’s duocollages, tapa cloths from Oceania, Hispano-Moresque art from Granada, as well as a strong influence from his father accounting for his predilection for language games and acute sense of humor.
Francois Morellet’s drawings could be considered very discreet works – because of their modest scale and also for the parsimonious choice of processes and techniques. However, this absolute economy of means does not affect the impact of the work, on the contrary, it shows that a drawing contains everything and stands as its own entity.
In the 1950-1960’s most of Morellet’s drawings were preparatory works for paintings and other projects, whether executed or not, but they cannot be considered as studies only. They function as autonomous works and lay the foundation for the drawings of the 1970s-1990s, primarily engaged with the concept of pictorial space as a structure. Francois Morellet was very forward thinking throughout his life, even one of the first artists to use neon light, and continued to experiment with new materials.

Francois Morellet was born in 1926 in Cholet, France. Selected recent exhibitions include: François Morellet, Ikon Gallery, Birmingham; François Morellet 5*3, Le Box, Marseille; Dynamo, Grand Palais, Paris; Light show, Hayward Gallery, London (2013); Ghosts in the Machine, New Museum, New York, Neon - Who’s afraid of red, yellow and blue?, La Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert, Paris (2012); François Morellet, Réinstallations, Centre Pompidou, Paris (2011); François Morellet. Mes images, Musée d'art ancien et contemporain, Epinal, François Morellet, 9 + 1, Installationen, Museum Pfalzgalerie, Kaiserslautern; L'esprit d'escalier, commande du Musée du Louvre, Paris (2010); François Morellet chez Le Corbusier, Couvent de la Tourette, Eveux; La quadrature du carré, une introspective, Museum Ritter, Waldenbuch (2009); François Morellet, raison et dérision, Museum Würth, Erstein; François Morellet, 45 années lumière, Château de Villeneuve, Vence (2008); François Morellet, Ma Musée, Musée des Beaux-Arts, Nantes; Blow up, 1952-2007, Quand j'étais petit je ne faisais pas grand, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (2007); François Morellet, Démonétisations, Musée d'Orsay, Paris (2006; Beyond Geometry:Experiments in Form, 1940s-70s, Los Angeles County Museum of Art, LACMA (2004).
His work is featured in numerous major public and private collections, including: Tate Gallery, London; Centre Pompidou, Paris; Nationalgalerie, Berlin; Stedelijk Museum, Amsterdam; LACMA, Los Angeles; MoMA, New York; Guggenheim Museum, Abu Dhabi; Philadelphia Museum of Art, Philadelphia; Hirshhorn Museum, Washington; Kunstmuseum, Bern; Moderna Museet, Stockholm; Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris; The Tel Aviv Museum of Art, Tel Aviv; Louisiana Museum of Art, Humlebaek.
Several retrospectives were devoted to his work, notably in 1985 at the Brooklyn Museum, New York, and in 1986 and 2011 at the Pompidou Center, Paris. Francois Morellet realized many public commissions throughout his career and was one of the very rare contemporary artists invited to create a permanent installation for the Musee du Louvre, Paris.

*Herve Bize has been working closely with Francois Morellet for more than 25 years. This project is a first collaboration between the two galleries.


13 mars - 31 mai 2014
Vernissage jeudi 13 mars de 18h à 20h
Prolongation jusqu'au 14 juin

Eric Hattan

Raymond Hains | Eric Hattan

La galerie a le plaisir d'associer Raymond Hains (Saint-Brieuc, 1926 - Paris, 2005) et Eric Hattan (Wettingen, 1955) dans un dialogue « réduit » délibérément à deux œuvres, l'une dans chaque salle de la galerie, du 13 mars au 31 mai. Le spectateur attentif au programme de la galerie relèvera sans peine dans ses orientations une attention portée à des démarches tournées vers l'observation aiguë du réel, les formes de déambulation, les questions liées aux notions d'espaces et les jeux de langage.
Si l'imposant triptyque de Raymond Hains, Affichage Giraudy, mesurant près de 8 mètres de long, fait pénétrer dans la galerie un fragment d'une situation qui a mémorisé la rue par une forme de prédation, la pièce d'Eric Hattan, Niemand ist mehr da (HLM), et le dispositif adopté, nous restitue en quelque sorte une captation effectuée dans un immeuble d'habitation abandonné. Pour détourner une formule chère à Marcel Duchamp, l'un et l'autre des deux artistes peuvent être considérés comme des témoins oculistes.
Raymond Hains est un artiste singulier, inclassable qui a pris part à des mouvements clés de l'art en France dès l'après-guerre, ne s'attardant jamais dans l'un ou l'autre de ceux-ci. Dans un esprit proche de la meilleure tradition surréaliste, Hains était un flâneur et c'est en inaction painter, comme il aimait à se décrire lui-même, qu'il a produit ces œuvres dites affiches lacérées qui constituèrent à l'origine une réponse aux artistes Pop américains, tout en anticipant les pratiques conceptuelles de la fin des années 60.
La démarche d'Eric Hattan, qui s'inscrit naturellement dans un contexte historique différent (ses premiers travaux remontent à la fin des années 70), se fonde également autour des notions de déplacement..
Je n’ai pas le sentiment de créer à partir de rien mais de créer à partir de ce qui est. Il me faut absolument quelque chose qui soit déjà là, déclare-t-il. Niemand ist mehr da (HLM) est une série de 80 images qu'il réalisa à Paris en 1999 dans un immeuble avant sa démolition.
Il mena, d'appartement en appartement en passant par les ouvertures pratiquées par les ouvriers (et avant de sortir par le toit...), une forme d'exploration des dernières traces des occupations..
L'œuvre d'Eric Hattan opère ou accompagne souvent des transitions, d'une espace en un autre, d'une objet à un autre : Hattan observe attentivement ces phénomènes de transformation continue (1), ne s'y arrêtant parfois que brièvement, effleurant ce qui reste et ce qui est abandonné à son destin, il anime tout cela d'un regard furtif, caresse de son objectif, mais sans fixer ce qu'il a vu et capté et sans en faire des fétiches d'une immobilisation empreinte de sentimentalité. (2)
La présentation de ces deux pièces de Raymond Hains et d'Eric Hattan opère une sorte de mise en aîme où les notions d'espaces, intérieur / extérieur se confrontent et se voient amplifiées par l'exposition elle-même.

1- Eric Hattan le fait également dans un tout autre contexte dans l'exposition que lui consacre à Marseille jusqu'au 4 mai le Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur en investissant le nouveau bâtiment construit par l'architecte japonais Kengo Kuma.
2- Maja Naef et Ralph Ubl, Eric Hattan, Passages et transitions, in Eric Hattan, Niemand ist mehr da, Ed. Holzwarth, Berlin, 2006, pages 114-115.


26-30 mars 2014
Preview et vernissage 25 mars, de midi à 22h
Carreau du Temple, 4 rue Eugène Spuller 75003 Paris

La galerie à Paris : Drawing Now / Le Salon du dessin contemporain (stand A8)

La galerie a le plaisir d'annoncer sa participation à Drawing Now Paris dont la nouvelle édition fera son retour dans le Marais, sous la verrière du Carreau du Temple, récemment réhabilité.
A cette occasion, elle partagera un stand avec la galeriste new-yorkaise Josee Bienvenu qui présentera des travaux de Marti Cormand, Marco Maggi et Ken Solomon ; de notre côté, nous exposerons, pour la première fois en France, un ensemble exceptionnel d'œuvres sur papier de l'artiste américain Jack Youngerman, ainsi que des travaux de Daniel Dezeuze, Marco Godinho et François Morellet, ce dernier allant faire l'objet en avril-mai à New York d'un projet entre les deux galeries.
Jack Youngerman (né en 1926) appartient à la même génération qu'Ellsworth Kelly et François Morellet et compte parmi les figures les plus importantes de l'abstraction géométrique.
Le dessin est au cœur de sa pratique comme le montrera la sélection réunie qui inclut des pièces exceptionnelles allant des années 1950 à aujourd'hui. Le noir et blanc y alterne avec la couleur qui irradie, notamment dans les œuvres les plus récentes où des motifs symétriques semblent s'ouvrir d'un noyau central.
Considérant l'influence que Paris, où il a vécu de 1947 à 1956 et épousé l'actrice Delphine Seyrig, a joué dans la construction de son œuvre, ainsi que son actualité — il a exposé l'an passé à New York ses toutes dernières peintures — l'opportunité de proposer son travail graphique à Drawing Now s'est imposée.
Jack Youngerman, qui vit dans les Hamptons (NY) depuis la fin des années 60, est présent dans de nombreuses collections muséales (MoMA, New York, Whitney Museum, New York) ; il a bénéficié en 1986 d'une rétrospective au Guggenheim Museum.
La galerie, qui développe un programme hors les murs très tourné vers New York depuis 2007, organisera avec Josee Bienvenu la première exposition de François Morellet là-bas depuis 1997, du 17 avril au 31 mai.

Hervé Bize who will celebrate soon the 25 years anniversary of his activities is delighted to announce the 5th participation of the gallery to Drawing Now, after two years absence.
The gallery will present an outstanding group of works by the American artist Jack Youngerman (born in 1926).
Youngerman is considered as one of the most influential artists about geometric abstraction as well as figures like Ellsworth Kelly and François Morellet.
Working on paper has been central to Youngerman's practice and the selection for the fair will include pieces from the 1950's to the present, early collages, colorful gouaches or inks, all notable for their rigor, freshness and graphic impact.
Due to the influence of Paris during his formative years, Youngerman lived in Paris from 1947 to 1956 (he married the actress Delphine Seyrig), this focus especially scheduled for Drawing Now makes great sense.
Jack Youngerman lives in the Hamptons (NY) since the end of the 60's. He has been the subject of a retrospective at the Guggenheim Museum in 1986. His work is represented in many public collections, among them the MoMA and the Whitney Museum.
Since a few years the gallery is expanding its activities overseas, mostly in New York. We will organize in partnership with Josee Bienvenu Gallery the first François Morellet solo show in New York City since 1997 (April 17th – May 31st).
At the occasion of Drawing Now the gallery will also display works by Daniel Dezeuze, Marco Godinho and naturally François Morellet.


19 septembre - 30 novembre 2013
Vernissage jeudi 19 septembre de 18h à 20h

Bernard Borgeaud

Bernard Borgeaud

La Galerie Hervé Bize a le plaisir d'annoncer la troisième exposition personnelle de Bernard Borgeaud dans ses murs, le travail de l'artiste étant régulièrement présenté depuis 1992.
Ce projet réunit un ensemble de peintures de grand format réalisées durant ces derniers mois. Celles-ci constituent l'aboutissement de son travail pictural débuté il y a dix ans et fort peu montré jusqu'à présent.
Alors qu'il avait toujours manifesté une forme de détestation pour la peinture, l'artiste affirme qu'au début du millénaire, il s'est brusquement trouvé devant cette évidence qu'il fallait peindre. Stimulé par le paradoxe que cette puissante intuition faisait apparaître, il se retrouvait face, une fois de plus, à la question du médium qui est récurrente dans son travail. Appuyant sa recherche sur une pratique des média numériques, il a construit une réflexion sur la couleur en tant que continuum et flux vibratoire.
Bernard Borgeaud se fonde sur le fait qu'un regard natif n'existe pas. La vocation de l'art, c'est selon lui cette capacité de transmettre ce que Giorgio Agamben caractérise comme « inoubliable », cette part opaque de mémoire qui échappe à toute tentative d'archiver des faits ou des souvenirs, qui néanmoins constitue un substrat commun à des groupes humains.
L'artiste puise également dans l'écoute du jazz la capacité de convoquer non pas des histoires, ni des souvenirs, mais une sorte de fonds de sensations, de pulsions qui implique le corps. Sa peinture s'appuie en effet sur des rapports de pesanteur, de gravité ; elle incite l'imagination à penser le déplacement du corps dans l'espace.
Il évoque ainsi une expérience de jeunesse qui l'a marqué de façon durable : « Sur une plage, les vagues formaient des rouleaux un peu plus hauts qu'un homme ; m'y risquant, je fus entraîné jambes par dessus tête dans un enroulement d'une puissance qui me dépassait tellement que, dans cet abandon de mon corps à cette force, la séparation entre mon moi enfermé dans mon corps et l'espace extérieur se trouva si brutalement abolie que j'éprouvai un sentiment d'infini d'une rare intensité. Et malgré le relatif danger que cela pouvait représenter et l'inconfort de me retrouver rejeté sur la grève, je réitérai cette expérience des dizaines de fois. »
Afin de laisser entrevoir comment des travaux réalisés par l'artiste au tout début des années 1970 entretiennent un rapport étroit avec cette actualité, la galerie présentera également l'édition d'une image extraite de la performance intitulée Murailles d'eau, œuvre fondatrice exécutée en 1971 et réactivée en 2008 à l'occasion d'une exposition consacrée à André Cadere au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris qui en possède une version documentée.
A l'occasion de l'exposition, un numéro de la revue Semaine, spécialement réalisé avec des images de l'exposition, paraîtra à la rentrée.

Bernard Borgeaud est un artiste français d'origine suisse, né à Paris en 1945.
Sa première exposition personnelle a eu lieu en 1970 à la Galerie Ileana Sonnabend à Paris. Depuis ses performances et installations éphémères du début des années soixante-dix jusqu'à ses peintures récentes, Bernard Borgeaud a suivi un parcours atypique, marqué dans les années 80 par une période d'installations photographiques, suivie dans les années 90 par des dessins monumentaux.
Il revendique le fait d'appartenir à deux générations, celle des années 70 qui tentait d'abolir les simagrées de l'art pour retrouver une relation au réel, et celle d'aujourd'hui, consciente de la globalisation, où il poursuit l'enjeu de séparer l'art du spectaculaire et de la consommation pour recharger le potentiel de l'œuvre. L'échelle du corps, la vitesse, le vide, l'aveuglement, le fluide et le liquide comme paradigmes de l'espace sont des thèmes récurrents sur l'ensemble de son travail...
Des œuvres de Bernard Borgeaud figurent dans de nombreuses collections publiques, notamment au Musée National d'Art Moderne / Centre Pompidou, au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, au Kunstmuseum de Berne, au Fonds National d'Art contemporain, dans les collections des Frac Alsace, Bourgogne, Bretagne, Centre, Haute-Normandie, Lorraine et Pays-de-la-Loire.


28 mars - 15 juin 2013
Vernissage jeudi 28 mars de 18h à 20h

BOXES - Green & others

La Boîte verte évoquerait sans doute aujourd'hui davantage au quidam un emballage aux étonnantes propriétés écologiques qu'une œuvre d'art.
Pourtant, sous cet intitulé raccourci (le titre original est La mariée mise à nu par ses célibataires même), se cache l'un des objets les plus singuliers qu'un artiste ait pu produire. Sortie en 1934, elle fut le fruit, pour Marcel Duchamp, d'un très long travail de préparation,d'une minutie restée sans guère d'équivalent.
C'est autour de cet objet phare dont un exemplaire est naturellement présenté que la galerie a décidé — le hasard du calendrier faisant décidément bien les choses, précisément cent ans après la célèbre exposition de l'Armory Show à New York dans laquelle Duchamp présenta son Nu descendant un escalier n°2 — de construire une exposition, intitulée BOXES - Green & others, qui rassemblera d'autres boîtes réalisées ultérieurement — entre 1960 et les années 2000 — par des artistes français et étrangers tels qu'Arman, Joseph Beuys, Olivier Blanckart, André Cadere, Philippe Cazal, Gérard Collin-Thiébaut, Anne Deguelle, Wim Delvoye, Robert Filliou, Pierre Gauthier, Eric Hattan, Mathieu Mercier, Cildo Meireles, Hiroshi Sugimoto, Ernest T. et Ben Vautier.

Agathe Marie-Louise : Comment a germé l'idée de cette exposition assez exceptionnelle ?
Hervé Bize : D'une certaine façon, elle est dans le droit fil des expositions thématiques que la galerie a régulièrement présentées depuis 2001, de façon à introduire un dialogue entre des œuvres qui appartiennent depuis longtemps déjà à l'histoire de l'art et d'autres dues à des artistes des générations suivantes. Une façon de ne pas couper, comme je le dis souvent, l'art d'aujourd'hui de ses plus immédiates sources d'ancrage.
Deux figures tutélaires sur lesquelles je m'appuie ont dominé dans ces projets : Francis Picabia et... Marcel Duchamp.
Pour ce qui est de cette nouvelle exposition, et pour détourner le titre du très beau multiple de Joseph Beuys présent dans l'exposition, j'ai eu l'intuition qu'un projet pouvait se construire car je me suis rendu compte que cette forme — la boîte — avait trouvé un écho chez de très nombreux artistes et que probablement celle qui en constitue l'un des référents principaux est la fameuse Boîte verte de Duchamp.
Je nourris, depuis près de quinze ans, parallèlement au suivi que je réalise auprès d'œuvres résolument contemporaines, un intérêt très fort pour les travaux qui ont bouleversé l'art peu ou prou au tournant des années 1920, j'ai toujours été fasciné par les productions et les écrits de MD, la Boîte verte reste pour de multiples raisons, un travail saisissant car on ressent une sorte de vertige face à une telle intelligence lancée dans l'élaboration d'une (pour l'époque) très grande peinture sur verre en 1911, par le biais, je cite Pierre de Massot, «d'un système sybillin, qui participe à la fois de la cosmogonie, de l'alchimie poétique la plus absconse et de la magie noire.»
Ces notes, qui révèlent en outre une invention constante du langage, accompagnent et prolongent la Mariée (le Grand Verre).
Je cite de nouveau Pierre de Massot (novembre 1934, peu après la sortie de la Boîte verte) : «La caractéristique fondamentale de cet ouvrage, à mon sens, la voici : il est impossible de le dater, impossible de le situer ; il ne peut et ne pourra point se démoder, car il ne relève d'aucune éthique et n'appartient à aucune époque, ce qui est le propre, comme chacun sait, des chefs-d'œuvres.»
A.M.-L. : Qu'en est-il des autres « boîtes » réunies pour ce projet ?
H.B. : Comme je le fais souvent, je me suis d'abord appuyé sur des démarches d'artistes dont je suis familier, soit pour les représenter, soit pour avoir travaillé avec eux ponctuellement. J'ai ainsi pu puiser dans le fond de la galerie pour certaines pièces. D'autres ont été recherchées spécialement, acquises ou prêtées.
Je me suis aussi rendu compte, à ma grande surprise, que cette thématique ne semblait pas avoir donné lieu antérieurement à des projets similaires. Vers la fin de mes recherches, j'ai trouvé une référence d'une exposition à Los Angeles organisée par Virginia Dwan en 1964 (Boxes) dont j'ai renoncé à acquérir un exemplaire du catalogue-objet en raison de son prix et je ne sais donc pas ce qu'elle recouvrait exactement.
A.M.-L. : Pourriez-vous nous indiquer ce qui vous semble primordial au regard des œuvres déployées ?
H.B. : Qu'est-ce que l'on offre à voir ? Qu'est-ce que l'on voit ? Comment spatialement l'objet doit apparaître ?
Naturellement une boîte fermée ne délivre, à part son aspect extérieur et les informations qui peuvent y figurer — pas forcément d'emblée son contenu...
Cette part qui reste inaccessible, ne serait-ce que momentanément, me paraît primordiale car pour moi elle traduit l'humilité du regard que l'on pose sur les choses qui ne se livrent pas tout de suite, ou intégralement tant au regard qu'à leur «analyse».
Il faut aussi noter que la plupart de ces pièces sont des éditions — voire des multiples — et qu'elles ont été conçues pour être diffusées parfois très largement (par exemple Cildo Meireles, Joseph Beuys et même Duchamp dont la Boîte verte a été réalisée à 300 exemplaires). Cela induit forcément un autre rapport à l'objet d'art, différent lorsque celui-ci est unique mais dans le cas de la Boîte verte, finalement ce livre pour lequel aucun ordre n'est constitué, finit par rendre chaque exemplaire et ce qu'en fait son possesseur une œuvre unique tant elle offre de possibles.
C'est justement les questions et les modalités qu'elles offrent en terme de monstration qui sont au cœur de l'exposition. Qu'est-ce que l'on voit en définitive ?
Il y a énormément de choses à dire, à soulever, à propos de ces objets au-delà de leur force d'invention, de leur génie plastique indéniable tant il saute aux yeux, même néophytes ; la plupart de ces pièces dégagent également une poésie qui tranche avec la modestie des moyens employés (du ou des cartons pour plusieurs œuvres, voir l'ensemble dans la première salle avec Eric Hattan, Robert Filliou et Olivier Blanckart).
D'autre part, des concepts, déjà chers à Duchamp, affleurent très vite : la notion d'œuvre portable, transportable, d'objets qui peuvent voyager facilement et vous accompagner, bref des œuvres «ouvertes» à la découverte, aux lectures variées.
Une toute dernière chose qui m'est chère et qui revient souvent dans la programmation de la galerie, c'est le rapport au langage qui est aussi omniprésent.
Propos recueillis le 27 mars 2013.

Cette exposition a reçu le soutien de l'entreprise France-Lanord & Bichaton.


15 février - 27 avril 2013, Espace d'art Le Moulin, La Valette-du-Var
Vernissage le 14 février à 18h30

André Cadere

Cadere / la barre de bois rond et ses avatars

Depuis son arrivée en France au printemps 1967 et qu’il eut réussi à quitter définitivement la Roumanie on ne sait trop par quel moyen vis-à-vis des autorités qui brimèrent sa famille et l'empêchèrent de poursuivre des études, André Cadere (Varsovie, 1934 - Paris, 1978) n’eut de cesse de développer son travail ou plutôt ses activités, à un rythme effréné que l’on a peine à imaginer tant à l’époque les moyens de communication et de circulation n’étaient pas aussi facilités qu’aujourd’hui.
Avait-il une forme de prescience d’une existence qui pourrait s’interrompre prématurément et cela fut-il pour lui un mode qui l’incita à une temporalité exacerbée, démultipliée, avec de constants déplacements peu après l'introduction de ces barres de bois aux segments colorés ? Il est possible de l’imaginer.
Cadere à La Valette, cela peut paraître surprenant mais n’était-il pas finalement toujours là où l’on ne l'attendait pas, déconcertant comme chacun sait en s’invitant là où il lui semblait bon d’apparaître.
Finalement, au-delà d'une éventuelle stratégie sur laquelle on s'interroge aujourd'hui, Cadere n’avait peut-être qu’un seul but, celui d’appartenir à la grande communauté des artistes et d’être reconnu en tant que tel.
Preuve en est s’il le faut les innombrables rencontres qu’il put faire avec des artistes ayant des positionnements très variés et étant liés à des mouvements ou à des courants très différents les uns des autres. Cadere a littéralement eu pour projet d’habiter la scène artistique à laquelle il appartint.
Le projet élaboré par Hervé Bize pour le Moulin de La Valette, en concertation avec son équipe et répondant à l’invitation du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’inscrit dans une thématique autour de la figure mythique d’Ulysse, à l’occasion de Marseille-Provence 2013 Capitale européenne de la culture.
Cadere fait indéniablement partie de ces personnalités artistiques aujourd’hui complètement mythiques parce que trop tôt disparues et ayant apporté des contributions majeures à l’histoire de l’art contemporain, de manière fulgurante et concentrée, pensons également à Yves Klein (1928-1962) ou bien à Piero Manzoni (1933-1963).
Au crépuscule de sa vie, dans une lettre à Yvon Lambert datée du 25 mai 1978, il écrit : “On pourrait dire qu’un héros est au milieu des gens, parmi la foule, sur le trottoir. Il est exactement un homme comme les autres. Mais il a une conscience, peut-être un regard qui, d’une façon ou d’une autre, permet que les choses viennent presque par une sorte d’innocence.”
La figure du héros peut prendre différentes acceptions, elle peut rejoindre celle des grands mythes, des dieux mais aussi celle des héros du cinéma.
Relier la figure d’Ulysse à celle d’André Cadere n'est pas innocent puisque les mêmes thèmes traversent la vie de l'artiste : le mythe, l'histoire (la Guerre froide), l'exil, la figure du héros, la disparition etc.
Il est à noter que si de nombreux textes s'entendent à célébrer l'intelligence rusée d'Ulysse, les mêmes termes se retrouvent pour caractériser Cadere sous la plume de François Michaud dans sa récente étude pour l’exposition “Habiter poétiquement le monde” (LaM, Villeneuve d'Ascq, 2010).
Et comment ne pas voir dans les déplacements de “l'artiste au bâton multicolore” une parenté avec le fameux roman éponyme de James Joyce (1922) dans lequel les voyages d'Ulysse sont figurés et parodiés par les déplacements de Léopold dans la ville.
Réalisée avec le concours de nombreux prêteurs, publics et privés, dont la Succession de l'artiste, cette exposition monographique à La Valette rassemblera un ensemble d’œuvres exceptionnelles, barres de bois rond, peintures, photographies, films, documents et rares ephemera.
Elle interviendra peu avant un autre projet important qui se tiendra en 2014 au Museum of Modern Art in Warsaw, marquant ainsi le 80ème anniversaire de la naissance de Cadere à Varsovie.


22 novembre 2012 - 2 février 2013 (salle des fresques)
Vernissage jeudi 22 novembre de 18h à 20h
Prolongation jusqu'au 23 février inclus et sur rendez-vous jusqu'au 2 mars

Hanna Sandin

From this, is that.

Depuis sa création en 1989, la Galerie Hervé Bize porte régulièrement son attention sur de jeunes artistes français autant qu'étrangers. Cela constitue un axe fort de sa politique d'exposition sans pour autant faire de jeunisme puisqu'elle a toujours eu l'ambition de suivre des artistes appartenant à différentes générations.
La galerie entretient avec les Etats-Unis, notamment New York, des rapports constants depuis cinq ans et elle a ainsi participé pour la première fois cette année à l'Armory Show.
C'est en 2010, à l'occasion de l'exposition collective The logic of Association qui se déroula au MoMA PS1 (Long Island City), que la galerie a découvert le travail de Hanna Sandin (New Jersey, 1981). De cette rencontre est né le projet d'une exposition qui va permettre au public français de découvrir des œuvres produites spécialement.
Inspirée par le langage, Hanna Sandin réalise essentiellement des mobiles dont la structure est analogue à celle des formes visuelles employées par les linguistes : il s'agit en quelque sorte d'arborescences, d'allégories d'un système de classification.
L'artiste semble reprendre à son compte la thèse de Noam Chomsky qui convoque le caractère inné du système grammatical universel, notamment au travers de son célèbre exemple, Colorless green ideas sleep furiously, lequel consiste à démontrer qu'une phrase grammaticalement correcte peut être pourtant dénuée de tout sens.
Hanna Sandin détourne ce système pour composer des titres qui sont les prémices de son travail. Elle a en effet créé un programme algorithmique qui génère des phrases aux mots aléatoires selon une structure grammaticale correcte : un nombre infini de possibilités s'offre alors à l'artiste qui va choisir l'un d'entre elles.
Ensuite, elle reconstitue ce titre de manière métaphorique et réalise une compositions spatiale qui matérialise visuellement le langage, la sculpture fonctionnant comme une arborescence en volume et se lisant de gauche à droite.
Dans sa démarche, Hanna Sandin tente de défaire le mécanisme de la langue pour analyser comment celle-ci fonctionne : elle entend ainsi démontrer qu'il n'y a qu'une mince frontière entre le non-sens et le sens.
La réalisation de ces mobiles nécessitent bien entendu la recherche d'objets qui proviennent de grands magasins et utilisés sans la moindre modification.
Hanna Sandin n'emploie que des objets industriels, fabriqués en masse et artificiels. Lorsqu'elle se sert de branchages ou de feuillages, ceux-ci ne sont en rien naturels et proviennent du même type de magasins que les autres objets. Ils font tous partie d'une même catégorie, sont omniprésents dans notre quotidien ; jetables et remplaçables, ils n'ont aucune référence particulière et présentent un caractère neutre et insignifiant.
Pour l'artiste, le mobile renvoie également à ces jouets pour enfants qui facilitent leur développement cognitif car les objets y sont réduits à leur forme primaire : ils ne sont plus qu'une forme picturale, une abstraction. Afin de créer une unité plastique, l'artiste choisit le plus souvent des objets ayant des formes et des couleurs similaires, créant ainsi des monochromes.
De la courbe d'un élastique à la raideur d'un filtre, l'artiste met en rapport des formes, des couleurs et des matières, joue ainsi avec la densité des objets à l'échelle du mobile.
Elle offre au spectateur des œuvres autant stupéfiantes que variées et nous révèle l'apparence d'objets que nous utilisons mais que nous ne regardons pas, Je dé-familiarise le familier, déclare-t-elle.
Dans la lignée d'un type de sculptures qui évoque immanquablement par leur grâce celles d'Alexander Calder, on pourrait aussi rapprocher le travail de Hanna Sandin de courants tels que l'Op'art et le Minimal art.
Ses sculptures trouveront assurément avec l'espace de la galerie et son décor Art nouveau un lieu de dialogue particulier et privilégié.


22 novembre 2012 - 2 février 2013 (salle blanche)
Vernissage jeudi 22 novembre de 18h à 20h
Prolongation jusqu'au 23 février inclus et sur rendez-vous jusqu'au 2 mars

Marco Godinho

A moment out of this time

A l'occasion de la parution du premier catalogue monographique consacré au travail de Marco Godinho (Salvaterra de Magos, 1978), coédité par la galerie et Analogues, avec le soutien du Frac Lorraine, du Centre national des arts plastiques, du Mudam Luxembourg et de l'Ecole nationale Supérieure d'Art de Nancy, nous présentons, dans la salle blanche, aux mêmes dates que l'exposition de Hanna Sandin, un groupe de nouvelles œuvres qui témoignent des derniers développements de sa démarche protéiforme (dessin, sculpture, installation, vidéo).
A moment out of this time prend comme source de travail un questionnement sur le doute et l’incertitude qui semblent s'être emparés du monde dans lequel nous vivons. Axées sur des pratiques d’observation infimes, une sorte de dépistage du réel, ainsi que sur les notions de temps et de déplacement récurrentes dans la démarche de l'artiste, les propositions réunies à l'occasion de ce projet se construisent comme une constellation d’éléments fragmentaires autonomes.
Elles tendent, sous couvert d'une dimension personnelle, poétique et philosophique, à dévoiler des structures souvent imperceptibles qui influencent au quotidien physiquement et mentalement, à l’échelle universelle, notre condition humaine.
Chaque intervention vise à trouver une faille dans le temps présent, qui transforme la pensée et la projette pour quelques instants, dans une forme de résistance, à l'encontre des conventions et des clichés sociaux établis.
Des termes tels que disparition, lacune, absence, attente, silence et réminiscence peuvent être convoqués pour évoquer ces derniers travaux.
Les méandres complexes de la mémoire sont, pour Marco Godinho, autant de sources d’inspiration pour percevoir ce qui nous échappe. La culture, la géographie, le langage, l’habitat, les histoires personnelles et collectives s’y côtoient pour apporter un sens multiple et discontinu au discours. L’imaginaire, la recherche constante d’un ailleurs, la volonté de susciter des situations singulières, inhabituelles et propres à alimenter nos désirs et nos rêves, sont au cœur des travaux de Marco Godinho.
Parallèlement à l'exposition à la galerie, l'Ecole des Mines de Nancy (Campus Artem) présente deux sculptures de Marco Godinho, du 28 novembre au 20 décembre 2012.
Il participe également à Frac Forever au Centre Pompidou-Metz jusqu'au 25 février 2013.
Marco Godinho exposera au Casino Forum d'art contemporain à Luxembourg, du 19 janvier au 28 avril 2013.


7-10 mars 2013
Opening 6 mars

Alain Jacquet

Nous avons le plaisir d'annoncer notre seconde participation consécutive à l'Armory Show.
L'édition 2013 aura assurément un cachet particulier puisqu'elle coïncidera avec le 100ème anniversaire de l'exposition éponyme qui se tint à New York et dont la résonance fut sans précédent pour l'art moderne en Amérique.
Avec cette nouvelle participation, la galerie confirme le développement constant de ses relations outre-Atlantique tant avec des collectionneurs privées que des institutions.
Nous proposons cette année un projet construit autour d’un ensemble d’œuvres exceptionnelles d’Alain Jacquet dont la dernière rétrospective remonte à 2005 (Musée d’Art Moderne et Contemporain de Nice), trois ans avant sa disparition à New York où il vécut régulièrement depuis 1964.
Parallèlement à ce corpus d'œuvres de Jacquet, la galerie réunira aussi des travaux d'André Cadere, François Morellet, Olivier Mosset et Ben Vautier.

For our second participation to The Armory Show the gallery has decided to focus on a French artist who was deeply connected to the American art scene, Alain Jacquet (1939-2008).
This exhibition project has been especially conceived for The Armory Show, in a narrow collaboration with Sophie Matisse and the Alain Jacquet Comity. Despite his death five years ago in New York City where he used to live mainly since 1964 this project will demonstrate how his approach still sounds very contemporary and that he continues to have a major influence on the current scene.
Alain Jacquet was a leader into using very large media and innovative materials with a particular precocity. At the very beginning of the 60's he started to work on his famous Camouflages, confronting populars images and icons of museums before one of his masterpieces, Le Déjeuner sur l'herbe (1964), by using silkscreen process which with he had introduced mechanical style. The traitement of the images, that Jacquet proceeds, makes him close at this time from Martial Raysse — for the French part — to Americain artists like Andy Warhol or Roy Lichtenstein.
He shows firstly his work in New York at Alexander Iolas Gallery in 1964 and obtains immediately an international consideration. He took part to major exhibitions like Documenta IV and When attitudes become form.
During the following decades Alain Jacquet introduced new supports like vinyl or plexiglass and at the earlier of the 80's, he began to use computer and produced very large pieces (former than Jeff Koons). He does not yet give up the traditional practice of painting to give fantasmatic visions of Earth, variations about our planet based upon a same photography made by NASA and the first spacemen.
It is this appetite of experience, renewing the stakes and the questions of his work, always interested in the phenomena of transformation, his almost scientific curiosity and his exceptional ease blows up that our project wants to let perceive through the selected works for the art fair.
The booth will gather a set of significant pieces of periods and the main themes of the artist, the photomechanical weft of the 60’s, until the landscapes of the Earth and the solar system and will demonstrate the consistency of this process which, for more than thirty years, developed compared to the pictures stemming from new technologies and from their incidence in the art.


27-30 septembre 2012

La galerie à Lyon, TheWallArtFair, La Sucrière

La galerie participe en cette rentrée à la première édition de TheWallArtFair, une foire qui propose à l'ensemble des galeries de concevoir un projet sous la forme d'un mur autoporté et non plus d'un stand entier, ce qui donnera à l'événement plutôt la consistance d'une exposition rompant avec les allées traditionnellement construites pour les foires.
En mars dernier, à l'occasion de la participation de la galerie à l'Armory Show à New York, nous avions présenté un projet pictural de Bruno Carbonnet lié à son intérêt pour la poésie d’Emily Dickinson.
Dans le prolongement de celui-ci, nous l'avons sollicité pour TheWallArtFair et l'artiste a conçu un nouvel ensemble baptisé Inscapes : un accrochage de nouveaux grands tableaux (243 x 152 cm), proches de la notion de cosmos, où nuages, fleurs océaniques, taches se répondent dans des rapports d’échelle et des temporalités décalés, doublé de la mise en place d’un dispositif “ligne étagère“ — rencontre de peintures et d’images d’essence photographique en coexistence — sont confrontés à de nouveaux textes poétiques de Bruno Carbonnet que l'artiste performera lors d'une "lecture-live" (le soir de la nocturne, le 28 septembre à 19h30). Cette session sera interprétée avec son groupe ouvert "bc&team" (Johana Beaussart, voix, Igor Keltchewsky, batterie & claviers, Xavier Pettegola, guitare).
Cette présentation et ce dispositif, "exposition+lecture", constitue une première à Lyon, ville où Bruno Carbonnet est installé depuis quelques années (il enseigne au sein de l’ENSBA aux Subsistances).
Bruno Carbonnet (1957, Calais) expérimente depuis 2010 ces nouvelles perméabilités entre images peintes et la présence immédiate de la lecture de ses textes. "Quel que soit le médium choisi, ce sont les ondes de significations et le vif, de voir les choses en acte qui opèrent au centre de mes recherches", déclare l'artiste.
Son parcours d’une trentaine années de pratique picturale et la réalisation de films vidéographiques, convoquant images latentes, images oniriques ou mnémiques, lui permettent d’approcher maintenant de la simplicité du “champ des paupières“.


26 avril - 7 juillet 2012 (réouverture en septembre sur rendez-vous uniquement)

Daniel Buren, André Cadere

La galerie présentera, du 26 avril au 7 juillet 2012, une exposition élaborée à partir de deux œuvres de Daniel Buren et André Cadere.
Avec ce projet, nous renouons avec le principe d’une suite d’expositions engagées au début des années 1990, qui consistait à associer deux artistes dans une formulation spatiale réduite à deux pièces, une pour chaque artiste, sous la forme d’une conversation (titre qui fut donné à ces expositions qui associèrent notamment Bernard Borgeaud à Emmanuel Saulnier, François Morellet à Gottfried Honegger ; un projet avorté entre Bertrand Lavier et Jean-Marc Bustamante aurait dû clôturer ce premier cycle).
A la différence de ces projets qui réunissaient étroitement les artistes dans leur conception, celui-ci sera construit sur la base d’œuvres qui proviennent de deux collections privées et qui trouvent là l’occasion d’une nouvelle visibilité en lien avec l’architecture si particulière de la galerie.
La démarche de Daniel Buren n’est pas inconnue à Nancy puisqu’il avait réalisé en 1997 une œuvre au Musée des Beaux-Arts de Nancy, Implosion ou la Cabane aux quatre piliers, et qu’à la suite de cette exposition, la galerie l’avait invité à participer en 1999 à l’exposition Nouvelles perspectives autour de la notion du décoratif.
C’est justement une Cabane éclatée, créée en 1989 pour une exposition au Musée Rath à Genève intitulée Une enveloppe peut en cacher une autre, Travaux situés, que nous avons l’opportunité de réinstaller dans la galerie et d’introduire un dialogue avec deux des premières barres de bois d’André Cadere, de section carrée (1970).
André Cadere et Daniel Buren ont en commun d’avoir su élaborer un outil plastique permettant d’investir des champs élargis, non limités aux lieux habituellement dédiés à la présentation des œuvres d’art.
Ils ont développé tous deux une approche critique questionnant les paramètres qui touchent l’art et sa monstration, les relations spatiales et colorées, le bouleversement des genres ainsi que la mise en œuvre d’un processus qui dépasse celui de la réalisation plastique d’un objet.
Au travers de cette exposition, la galerie marque ainsi sa volonté de présenter deux artistes majeurs de l’art contemporain, probablement deux des plus importantes figures conceptuelles que la scène artistique française ait portées.
Après Anish Kapoor en 2011, Daniel Buren sera l’artiste invité pour Monumenta 2012 au Grand Palais à Paris (9 mai - 21 juin).
D'autre part, une importante rétrospective, qui incluera pour la première fois l’ensemble de l’œuvre d’André Cadere depuis le début des années 1960 (période roumaine), est actuellement en cours de préparation. Sa première étape se tiendra au Musée d’Art Moderne de Varsovie, ville dans laquelle naquit Cadere en 1934.


7-11 mars 2012

La galerie à New York, The Armory Show 2012, booth # 442

Après Art Basel en 2010, la galerie est heureuse d'annoncer sa première participation à l'Armory Show, l'une des foires les plus importantes au monde pour l'art moderne et l'art contemporain, dans une ville, New York, qui reste considérée comme l’épicentre du monde artistique depuis le début des années 1950.
La galerie sera la seule enseigne française hors de Paris présente dans la foire, qui plus est dans la section réservée aux marchands proposant des œuvres de tout premier ordre.
Elle a réuni pour la foire une sélection exceptionnelle d’œuvres de François Morellet, pour la plupart inédites, des années 1960-70 à aujourd’hui. La galerie poursuit ainsi outre-Atlantique le travail engagé depuis quatre ans pour contribuer à mieux faire connaître en Amérique du Nord le rôle précurseur de Morellet dans ce qu’il est convenu d’appeler le minimalisme.
Ce choix d’œuvres comprendra notamment plusieurs trames, fragmentations et autres superpositions qui dialogueront avec des travaux d’André Cadere, dont une rarissime peinture de 1967 annonçant l’œuvre acquise récemment par le Centre Pompidou.
Tous deux ont en commun d'avoir introduit dans leur approche une dimension d'ordre systématique qui prédétermine l'objet.
En parallèle et dans une sorte de project room, la galerie présentera Purple Wood, un ensemble d’œuvres de Bruno Carbonnet qui apporteront une autre sensibilité et témoignent de sa nouvelle position entre poésie et images qui trouvent son origine dans l’œuvre d’Emily Dickinson.

After Art Basel in 2010, the gallery is pleased to announce its first participation at the Armory Show, one of the most important fairs in the world of modern and contemporary art in a city, New York, which is considered as the epicenter of the art world since the early 1950s.
At this occasion, the gallery will display an exceptional selection of works by Francois Morellet (born in 1926), mostly unseen, dated from the Sixties until today.
Thus the gallery continues across the Atlantic the work started four years ago to make more recognized in North America the pioneering role of François Morellet in the so-called minimalist movement.
This selection of pieces — grids, fragmentations, superpositions and interferences — will interact with works by the Romanian artist André Cadere (Warsaw 1934 – Paris 1978), especially a rare painting from 1967 and notably two earlier wooden bars executed in 1970-1971.
Both have introduced in their approach a systematic order which predetermines the art object. This dialogue between Morellet and Cadere will also reveal the distinctiveness of these two figures about structure, repetition, seriality, colour and also the fact that their commitment to engagement and interaction came to radically question the meaning and ends of art.
In parallel and in a kind of project room, the gallery will present Purple Wood, a new group of paintings by Bruno Carbonnet (born in 1957) that will bring a different sensibility. It will reflect the new position of the artist between poetry and images which are related to Emily Dickinson’s poems. Carbonnet, whose work was notably included in the Biennale de Paris in 1980 and the Bienal de Sao Paulo in 1987, continues to be a significant figure in the French field of contemporary painting.

Piers 92 & 94, New York City


27 janvier - 14 avril 2012
Vernissage le vendredi 27 janvier de 18h à 20h
Cette exposition, initialement prévue en décembre, a été reprogrammée en raison d'un sinistre

Miguel Branco, Bruno Carbonnet, Peter Rösel

Miguel Branco, Bruno Carbonnet et Peter Rösel, respectivement nés en 1963, 1957 et 1966, appartiennent à la même génération.
lls ont étudié l'art dans différentes écoles avant de développer très tôt leur démarche personnelle et d’exposer depuis déjà de nombreuses années, tant dans des galeries que des musées en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie.
Il nous a semblé pertinent de les réunir, pour un projet à la galerie, autour de leur pratique picturale respective ou plutôt de la manière dont ils usent aujourd’hui du médium peinture.
Ces trois artistes démontrent qu’il est naturellement vain de croire à la disparition de la peinture et réaffirment autant sa faculté de véhiculer un contenu conceptuel que celle de procurer un plaisir visuel.
Ils prennent souvent l’image du sujet humain ou du paysage comme point de départ de leur travail — même si le sujet n’est presque jamais peint d’après nature. Au lieu de cela, le matériau originel de leur travail est souvent tiré d’archives, de photographies, de films, d’images télévisuelles, de représentations, d’imprimés et aussi de références de l’histoire de l’art, ancienne ou moderne.
Ainsi, ils tentent de définir la peinture comme un espace unique à même de digérer ces images qui viennent saturer la société contemporaine, et où peut être mesuré leur impact sur notre sentiment d’identité, aussi bien individuelle que collective.
Submergée par la domination des masses médias, la peinture n’est plus la forme première de création d’images dans la culture occidentale contemporaine et ce changement, qui affecte son statut, offre aux artistes le pouvoir de jouer avec une variété de styles picturaux.
C’est cette dimension expérimentale (les questions de format, d'espace, de sources, de traitement notamment) que nous souhaitons évoquer au travers des travaux les plus récents de Bruno Carbonnet, Miguel Branco et Peter Rösel.

Miguel Branco, Bruno Carbonnet and Peter Rösel, respectively born in 1963, 1957 and 1966 are from the same generation. They studied art in different schools before developing really soon their own demarche and showing it all around the world since many years in galleries and museums.
For us, it seems to be pertinent to gather them for a project at the gallery about their personal pictorial practice even the way they use the medium painting nowadays.
These three artists demonstrate that it is naturally vain to believe that painting will disappear and reaffirm its ability to convey a conceptual content and to procure a visual pleasure.
The artists take, as a source of inspiration of their work, human and landscape subjects -— even if the subject in practically never really painted. Instead of it, the original material of their work is often coming from archives, photography, movies, television movies, pictures, prints and also canons of art history.
By this way, they try to define painting as a unique space able to digest the images which saturate our contemporary society, and in which can be evaluated their impact on our feelings of identity, individual and collective.
Submerged by the domination of the medias, the painting is no longer the first form of creation of images in the contemporary occidental culture and this change, which affects its status, offers to the artists the ability to play with a large panel of pictorial styles.
This is this experimental dimension (with regard to the sources, the size, the space and the process in particular) that we wish to show through their most recent works.


30 septembre - 3 décembre 2011
Vernissage à la galerie vendredi 30 septembre de 18h à 20h

Double Fantasy

Double Fantasy peut être considéré en quelque sorte comme un possible prolongement à l'exposition Strates et arts, élaborée autour de François Morellet et présentée durant le printemps dernier par la galerie.
En effet, ce projet, qui réunit douze artistes français et internationaux, inclut quelques personnalités déjà présentes dans l'opus précédent (Claude Closky, Daniel Dezeuze, Guillaume Leblon, Véra Molnar, Bernard Piffaretti), rejointes par Lisa Beck, Bernard Borgeaud, Etienne Bossut, Rémi Dall'Aglio, Marco Godinho, Jean-Claude Loubières et Jack Youngerman.
Son titre, Double Fantasy, ouvre d'emblée des perspectives de lecture puisque l'exposition puise et se développe autour de concepts tels que la symétrie (réelle, suggérée ou simulée), le (re)double(ment), l'itération, le miroir, etc.
Dans une société sur-informatisée qui pousse l'individu, tendancieusement, à se prononcer en mode binaire comme lorsqu'il clique sur son ordinateur, l'approche de l'art, exercice pour le cheminement des yeux et de l'esprit, tend à résister à des jugements hâtifs en prônant une perception élargie, hybride et non univoque, signe d'une réalité multiple.
Double Fantasy reprend le titre éponyme d’une pièce en angle qui ouvre l’exposition. Elle est due à l’artiste new-yorkaise Lisa Beck (*1958) et vient d’être présentée dans un projet conçu par Robert Nickas à Bridgehampton, là même où vit et travaille Jack Youngerman (*1926) dont nous avons le plaisir de montrer quatre œuvres exceptionnelles sur papier des années 1968 à 1971.
Proche d’Ellsworth Kelly et de François Morellet dans sa découverte d’une abstraction géométrique dépouillée, Jack Youngerman a vécu à Paris de 1947 à 1956 avant de regagner New York.
Toujours dans la première partie de l’exposition qui se déploie dans la salle de la galerie décorée de ces fameuses fresques Art nouveau, un diptyque de Véra Molnar (*1924), Ils se regardent, Ils se tournent le dos, fait face à une peinture de Bernard Piffaretti (*1955) dont les deux parties, exécutées sur la même toile, se présentent en quelque sorte, selon un principe initié très tôt, en miroir l’une de l’autre. (1)
Ce rapport gémellaire marque également l’accrochage d’une majeure partie des œuvres réunies dans la seconde salle, qu’il s’agisse du ET, de Marco Godinho (*1978), qui se répète en positif et en négatif comme les deux hémisphères de notre cerveau ou bien encore des deux Cribles, dessins paraffinés et perforés, de Jean-Claude Loubières (*1947).
Les travaux sur papier de Bernard Borgeaud (*1945), présents dans les deux salles, relèvent d’une extériorité, de forces qu’il faut déclencher et conduire. La symétrie suggérée, due au mode de réalisation instantané et ambidextre, semble nous entraîner dans des directions diamétralement opposées.
D’autres directions, cette fois d’ordre labyrinthiques, résultent du process qui introduit l’élaboration des deux dessins de Claude Closky (*1963), Going everywhere. Rémi Dall’Aglio (*1958), dont une exposition à Genève en 1988 s’intitulait La carte n’est pas le territoire — non pas le titre du dernier roman de Michel Houellebecq mais renvoyant à l’aphorisme d’Alfred Korzybski — entendait nous faire comprendre que les images ne sont que des doubles ou des spectres, dans le cas de ceux produits par la technique du photogramme (deux pièces réalisées au bleu de méthylène sont réunies dans l’exposition), mais surtout qu’elles ne sont souvent que signes de l’image qui représente l’objet, et donc signes d’une réalité multiple.
Enfin, le Monochrome lilas d’Etienne Bossut (*1945) devient une sorte de cartographie tant il conserve de l’objet moulé le moindre détail (la couleur étant le seul indice permettant de le différencier des autres produits de la même manière) et son Miroir ne renvoie qu’à lui-même ou à une possible évocation de ciel (également induite par sa forme qui se détache du mur tel un nuage) tandis que Lichen III, de Guillaume Leblon (*1971), évoque un paysage émergeant d’un papier froissé entièrement recouvert au pastel. (2)
Le pastel est d’ailleurs également le médium avec lequel Daniel Dezeuze (*1942) réalise d’inattendus Papillons, montrant une nouvelle fois son extrême liberté et son attention constante pour le dessin. C’est en quelque sorte aux possibles de la matière, passés ou futurs, que les artistes s’arrêtent alors laissant aux spectateurs ceux de l’imaginaire.

1) Véra Molnar figure actuellement dans l’exposition ERRE présentée au Centre Pompidou-Metz (jusqu’au 5 mars 2012).
2) La pièce de Guillaume Leblon, Correction, produite à l’occasion de l’exposition Strates et arts, restera visible durant cette nouvelle exposition. Signalons que Guillaume Leblon est nominé pour le Prix Marcel Duchamp 2011.


18 - 23 octobre 2011

La galerie à Paris : 85-87 FBG ST-MARTIN

La galerie s'associe à treize galeries parisiennes pour réaliser collégialement une exposition de groupe durant la semaine de la FIAC.
Initialement projetée à Saint-Germain des Prés, l'exposition se tiendra finalement 85-87 rue du Faubourg Saint-Martin.
La galerie y présentera quatre œuvres de Peter Rösel. Vernissage mardi 18 octobre de 18h à 22h (preview de 14h à 18h).
M° Château d'Eau ou Gare de l'Est.
WWW.85-87FBG-STMARTIN.FR


13 - 23 octobre 2011

La galerie à Paris : PEARLS OF THE NORTH, Palais d'Iéna

La galerie participe à l'exposition Pearls of the North" qui se tiendra dans un lieu ouvert pour la première fois au public, le Palais d'Iéna, bâti par Auguste Perret.
Les galeries associées à ce projet permettront de découvrir la scène artistique du Bénélux. La galerie présentera à cette occasion un ensemble d'œuvres de Jacques Charlier.
Vernissage jeudi 13 octobre ; ouvert tous les jours de 12h à 19h, vendredi 14 et 21 octobre jusqu'à 20h, nocturnes les 18 et 20 octobre jusqu'à 22h.
Palais d'Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental, 9 place d'Iéna, M° Iéna.
www.pearlsofthenorth.com


Parution du catalogue François Morellet. Mes images

À rebours de la première impression qui ferait passer François Morellet pour un des plasticiens conceptuels les plus abstraits, l’exposition récente du Musée départemental d’Art ancien et contemporain à Épinal (12 juin - 11 octobre 2010) dévoilait l’exploration ludique et fantaisiste, plus large, menée par l’artiste sur le vocabulaire de son oeuvre à travers différents signes, aussi traditionnels et prosaïques soient-ils.
Cet ouvrage retrace cette prégnance ou ce vestige de l’image dans la production de l’artiste et démontre également combien François Morellet a développé sa démarche avec une constante volonté d’expérimentation et d’invention.
Cette approche originale et inédite se révèle au travers d’un parcours de près de cinquante pièces, puisant son répertoire formel dans le monde abstrait de la géométrie la plus pure, tout en entretenant un rapport distancié à la création, teinté de dadaïsme.

Ce livre est édité conjointement par la Galerie Hervé Bize et le Musée départemental d’art Ancien et contemporain d’Épinal, avec le concours du Conseil Général des Vosges (textes et notices de Philippe Bata, Carole Boulbès, Céline Flécheux et Hervé Bize).
Format fermé : 280 x 215 mm, 144 pages, 83 illustrations.
Prix 35 € (diffusion Les Presses du Réel).


17 mars - 25 juin 2011
Prolongation jusqu'au 9 juillet inclus

STRATES ET ARTS, autour de François Morellet

La Galerie Hervé Bize a le plaisir d’annoncer l’exposition, STRATES ET ARTS, autour de François Morellet. Ce projet, qui emprunte son titre à un palindrome créé par Morellet en 1999, s’inscrit dans le cadre de l’actualité que connaîtra l’œuvre de François Morellet au printemps 2011, avec l’exposition rétrospective, Réinstallations (2 mars - 4 juillet), qui se tiendra au Centre Pompidou à Paris.
La Galerie Hervé Bize, qui entretient avec l’artiste des relations privilégiées depuis plus de vingt ans, accompagne cet événement par une exposition qui réunit des œuvres d’artistes français et internationaux : Bernard Piffaretti, Claude Closky, Stéphane Dafflon, Véra Molnar, Silvia Bächli, Yann Sérandour, Guillaume Leblon, Absalon, Alan Charlton, Joseph Kosuth, Günther Förg, Olivier Mosset, Chuck Nanney, Blinky Palermo, Helmut Federle, Daniel Dezeuze, Franz Erhard Walther.
Cette exposition doit être considérée comme une petite constellation d’affinités tissées autour d’une figure incontournable de l’art contemporain, François Morellet, dont l’influence, sans cesse croissante, n’est pas toujours mesurée tant elle ne se limite pas au champ stricto sensu d’une forme d’abstraction géométrique : l’introduction d’un process, la mise en place d’un programme ou d’un système, la réduction des décisions subjectives, les questions autour de la couleur, de la monochromie, du noir/blanc, l’exécution déléguée ou bien encore l’introduction d’un nouveau matériau ou d’une technique de reproduction, le rapport au langage, etc. sont autant de paramètres qui sont au cœur de la démarche de Morellet et que partagent les artistes réunis.
STRATES ET ARTS, qui rassemblera essentiellement des peintures, des dessins et quelques éditions rares, renvoie aussi le spectateur à une esthétique dont les bases découlent du renouveau intellectuel des années 1960-70, largement anticipé par Morellet dès le début des années 1950.
Il sera naturellement impossible, au travers de cette exposition, d’appréhender tout ce qui relie ces différentes personnalités, de trois générations différentes, à l’œuvre aujourd’hui charismatique de François Morellet mais pour autant, tous ces travaux donnent résolument corps à un ensemble de pensées plastiques, à la jonction du minimalisme et d’une forme de radicalisme iconoclaste.
www.youtube.com/watch?v=Zmj9yskvYiQ


25 - 28 mars 2011

La galerie à Paris : Drawing Now / Salon du dessin contemporain, Carrousel du Louvre

La galerie a le plaisir d'annoncer sa participation, pour la quatrième année consécutive, au Salon du dessin contemporain.
Deux one-man-shows seront proposés : le premier consacré à Bernard Borgeaud et le second à Marco Godinho.
Le travail pictural de Bernard Borgeaud, amorcé au tournant des années 2000, reste méconnu. il est tourné vers une monumentalité certaine puisque la plupart des œuvres fonctionnent de manière sérielle ou sous la forme de polyptyques.
C’est la première fois que des travaux sur papier faisant état de sa recherche sur la couleur seront présentés à Paris.
Leur exécution précède immédiatement celle des grands formats sur toile.
Ce genre de test n'est pas nouveau dans son travail mais ce ne sont plus des essais, ce sont des travaux à part entière car la concentration qu’il s'impose à travers un motif véritablement exécuté coïncide avec la préparation mentale dans la phase immédiatement antérieure à l'exécution d'une grande peinture.
Ces études ou dessins préparatoires prennent ainsi une forme d'autonomie et accompagnent une pratique de la peinture qui s'est sensiblement modifiée depuis quelque temps : la déflagration liée à des flux violents a fait place à une force plus dirigée et en quelque sorte apaisée.
Si la couleur est au centre du travail de Bernard Borgeaud, à l'inverse c'est le noir et le blanc qui domine les travaux graphiques de Marco Godinho qui considère le dessin comme essentiel à sa démarche car il déclenche un processus où la pensée est constamment en déplacement.
Le dessin est comme une succession de fragments qui permettent de scander le réel et d'aller à la rencontre de l'inconscient et vice versa. Il constitue une source d'attente où la patience est déterminante, que cela soit au travers de mots, de traces inspirées du monde réel ou des documents provenant de différentes sources (internet, encyclopédies, journaux, revues, photos/vidéos réalisées pendant des voyages).
La galerie présentera également sur son stand une sélection d'œuvres de Bruno Carbonnet, Jacques Charlier, Anne-Lise Coste, Daniel Dezeuze, John Giorno et François Morellet.


10 décembre 2010 - 26 février 2011
Vernissage vendredi 10 décembre de 18h à 20h en présence des artistes

Dector & Dupuy


Geismar et Isabey

La Galerie Hervé Bize a le plaisir d’annoncer, Geismar et Isabey, une exposition du duo d’artistes Dector & Dupuy, du 10 décembre 2010 au 26 février 2011 ; il s’agit de leur troisième exposition personnelle à la galerie après La Californie en 2001 et Carottage en 2006.
Ce projet réunit des œuvres nouvelles, de nature diverse, qui interrogent la perception et la représentation du réel en se référant à la ville, comme contexte et comme matériau. Travaillant ensemble depuis une vingtaine d’années, Dector & Dupuy portent leur attention sur les revendications, les oppositions et les contradictions présentes dans les villes. Leur démarche artistique consiste à investir l’ordinaire de notre urbanité sous un angle différent, permettant ainsi au spectateur de s’affranchir de tout préjugé en donnant forme à une nouvelle expérience du quotidien.
Au gré de ses déambulations, de ses immersions et de ses enquêtes urbaines, afin de cerner au mieux les tensions et les contradictions, le duo d’artistes collecte des traces écrites ou physiques : travaux autour de slogans encore lisibles, caviardés ou repeints, d’objets brisés ou détériorés qu’ils restaurent, etc. Tous ces éléments, une fois transposés dans le champ de l’art, continuent d’attester des multiples motivations et sens qui les ont générés.
Cette exposition propose une recontextualisation de l’espace urbain en faisant correspondre chacune des deux salles de la galerie à une rue de Nancy grâce au principe du déplacement, largement utilisé par les deux artistes : « Faire ces gestes de déplacement, opérer ces transformations, c’est mettre en évidence sur un mode sensible un certain regard possible sur la réalité. C’est, du même coup, contribuer à déconstruire un regard aliénant sur le monde » . Ce principe permet également une mise en relation de deux réalités souvent opposées : l’espace de l’exposition et l’espace public.
À travers la présentation d’une réalité et d’indices de vie, habituellement peu perçus ou peu perceptibles, l’exposition laisse apparaître de multiples points de vue qui introduisent un véritable dialogue avec le visiteur. Les œuvres mettent en résonance différentes dimensions de nos sociétés, parmi lesquelles le politique, l’esthétique et le social qui sont au cœur de nombreuses inquiétudes et interrogations actuelles.

Michel Dector et Michel Dupuy sont respectivement nés en 1951 et 1949 ; ils vivent et travaillent à Paris. Ils se sont rencontrés à l’Ecole nationale des beaux-arts de Bourges et ont étudié ensemble à la faculté d’arts plastiques de Saint-Charles à Paris.
En 2009-2010, Dector & Dupuy ont présenté une exposition intitulée LECL au Quartier, Centre d’art contemporain de Quimper. Ils ont également participé cette année à des expositions collectives : A l’ombre d’un doute (Frac Lorraine, Metz), (Conversations intimes) au Musée départemental de Beauvais, Chemin faisant… a walk around the block (La Ferme du buisson, Noisiel) et prochainement à Modus Operandi (The Moore Space, Miami).
Le duo d’artistes a aussi effectué plusieurs nouvelles visites-performances dont un projet spécifique à l’occasion de l’ouverture du Centre Pompidou-Metz.


1er octobre - 4 décembre 2010
Vernissage vendredi 1er octobre de 18h à 20h

Concrètement

La galerie a le plaisir d’annoncer Concrètement, une exposition d'œuvres contemporaines et modernes, réunissant des pièces de Daniel Dezeuze, André Cadere, François Morellet, Jacques Charlier, Salvador Dali, Gottfried Honegger, Bethan Huws, Raoul Hausmann et Francis Picabia.
L’idée de Concrètement découle naturellement de la politique de la galerie qui n’a pas hésité, dès 2001, à proposer des projets incluant des œuvres appartenant à des contextes historiques différents, de façon à instaurer des passerelles et des dialogues fructueux entre différentes générations d’artistes.
Le mot "concrètement" introduit littéralement une pensée et c'est bien ainsi qu'il faut considérer l'ensemble de ces œuvres, comme de possibles entrées dans différentes aventures plastiques.
Ainsi, l’art contemporain, souvent réputé hermétique ou intimidant, s’ouvre peut-être davantage au regard d’un panel de spectateurs élargi.
Chaque œuvre proposée, allant d'un inattendu dessin géométrique de Salvador Dali de 1936 à Ceci n'est pas un cadeau, une aquarelle de Bethan Huws de 2007 faisant référence à Man Ray, offre un champ de contemplation et de réflexion très larges sur l'évolution d'une démarche, sa perception en montrant qu'une œuvre sait parfois aussi se dérober — fort heureusement — en étant parfois peu conforme à ce que l'on sait d'elle.


6 mai - 17 juillet 2010
Vernissage jeudi 6 mai de 18h à 20h
Prolongation du 3 au 18 septembre

Anne-Lise Coste

Invitée en 2008 lors de l'exposition Blast from the past (part 2), Anne-Lise Coste (*1973) reviendra à Nancy pour une exposition monographique qui s'inscrit dans le cadre de la manifestation initiée par le Musée des Beaux-Arts intitulée Le temps du dessin, en écho à l'exposition inaugurale Chefs-d'œuvre ? du Centre Pompidou-Metz. L'Ecole nationale supérieure d'art et le Frac Lorraine sont également partenaires de cet ensemble d'expositions qui se tiendront simultanément à Nancy.
Si le dessin a longtemps incarné, au travers de l’histoire de l’art, un processus guidant la réalisation d’œuvres importantes, souvent des commandes officielles, il s’est affranchi au XXème siècle de ce quasi-carcan pour devenir un médium autonome qui connaît aujourd’hui une attention toute particulière, tant de la part des artistes que des collectionneurs et des amateurs.
La galerie a donc souhaité inviter une artiste dont la démarche s’inscrit complètement dans cette évolution. En effet, dans l’œuvre d’Anne-Lise Coste, le dessin constitue un travail autonome qui ne sert pas la réalisation d’un projet.
Anne-Lise Coste s’illustre par une démarche brillante et impertinente qui oscille entre idéalisme, ironie et désespoir. L’artiste révèle, au travers de ses travaux, ses multiples émotions et offre au spectateur sa perception du monde.
Cependant, cette vision est ouverte puisqu’elle met en relief les anxiétés et les névroses de chaque être humain, comme un langage universel développé en filigrane.
Dans le travail d’Anne-Lise Coste, les mots peuvent changer de sens en fonction du contexte et évoluer dans leur définition ; ainsi certaines œuvres récentes se composent de phrases, de poèmes et d’interrogations qui mettent en éveil le spectateur et nourrissent l’esthétique de sa démarche.
Les dessins d’Anne-Lise Coste ont souvent été comparés à un journal intime. Toutefois, ce terme ne semble pas satisfaisant car il ignore la dimension interactive du travail de l’artiste, qui invite toujours à un dialogue ou à une introspection. La clé de sa démarche repose sans doute sur la notion d’instantanéité. En effet, Anne-Lise Coste emploie des techniques immédiates et aime à travailler in situ : l’artiste a le sentiment que si elle travaille trop longtemps sur une œuvre, celle-ci risque de perdre son importance avant d’être terminée.
Ses dessins se rapprochent plus d’un manuscrit ou d’une esquisse que d’un travail complètement "achevé" au sens classique du terme. Parfois, des erreurs se manifestent, des ratures s’observent et des phrases inachevées se lisent. Néanmoins, en rendant le processus créatif visible, l’artiste cherche à atteindre sa propre forme de perfection.
L'exposition qu'elle prépare pour Nancy rassemblera un certain nombre d'œuvres inédites réalisées entre Berlin et New York où l'artiste vient de s'installer.


16-20 juin
Guests opening mardi 15 juin de 11h à 19h
Opening Art Public & Art Unlimited lundi 14 juin, 16h à 19h

André Cadere

André Cadere, solo show, Art Feature
Eric Hattan, Déplacement / Version 2010

La galerie a le plaisir d'annoncer sa première participation à Art Basel.
Elle fait partie des vingt galeries internationales sélectionnées pour le nouveau secteur de la foire baptisé Art Feature qui met l'accent sur l'aspect curatorial du métier de galeriste au travers d'un projet monographique ou un dialogue, voire un ensemble historique de tout premier ordre, c'est le cas du corpus d'œuvres d'André Cadere que nous présenterons.
Cadere cultive probablement aujourd’hui le paradoxe d’être tout à la fois l’un des artistes les plus mythiques de l’Art conceptuel et pourtant l’un de ceux dont la trajectoire demeure finalement encore la plus mystérieuse.
Cela est probablement dû au fait qu’après sa disparition en 1978 à l’âge de 44 ans, seule l’étape ultime de sa démarche incarnée par ces bâtons dénommés barres de bois rond avec lesquelles ils avaient pris l’habitude de se déplacer, a fait depuis l’objet d’expositions ou d’insertions dans des expositions thématiques liées à cette période charnière de l’art contemporain ou lors d’événements tels que la Biennale de Venise l’an passé.
Les œuvres réunies pour Art 41 Basel permettent de considérer comment Cadere a progressivement construit une approche d'ordre systématique au tournant des années 1960 et au début des années 1970, passant d'un rapport bidimensionnel à un mode profondément novateur avec des travaux libérés du mur et instaurant des situations inédites capables de renouveler la nature des relations entre l’œuvre et le spectateur.
Installé sur la Messeplatz à l‘entrée de la foire, semblant déposé à l‘instar des œuvres de Cadere, un réverbère déraciné interroge les passants et amateurs d‘art venus du monde entier.
Avec cette œuvre, signée Eric Hattan et présentée dans la section Art Public, la galerie propose, dans un rapport espace public / espace intérieur, un dialogue subtil et non dépourvu d‘humour avec le solo show d‘André Cadere.
Un numéro de Semaine sera publié spécialement à l'occasion de notre participation à Art 41 Basel.

André Cadere is considered as one of the most important artists of the 20th century. His work was mostly based on the use of colours which were organized according to a conceptual logical system.
Cadere was of a strongly disruptive nature (on the artistic scene of the 70's), not only thanks to his creations but also because of his militant attitude. Art Attitude Hervé Bize is delighted to dedicate to him a solo show during Art 41 Basel.
This very occasion will reveal several exceptional pieces from the late 60's to the early 70's. André Cadere had a paradoxical career. Even though he is actually considered as a « mythical » artist in the field of conceptual art, his work remains mysterious to this day. After he suddenly passed away in 1978, he was mostly known to wander with his typical sticks called wooden bars. These polychrome bars were composed by segments of which the diameter equaled their length. These wooden bars were easy to transport, even in places that were not dedicated to art, or places where they would not have been preferred to be seen.
André Cadere’s behaviour used to disturb the rules of the polite (art) society and aimed at questioning our relationship with art. As an example, he came to Basel in 1973, where he discreetly put a wooden bar on a booth where he was of course not invited to do so, alongside Morris Louis' and Robert Indiana's pieces.
While exhibiting Cadere's founding pieces at Art 41 Basel, the gallery not only alludes to this very story but also highlights the growing importance André Cadere still has today and how much his work influences young artists.
This show is also a unique occasion to comprehend the way André Cadere's built his whole thought process. Pieces on display will show how he developed his reasoning from his arrival in Paris in 1967, until the end of his career.
For example, most of the people don't know or often forget that at the beginning, André Cadere worked on paintings close to the Op'art. One of these major pieces, made of overlapping complex painted shapes, is to be exhibited on our booth. A special issue of Semaine, a 16-pages-catalog presenting several unseen documents is to be exceptionally published for the occasion.

In front of the fair, on the Messeplatz, a strange streetlight seems to be uprooted. It seems to have voluntarily been put there, like André Cadere's wooden bars used to be.
Like them, it questions passers-by and art lovers who come from the whole world to visit Art 41 Basel. This piece is made by the Swiss artist Eric Hattan and is presented in the Art public section.
This sculpture-installation echoes with subtlety and humour the solo show the galerie dedicates to André Cadere.


4 mars - 30 avril 2010
Vernissage jeudi 4 mars de 18h à 20h

Peter Rösel

100 Y

Les œuvres de Peter Rösel attisent la curiosité du spectateur dont la perception se module et s’aiguise à leur contact ; on se souvient de ses fameuses sculptures cousues ou de ses peintures de mirages. Si ces travaux s’appuient constamment sur une approche du réel, au travers parfois de la saisie d’éléments anodins, ceux-ci ont toujours la faculté d’engendrer des perspectives profondes. En effet, ils interpellent l’imaginaire de chacun en permettant d’établir des correspondances entre l’objet qui se présente à nos yeux et l’esprit du regardeur, toutes ses capacités se trouvant alors appelées à s’exprimer.
Avec ce nouveau projet intitulé 100 Y, Peter Rösel semblerait-il éprouver une certaine nostalgie en utilisant de vieux téléviseurs ou des ampoules d’un autre temps, auxquels il offre une seconde vie ? Peter Rösel pointe-t-il du doigt les changements abrupts qui agitent constamment notre société ? Ou bien encore une certaine cruauté de l’histoire qui balaie tout dans une accélération perpétuelle ?
Avec ses toutes dernières œuvres, l’artiste bouscule les temporalités et met en relief l’évolution en opposant les technologies récentes aux plus anciennes, soulignant probablement ainsi le matérialisme excessif des individus.
Le dispositif de cette exposition montre une nouvelle fois que la démarche de Peter Rösel emprunte des formes plastiques très ouvertes puisqu’ici la vidéo, la sculpture et l’installation sont convoquées.
La pièce qui donne son titre à l’exposition, 100 Y, occupe à elle seule la seconde salle de la galerie. A priori construite à l’instar d’un ready-made, l’artiste a installé une colonne de neuf cartons dont le spectateur découvre sur les étiquettes qu’ils contiennent des ampoules produites en ex-Allemagne de l’Est et peut deviner, par déduction, que la sculpture est ainsi conçue pour éclairer durant 100 ans. Une seule ampoule allumée et placée sur le rebord d’une vitrine rappelle la virtualité de cette fin programmée.
L’exposition comporte aussi une surprenante sculpture-vidéo conçue à partir d’un ancien téléviseur au nom évoquant Leonardo [da Vinci] qui nous apparaît aujourd’hui comme une antiquité bien plus lointaine que le début des années 1960, et par le biais duquel Peter Rösel marque l’accélération de la vieillesse des objets.
La vidéo qu’il diffuse en boucle montre un espace organisé par l’artiste lui-même (dans cette composition on repère ledit téléviseur ainsi notamment qu’une chaise-sculpture de Martin Kippenberger) dans lequel il apparaît soudainement et réalise... une lévitation introduisant chez le spectateur un sentiment de doute ; pourtant celle-ci n’est pas due à une quelconque manipulation par ordinateur mais emprunte aux magiciens leurs artifices.
À proximité, un groupe de cinq sculptures soclées nous fait presque basculer dans l’univers d’un musée d’histoire naturelle mais très vite, le spectateur détecte le fait que ces bifaces — dont l’ergonomie n’est finalement pas si éloignée de celle d’un téléphone mobile — n’ont rien de néolithique mais qu’ils sont bien le produit d’un geste artistique faisant appel à l’une des techniques les plus anciennes, le bronze.
Une dernière œuvre, I promise... prend également tout son sens dans le contexte économique que nous traversons : constituée de deux billets de banque récents du Zimbabwe (deux valeurs extrêmes, 1 dollar et 100 trillions), cette pièce nous permet autant de nous interroger sur la valeur de l’argent — doit-on croire en sa valeur comme doit-on croire en celle de l’art ? — que sur les soubresauts de la cote des artistes sur le marché de l’art comme le renvoient subrepticement les petites interventions au stylo à bille de l’artiste jouant du graphisme de ces coupures de monnaie comme il l’avait fait à ses débuts en peignant sur des bidons de vernis des paysages miniatures de sites antiques.
Les œuvres de Peter Rösel ont pour dénominateur commun d’être des constructions plastiques et mentales qui opèrent systématiquement, à partir de captations du réel, un décalage subtil selon des techniques et des matériaux très différents d’un projet à un autre. Cette forme d’ouverture permet à l’artiste d’embrasser des thématiques telles que le rapport à la civilisation ou l’évolution des techniques qui n’a de cesse de nous projeter dans une consommation effrénée.


25 - 28 mars 2010
Vernissage le 24 mars

La galerie à Paris : Salon du dessin contemporain, Carrousel du Louvre, stand D2

solo show Bruno Carbonnet

La galerie a le plaisir d'annoncer sa participation au Salon du dessin contemporain 2010 avec un projet spécialement développé pour l'occasion par Bruno Carbonnet.
Au travers de celui-ci, l'artiste convoque autant les reports et les gestes dessinés que ceux d’ordinaire liés aux techniques de la gravure et à la technique du laboratoire photographique argentique.
L’ensemble de ces nouveaux travaux est abordé et réinterprété en lumière du jour : naissent ainsi en quelque sorte des dessins peints, des appropriations, des déplacements, des inversions, des changements d’échelles eux-mêmes propices à des fusions d’espaces et des impossibilités.
Ces gestes œuvrent à une indécision de l’espace, à des "tâtonnements" vis-à-vis d’une possible représentation, à des permutations nuit-jour pour lesquelles Bruno Carbonnet évoque des ouvertures d’horizons ou engloutissements sous des nuées, sorte de paysages perçus dans la suite d’une vision, des paysages les yeux fermés, des rayons lumineux dans les rétines [qui] tentent de proposer une image instable.
La galerie présentera également dans une réserve visitable des œuvres d'Anne-Lise Coste, Rémi Dall'Aglio, Daniel Dezeuze, Marco Godinho, Marko Lehanka, François Morellet, Olivier Mosset et Peter Rösel.


7 janvier - 27 février 2010
Vernissage jeudi 7 janvier de 18h à 20h

Explorations

Cette exposition, qui réunit des œuvres de Bernard Borgeaud, Balthasar Burkhard, Bruno Carbonnet, Philippe Cazal, Arnaud Claass, Rémi Dall'Aglio, Eric Hattan, Jean-Claude Loubières et Eric Poitevin, est entièrement dédiée au médium photographique.
Bien qu'encore jeune au regard de celle de la peinture, l'histoire de la photographie a poursuivi très vite tous les registres possibles de la représentation s'arrangeant en multiples catégories et typologies : objectivité, citationniste, quotidien, intime, social, banal etc.
Explorations ne vise ni à dresser un catalogue de toutes ces postures qui ont souvent mené à la création de "chapelles" ni à les dénoncer. En effet, ce projet, élaboré à partir d'une sélection d'œuvres des années 1970 à aujourd'hui, s'abstient de positionnements trop rigides en proposant des images qui ne sont pas pour autant uniquement construites autour d’enjeux esthétiques.
Explorations rassemble des photographies aux thématiques et formes variées — allant jusqu'à des expérimentations telles que le photogramme — qui développent plusieurs niveaux de discours et de lecture pour le spectateur, marquant ainsi le caractère polymorphe de l'art d'aujourd'hui.
Si Balthasar Burkhard (*1944) et Eric Poitevin (*1961) se concentrent sur une approche perceptive de la nature, Bruno Carbonnet (*1957) et Rémi Dall’ Aglio (*1958) développent une approche plus plasticienne autour de l’apparition et de la disparition d’une image, intégrant des moyens plus élargis.
Se déploie également dans l’exposition un groupe d’œuvres des années 1970 : Bernard Borgeaud (*1945) et Philippe Cazal (*1948) au travers de pièces qui témoignent du contexte artistique de l’époque, tourné vers des performances, tandis qu’Arnaud Claass (*1949) est représenté par des photographies liées à ses séjours aux Etats-Unis et qui s’ancrent dans une tradition moderniste, dans la lignée de Cartier-Bresson ou Abbott.
Le voyage est aussi à la source de la plupart des œuvres d’Eric Hattan (*1955) et de Jean-Claude Loubières (*1947) : ici la découverte de situations, de presque riens du quotidien, peut débuter sur le bord d’un trottoir pour le premier — dont nous présentons également une vidéo — ou au fond d’un jardin d’une banlieue de Chicago pour le second.
Plusieurs de ces œuvres se constituent sous la forme de séries et montrent combien une image ou un thème peuvent donner lieu, selon des process très différents d’un artiste à un autre, à des ensembles.


1er octobre - 19 décembre 2009

Marco Godinho

Continual Changes

Le travail de Marco Godinho (*1978) s’établit autour des rapports constants que nous entretenons face au temps et à l’espace : les notions de territoire, de déplacement, d’identité, de communautés locale et globale sont constamment présentes dans sa démarche. Godinho opère un transfert permanent des codes et des mémoires qui définissent nos habitudes au quotidien : il mêle différentes techniques (sculpture, photographie, vidéo, installation, dessin, peinture, typographie, design graphique, textes), partant toujours de la conception des idées et tenant compte à chaque fois de la nécessité de leur représentation.
Continual Changes constitue la seconde exposition monographique de l’artiste à la galerie. Une des sources d’inspiration de ce nouveau projet est un cours de Gilles Deleuze de 1986-1987 — une bande sonore que l’artiste écoute surtout en déplacement pendant ses divers trajets — consacré à Leibniz. Deleuze y débute sa réflexion par la question : “Qu’est-ce que cela veut dire, le tissu de l’âme ?” Il commence par énoncer que le tissu de l’âme est un ‘‘fourmillement de petites inclinations’’, qui ‘‘plient l’âme dans tous les sens’’, ce que Leibniz nomme des ‘‘petites perceptions et petites inclinations’’, ‘‘des plis qui se font et se défont à chaque instant’’.
Sans faire de liens directs avec les travaux exposés, c’est plutôt la dynamique, la rythmique constante des mots de Deleuze qui interpellent Marco Godinho : la capacité qu’ils ont de stimuler une pensée très ouverte, aux contours fluides et impalpables ou bien encore une forme d’élasticité, ‘‘une force élastique’’ d’être au monde comparable à ‘‘mille petits ressorts qui ne cessent de fourmiller dans tous les sens’’.
Il est donc question ici d’une dynamique constante de la pensée qui s’enchaîne et ce perpetuum mobile est à l’origine de la conception de Continual Changes, exposition envisagée comme autant de fragments de basculements du sens et de la perception ; en provoquant une forme ‘‘d’inquiétude’’, mot repris par Leibniz pour définir ‘‘précisément ce fourmillement qui ne cesse à aucun instant’’. Deleuze poursuit en déclarant : ‘‘rien n’est égal dans mon âme, sinon elle n’est plus en état d’inquiétude’’.
Puis ‘‘des attentes’’, ‘‘tout prend du temps’’, la question de l’acte libre, de la délibération, ‘‘de quel côté vais-je plier mon âme’’, l’idée du choix pour arriver à ‘‘l’amplitude’’ de l’âme par un ‘‘pli décisif’’, ‘‘un pli décisoire’’ qui serait toujours en mouvement, jamais fixe.
Marco Godinho nous invite à prendre plusieurs directions au travers d’un ensemble de travaux, parmi lesquels un triptyque constitué de trois dessins similaires, répétant la phrase In memory of human amnesia, laquelle questionne l’idée de perte de mémoire et d’effacement ; un début de conversation mystérieuse entre “E” et “T”, gravée sur une vielle porte récupérée, suscite l’interrogation et la participation du spectateur sur la suite qu’elle pourrait prendre ; une installation sonore, dissimulée à l’intérieur d’une cape de prestidigitateur en soie noire, délimite un espace circulaire contenant un secret à ne pas dévoiler…
L’idée d’interaction entre le public et l’œuvre est ainsi très présente, ainsi que l’idée de manque ou de dispersion de sens, quelque chose qui échappe ou qui retient l’essentiel, juste ce qui est nécessaire pour que la pensée déclenche l’histoire.


22-25 octobre 2009
Après-midi professionnel et vernissage 21 octobre

La galerie à Paris : FIAC 2009, Grand Palais, stand A50

Master Piece

En écho à la problématique qui sera au cœur de l'exposition inaugurale du Centre Pompidou-Metz en mai 2010, mais avec bien entendu des moyens et une perspective remises dans le contexte de la galerie, notre projet pour la FIAC 2009 invoque également la notion de chef-d'œuvre qui semble n'avoir plus vraiment cours dans le champ de l'art contemporain.
Intitulé Master Piece (le titre d'une pièce de Philippe Cazal de 1990, aujourd'hui dans la collection Ricke), cette exposition sera constituée d'œuvres d'artistes de la galerie, ou ayant été exposés dans nos murs, pouvant tenir lieu de jalons marquants dans leur démarche voire questionnant directement cette notion.
Le terme de chef-d'œuvre pourrait-il donc être convoqué, à un titre ou un autre, à propos de la production de ces artistes ?
Plusieurs générations d'artistes seront représentées au travers de pièces que l'on peut considérer comme historiques mais aussi par des travaux plus récents voire spécialement produits : François Morellet, André Cadere, Daniel Dezeuze, Jacques Charlier, Philippe Cazal, Bernard Borgeaud, Ernest T., Marko Lehanka, Olivier Blanckart, Peter Rösel et Marco Godinho.
www.fiac.com/galerie.html?ex=10


14 mai - 18 juillet 2009
Fermeture annuelle de la galerie du 21 juillet au 29 août
Prolongation de l'exposition du 1er au 19 septembre

Keep your options open*, 1989-2009

La galerie est heureuse d’annoncer l’exposition Keep your options open, 1989-2009 qui marquera ses 20 ans d'existence.
Fondée en 1989 par Hervé Bize, alors âgé de 22 ans, la galerie a immédiatement engagé une collaboration étroite avec des artistes appartenant à différentes générations, citons François Morellet, Emmanuel Saulnier, Bruno Carbonnet ou bien encore Daniel Dezeuze.
La configuration originale de l’espace qu’elle occupe toujours (présence de fresques Art nouveau) permet la réalisation de projets inédits, constamment renouvelés. Parallèlement à ces relations avec des artistes de l’Hexagone, Hervé Bize a su profiter de la situation géographique de Nancy, à équidistance de Bruxelles, Francfort et Bâle, pour développer des relations avec des artistes des pays voisins tels que Jacques Charlier, Eric Hattan, Marko Lehanka, Peter Rösel et très récemment Marco Godinho.
D’autre part, depuis 2001, la galerie a développé au sein de sa programmation un certain nombre de projets permettant de mieux situer l’art contemporain par rapport à ses sources immédiates, notamment au travers d’un vif intérêt pour Marcel Duchamp, Raoul Hausmann, Jean Hélion et Francis Picabia.
L'exposition Keep your options open*, 1989-2009 rassemble quelques-uns des artistes qui ont marqué l'histoire de la galerie depuis sa création. Ce projet provoque des "collages" inattendus puisqu'il est exclusivement constitué d'œuvres qui reprennent la place initiale qu'elles occupèrent lors d'expositions personnelles ou collectives qui se sont déroulées à la galerie lors de ces deux décennies.
L’objectif de cette exposition est donc de réinvestir l’espace de la galerie, de façon à générer des rapprochements a priori incongrus (outre les artistes déjà cités, Sylvie Antoine, Jean-Pierre Bertrand, Olivier Blanckart, Bernard Borgeaud, Etienne Bossut, Philippe Cazal, Gérard Collin-Thiébaut, Rémi Dall’Aglio, Dector-Dupuy, Ernest T, Bertrand Lavier, Jean-Claude Loubières, Cildo Meireles, Eric Poitevin, Franck Scurti, Taroop & Glabel, Ben Vautier, Andy Warhol...).
Sous forme d’une injonction, le titre de l’exposition rappelle les slogans publicitaires en anglais que la législation française oblige à traduire en français. Cet intitulé s’adresse directement au spectateur, renvoyant celui-ci aux rapports qu’il devrait entretenir avec l’art contemporain en l’invitant à rester attentif.
Bernard Borgeaud, dont est présenté un dessin monumental de 1994, considère que cette exposition "dépasse de loin l’aspect cadavre exquis qu’Hervé Bize avait imaginé au départ ; elle produit deux effets, sous l’angle de l’espace et du temps.
Au lieu de faire une mini-rétrospective avec les artistes de la galerie, tout est donné sans qu’il soit possible de discerner un avant et un après, tout est présentifié sans qu’aucun indice ne permette de supposer un ordre.
L’accrochage n’obéit plus à la structure architecturale mais à une logique projective, les œuvres se confrontant physiquement selon des frictions ou des chocs. Pourtant nulle thématisation ne tient la manifestation, tout au plus une polarité entre des formes affirmées et des tendances néo-dada ; la clé en serait peut-être François Morellet qui conjugue les deux.
Cette vision globale simultanée offre un accès rapide : le spectateur est sollicité de projeter ses affects sur des blocs d’œuvres. Toute hiérarchie dissoute, les codes de chaque pièce implosent sous cette poussée, libérant une surenchère d’intensité, de plaisir."

Keep your options open*, 1989-2009 s’inscrit au nombre des événements qui constituent Constellation en Grande Région, préfiguration du Centre Pompidou-Metz (15 mai - 4 octobre).
Le Musée des Beaux-Arts de Nancy, qui fête également les 10 ans de sa rénovation par les architectes Laurent Beaudouin et Jean-Luc André, a souhaité s’associer à l'anniversaire de la galerie en présentant, dans le jardin et le péristyle du Musée, trois sculptures de François Morellet (10 juin - 21 septembre).
Une conférence de Carole Boulbès, consacrée à François Morellet, se déroulera dans l'auditorium du Musée le 11 juin.

* Garde tes possibilités ouvertes


6 mars - 2 mai 2009

Jacques Charlier

Libérer Lamartine

La galerie est heureuse d'annoncer la première exposition personnelle de Jacques Charlier (*1939), dont la démarche est empreinte d’une décapante diversité.
Ses nombreuses activités, pour reprendre une formule de l'artiste, au sein desquelles il ne manque pas de mettre à l’épreuve les conventions du goût et de l’esprit, questionnent avec à propos autant l’art, l’histoire que l’actualité, bref le monde dans lequel nous vivons.
Son travail n’a pas fait l’objet d’une exposition monographique dans une galerie française depuis 1993 et l’exposition que nous proposons, dépasse, par sa thématique, le cadre classique d’une collaboration.
En effet, ce projet a été proposé à Hervé Bize par l’artiste lui-même qui entend contribuer à la réhabilitation d'Alphonse de Lamartine (1790-1869), non seulement en tant qu’écrivain mais surtout en tant qu'homme politique : “L'intention de la pièce est de mettre l'accent sur les soubresauts de l'histoire, qui selon la nature des événements, font et défont la réputation des hommes. […]”
Le concept de cette exposition s'est développé à partir d'une partie du fonds d'une bibliothèque privée acquis aux puces par Jacques Charlier il y a quelques années, peu après avoir visité le Musée Lamartine à Mâcon.
Les livres sont présentés dans une sorte de scénographie, s’appuyant sur le décor de la galerie, qui les mêle notamment à un très grand portrait de Lamartine peint par Charlier (“Poetry is a good job”) : “C'est bien là le motif principal de la pièce : susciter avec une copie de tableau et un lot de livres sauvés du naufrage, un sujet de conversation sur la pérennité de l'Histoire et ses leurres. […]
Pendant des mois, j'ai été hanté par ces livres désenchantés, fasciné que j’étais par cette littérature ampoulée, inégale et souvent ennuyeuse, des rimes incantatoires larmoyantes et répétitives. Mais peu à peu, j'ai aussi découvert des tirades prémonitoires sur le siècle à venir, d'une lucidité implacable, ainsi que des envolées parlementaires témoignant d'une ouverture sur l'Europe très en avance sur leur temps. […]”

Une publication, avec une contribution d'une personnalité extérieure, est actuellement à l'étude et poursuivra l'exposition.
Signalons que Jacques Charlier a été choisi pour représenter la communauté francophone de Belgique à l'occasion de la prochaine Biennale de Venise.


25-29 mars 2009
Vernissage mercredi 25 mars (preview 24 mars)

La galerie à Paris :
3ème Salon du dessin contemporain (stand A18)
Le Carreau du Temple, 1 rue Dupetit-Thouars

La galerie participera pour la deuxième année consécutive au Salon du dessin contemporain à Paris avec un one-man-show dédié à Peter Rösel, dont nous présenterons un ensemble d'aquarelles, issu d'une récent voyage en Namibie, consacré au Fata Morgana Painting Project que l'artiste développe depuis près de dix ans.
Une sélection d'œuvres d'autres artistes (Delia Brown, Philippe Cazal, Jacques Charlier, Daniel Dezeuze, Marco Godinho, François Morellet, Emmanuel Saulnier, Gabriel Vormstein) accompagnera ce projet.


10 octobre - 20 décembre 2008
Vernissage vendredi 10 octobre de 18h à 20h
Interruption du 21 au 27 octobre en raison de la FIAC

BLAST FROM THE PAST (part 2)

Comment, au terme d’un process, une œuvre finit-elle par trouver une forme selon une temporalité qui s’exerce d’une manière variable ? Tel est l’axe qui détermine ce second volet de Blast from the past.
Il réunit des œuvres de Philippe Cazal, Anne-Lise Coste, Dector-Dupuy, Pierre Gauthier, Marco Godinho, Bethan Huws, Mungo Thomson, Gabriel Vormstein.
Si le premier volet était résolument tourné autour de la peinture, de questions tant stylistiques que liées à des sources saisies dans l’Histoire de l’art, Blast 2 offre des propositions plastiques complètement éclatées spatialement : œuvres néon, dessins, peintures, objets, au sein desquels le langage occupe une place prépondérante.
Les travaux présentés constituent de nouveaux modes de perception et s’inspirent de notre environnement quotidien, de la culture populaire, du monde de la communication, du divertissement ou de pratiques amateurs.
Ils invitent à reconsidérer des images familières en brouillant les pistes, en mêlant les différents aspects de la production artisanale et industrielle, de l'art populaire et des Beaux-Arts.
L'art devient ainsi une pratique sociale qui crée différentes atmosphères et offre une expérience intime, à la fois inhabituelle et révélatrice pour le spectateur.


22-26 octobre 2008

Emmanuel Saulnier

FIAC 2008, Paris, one-man-show Emmanuel Saulnier

www.fiac.com
www.artclair.com/e-docs/00/00/D3/9B/document_article.php


Après plusieurs participations successives au début des années 2000, la galerie a le plaisir d’annoncer son retour à la FIAC cet automne.
Elle présentera au Grand Palais un ensemble d’Emmanuel Saulnier entièrement inédit, en particulier une exceptionnelle sculpture intitulée Perçant, dont il existe deux versions, chacune selon un dessin original.
Cette sculpture en suspens, énigmatique, attire et interroge. Horizontale, en acier inox, son plan rectangulaire long de trois mètres est traité comme un miroir réfléchissant et lumineux. Il est perforé de vingt-sept orifices, dont la répartition constitue une trame proposée par l’artiste. Vingt-sept aiguilles d’acier effilées à leurs extrémités traversent, soulèvent et portent cette plaque de quatre-vingts kilos sans ajout mécanique.
En relation étroite avec Perçant, Emmanuel Saulnier a conçu Gestes, des pièces murales, figures en câbles d’acier stabilisées par un anneau de verre pyrex. Il gestualise ainsi une figure dans l’espace et la pointe au mur avec une aiguille d’acier.
Ces pièces peuvent être rapprochées de l’installation Place Blanche que l’artiste avait présentée à l’Atelier Brancusi (Centre Georges Pompidou) en 2004-2005.
Perçant et Gestes, déclare l’artiste, traitent à la fois physiquement et symboliquement de l’acuité et du suspens. Ces œuvres gardent leur tempo et leur énergie en tension. Je veux que chacun, en les voyant, le ressente et partage tout leur vertige.
Enfin, nous présenterons également 2666, une suite de gouaches réalisées cet été en Turquie et dédiées à l’écrivain chilien Roberto Bolaño.

Notre stand à la FIAC comportera une réserve dans laquelle figureront entre autres des œuvres de François Morellet et de Daniel Dezeuze.


22 mai - 12 juillet 2008, puis reprise du 2 au 27 septembre

BLAST FROM THE PAST (part 1)

Avec Blast from the past, la galerie renoue avec les projets thématiques qu'elle a proposés régulièrement, notamment depuis 1999 et la fameuse exposition Nouvelles perspectives qui dura neuf mois.
Ce premier volet rassemble les travaux de six artistes internationaux : Delia Brown, Jacques Charlier, Kendell Geers, Marko Lehanka, Peter Rösel et Gabriel Vormstein. Construit progressivement au fil des mois, des rencontres, des découvertes mais aussi des liens que la galerie a su établir depuis plus longtemps, il convoque, au travers d'oeuvres spécifiquement choisies, et de façon surprenante aussi bien Caspar David Friedrich, Francis Picabia, Egon Schiele qu’Henri Matisse…
Blast from the past est une expression anglo-saxonne difficilement traduisible. Il s'agit d'une formule que l’on emploie lorsque quelque chose du passé vous revient brutalement, par exemple à l'occasion d’une rencontre fortuite avec une personne que l’on n’a pas vue depuis de très nombreuses années.
Dans un contexte artistique, il sera possible de considérer le sens de cet intitulé de plusieurs manières. D’abord, comme il s’agit ici exclusivement de questionner la peinture, considérer comment celle-ci intervient dans le processus de certaines démarches et auprès d’artistes qui, à l’exception de Delia Brown, usent de la peinture comme un médium parmi d’autres, à leur disposition en fonction d'un projet.
Si la peinture est le dénominateur commun de ce part 1 — un second volet aura lieu en octobre prochain —, elle le sera aussi uniquement au travers d’œuvres qui font images en puisant dans de multiples sources et au gré de pratiques stylistiques différentes oscillant entre “bad — and good paintings”, en quelque sorte.
Les pièces présentées questionnent la peinture et tentent d’enclencher avec l’histoire, au demeurant fort longue de ce médium, des rapports singuliers.


8 février - 19 avril 2008
Prolongation jusqu'au 26 avril

Eric Hattan

S cul türe physique

Nous consacrons une première exposition personnelle à Eric Hattan.
Considérant que "l’art n’est ni un produit ni une solution, mais plutôt un travail de transformation", les sculptures et installations d'Eric Hattan consistent le plus souvent à intervenir dans un espace réel au sein d’une situation existante pour en déplacer les données, les renverser ou les retourner.
En modifiant par des actes très simples la géographie d’un lieu familier, il trouble le visiteur qui ne parvient plus tout à fait à faire coïncider ce qu’il voit avec ce qu’il sait.
S cul türe physique, le projet qu’il propose à la galerie, est constitué d’un certain nombre d'installations d'une échelle variable. De l'ordre du sculptural, celles-ci invitent à porter son regard sur différentes caractéristiques de l'espace : en effet, Eric Hattan utilise des objets et matériaux trouvés sur place lors de son séjour, tire parti des singularités du lieu (fenêtres, plafonds, décrochements, coins).
L'attention du visiteur n'est donc plus sollicitée sur un point de visée, par exemple lorsqu'il regarde un tableau au mur ; ici littéralement plusieurs événements se présentent à lui et l'invite à regarder dans tous les coins, voire à lever la tête…
L'artiste est toujours extrêmement attentif à tout ce qui se passe autour de lui. C’est aussi dans cet état d’esprit qu’il réalise des vidéos au gré de voyages, déplacements et promenades dont les séquences, toujours tirées du réel, nous en révèlent l’étonnant potentiel poétique et humoristique.
Dans son exposition à la galerie, des vidéos s'intègrent également dans ce jeu avec les espaces qui interroge la place des choses.
L’attention qu’il porte aux gestes du quotidien, à une scène fugace, à une situation inattendue ou provoquée, nous montre que le spectacle le plus touchant et étrange peut surgir à tout instant, et dans n’importe quel lieu.
On pourrait presque dire que c’est simplement par des déplacements, ou par des détournements qu’il modifie de façon sensible notre perception.

Eric Hattan est né à Wettingen (Suisse) en 1955 ; il vit à Bâle et à Paris.

Simultanément à la préparation de son exposition, Eric Hattan est invité durant la première semaine de février à l'Ecole nationale supérieure d'art de Nancy pour un worshop vidéo.


10 - 14 avril 2008
Vernissage le 9 avril

La galerie à Paris : 2ème Salon du dessin contemporain

Le stand de la galerie accueillera un ensemble graphique important de Daniel Dezeuze (travaux des années 1980 à 2000), ainsi que des pièces de Rémi Dall'Aglio, Marco Godinho, Jean-Claude Loubières, François Morellet, Bruno Carbonnet et Bernard Borgeaud.
Quelques pièces à caractère historique de Raoul Hausmann et Jean Hélion seront également présentées.
Cette deuxième édition du Salon du dessin contemporain aura lieu 4 rue du Général Foy (Saint-Augustin).


15 novembre 2007 - 19 janvier 2008
Prolongation jusqu'au 26 janvier

Daniel Dezeuze

Daniel Dezeuze, œuvres récentes

Il s'agit de la seconde exposition personnelle de l'artiste à la galerie, après celle qui fut consacrée à son œuvre graphique en 2003 en coproduction avec le Crédac, Centre d'art d'Ivry-sur-Seine.
Ce nouveau projet permet de découvrir quelques-uns des tout derniers travaux de Daniel Dezeuze. Il présente de nouvelles pièces, dont la plupart forment des mosaïques colorées, se situant en quelque sorte en suspension, en avant du plan du tableau.
En effet, devant la prolifération des images plates ou planes, Daniel Dezeuze "fait donner la troisième dimension" et poursuit ainsi sa redéfinition du tableau et de la peinture : les Flèches, Pavillons et Peintures qui perlent, ici réunies, en sont autant d’exemples.
Si ces travaux se réalisent à travers la peinture et la sculpture “traditionnelle”, objets, installation, découpages et œuvres en rouleaux lui donnent la satisfaction d'une préhension tactile directe, où les découvertes peuvent se faire à travers les manipulations.
Pour Daniel Dezeuze, l'art a toujours eu une fonction symbolique dans les sociétés, absolument nécessaire : "Notre société est avide de créativité, et la démocratisation de l'art signifie que chaque individu, pour le meilleur ou pour le pire, peut être un créateur. Les vraies créations sont souvent noyées sous une avalanche de productions. Est-ce que le temps sauvera le meilleur ?
Mais j'ai quelques raisons d'espérer. En effet si la politique gère le ressentiment humain, l'art le digère assurément. J'emploie ici ma formule art = digestion du ressentiment (de ce ressentiment qu'a l'humain de ne pas être immortel).
Si l'art accomplit cette tâche obscure mais essentielle, il se hissera au-dessus, ou au-delà, des religions."
Par sa démarche, Daniel Dezeuze vise à établir une expérience qui ne serait plus de l'ordre du "saisir " mais du "non-saisir" qui se rapprocherait de l' "otium". Et l'artiste de déclarer : "Le Beau, selon Baudelaire, est toujours bizarre. Il sera pour moi d'autant plus bizarre qu'il restera lié aux risques que j'ai pris et continue de prendre à faire rouler les dés jusqu'à découvrir leur septième face, c'est-à-dire jusqu'à d'autres dimensions repliées aux fins fonds de la matière."


17 - 22 octobre 2007
Vernissage le 16 octobre

La galerie à Paris :
Show Off, Espace Pierre Cardin, stand S4

Dector-Dupuy, Marko Lehanka, Peter Rösel, Emmanuel Saulnier...

Absente de la Fiac depuis 2004, la galerie répond à l'invitation de Show Off avec un ensemble d'œuvres (peintures, sculptures, dessins, vidéos) réunies spécialement pour l'occasion, dues à Jacques Charlier, Dector-Dupuy, Marco Godinho, Eric Hattan, Marko Lehanka, François Morellet, Peter Rösel et Emmanuel Saulnier.
Vous pourrez également découvrir sur le stand quelques pièces d'Etienne Bossut, Balthasar Burkhard et Didier Marcel.
A l'occasion du vernissage, une sélection de livres de Jean-Claude Loubières sera également présentée.
Hormis les acteurs français conviés, des galeries allemandes, belges, canadiennes, cubaines, italiennes, américaines et suisses ont accepté l'invitation des organisateurs.
Simultanément à la Fiac, ces 35 galeries investissent la totalité de l'Espace Pierre Cardin situé en bas des Champs-Elysées.
www.showoffparis.com/2007/galeries.htm


31 mai - 13 juillet 2007
Prolongation du 1er au 22 septembre

Marco Godinho

À plein temps

Dans le prolongement de l’invitation qui lui a été faite à l’occasion de la conception graphique du site internet de la galerie, nous consacrons à Marco Godinho sa première exposition personnelle.
Ce jeune artiste portugais (*1978) n'hésite pas à s'emparer des différents médiums qui s'offrent à lui. Sa démarche s’établit autour des rapports constants que nous entretenons face au temps et à l’espace.
En effet, cette articulation détermine notre être social : comment être au monde avec un présent qui se renouvelle sans cesse, qui s'offre à nous comme une perception à chaque fois renouvelée et qui trouble les perspectives ? A plein temps évoque cette quête du quotidien : les œuvres présentées consistent en des propositions d’espaces de liberté qui se jouent des codes relatifs à un contexte, à un objet pour en montrer les sens cachés et leur conférer un nouveau statut.
Dans la première salle de la galerie, il est question de déplacements liés aux questions de temps perpétuel, à l'instar de ce calendrier-agenda intitulé Un temps au présent (Calendrier éternel, 12 propositions d'espaces à expérimenter le temps) ou de cette surprenante table de ping-pong circulaire, All around, dont le filet tourne à l'instar d'une horloge, contraignant ses utilisateurs à un déplacement incessant. Le temps qui passe, qui tourne sans fin et le jeu aussi…
La seconde partie de l'exposition est construite autour de la marche, activité propre à tous, qui conditionne plus que jamais des espaces liés à notre liberté mais souvent entravés par toutes sortes de contraintes sociales.
Lorsqu'on marche, notre pensée s'élabore et tente de s'organiser, tout paraît possible et moins tragique. Un espace mental s'ouvre : "Avancer sur ses deux pieds rend semble-t-il plus facile le déplacement dans le temps, l'esprit passe aisément des projets aux souvenirs, de la mémoire à l'observation. Le rythme de la marche donne en quelque sorte son rythme à la pensée…" (Rebecca Solnit, L'art de marcher, Ed. Actes Sud, 2002).
Marco Godinho a réalisé une série de sept marches qui ont généré, sous différentes formes plastiques (vidéos, œuvre néon et dessins), une sorte de cartographie mentale qui dépmultiplie un déplacement opéré entre un même point de départ (la gare de Nancy) et un même point d'arrivée (la galerie).
Les travaux de Marco Godinho visent à perturber le statut des objets qu'ils désignent et confèrent au spectateur un rôle actif, celui de réinventer sans cesse les règles du jeu.
Cette exposition a bénéficié du soutien du Centre national des arts plastiques, Ministère de la culture et de la communication (aide à la première exposition).


16 mars - 26 mai 2007

SLEEPLESS

Avec ce nouveau projet, SLEEPLESS (en anglais : “les yeux grand ouverts”), la galerie consacre paradoxalement, pour la première fois depuis sa création, un projet entièrement dédié à des images fixes ou mouvantes.
SLEEPLESS instaure un climat d’ordre poétique, parfois d'ordre fictionnel en questionnant nos capacités d'adaptation, voire d’émerveillement face à un univers tel qu'il peut être ainsi entrevu. Partant de ces images de regards, de paysages, d’éléments naturels ou urbains, d'objets revisités se dessine une problématique de contrastes pouvant déboucher sur des interrogations à caractère métaphysique.
Un hommage implicite est rendu à Raoul Hausmann (1886-1971), figure importante de la modernité mais dont l’ampleur de l’œuvre reste encore trop discrète, particulièrement ses multiples pratiques autour du médium photographique.
L'ensemble d'œuvres d'Hausmann, datant des années 1930 et 50, entretient un dialogue subtil avec les travaux photo ou vidéo-graphiques d'artistes qui collaborent très régulièrement avec la galerie (Sylvie Antoine, Jean-Pierre Bertrand, Rémi Dall’Aglio, Dector-Dupuy, Pierre Gauthier) et d’autres spécialement invités pour l’occasion (Eric Hattan, Eléonore de Montesquiou, Eric Poitevin).


2 décembre 2006 - 3 mars 2007

Bernard Borgeaud, Arnaud Claass et Emmanuel Saulnier


Cette exposition tripartite s'est construite autour d'une réflexion menée à partir d'un extrait d'un texte du philosophe Jean-Marie Pontévia (La peinture, masque et miroir, 1984) : […] "dans le scintillement l'objet disparaît, masqué par son propre éclat.
Cette scission, à bien y regarder, a quelque chose de prodigieux : non pas que la lumière y soit infidèle à sa fonction, qui est de montrer, mais bien plutôt parce qu'elle y montre ce qu'en général elle ne montre pas, à savoir que la chose est seulement montrée.
Cette suspension de la visibilité que provoque l'éclat de la lumière pure (séparée) et son éblouissement révèle soudainement que tout ce qui peut être montré peut aussi être retiré. C'est en cela que tout scintillement préfigure la mort."
Les trois artistes se sont rencontrés à plusieurs reprises, depuis un an, pour concevoir ce projet.
Si Bernard Borgeaud a pratiqué pendant longtemps la photographie, son travail est désormais résolument d'ordre pictural : "J'élabore des actes que j'injecte dans l'espace de la durée ; ils forment un réseau qui se déploie, mettant ainsi en relation des zones, par delà la logique univoque de l'espace temps mesuré, par delà la logique causale du discours.
Ma surface de travail se tend entre le proche et le lointain ; je tente d'y faire advenir des éclats du passé visés depuis le présent, amalgamés dans le flux transparent de la matière. Ce flux, qui tend à établir de la présence, procède d'un nœud spatial dénué d'origine qui, dans un même mouvement, se contracte vers l'intérieur du corps et s'expanse au-delà des limites visibles."
Il présente, à l'occasion de cette exposition, quelques-unes de ses œuvres sur toile les plus récentes.
Arnaud Claass a retenu les photographies de la série Nuit optimale (2004-2005) qui enregistrent des sources de lumière urbaines, faisant osciller la mise au point entre un écho lointain de réalisme descriptif et un jeu d’indices colorés : "Que se passe-t-il lorsque les sources lumineuses, au lieu d'éclairer les objets qui se donnent ainsi aux yeux, deviennent elles-mêmes les objets d'un désir de la vue ?
Précisément : que se passe-t-il lorsque le photographe et sa machine deviennent eux-mêmes les sujets de la lumière-objet ?
Plus précisément : que se passe-t-il lorsque le photographe fait osciller la mise au point et précise l'imprécision, faisant de l'image l'arrière-plan flou d'un avant-plan net mais disparu ?
Et plus précisément encore : que se passe-t-il lorsque les images ne retiennent plus en elles qu'un lointain écho de description factuelle et commencent à trembler au seuil d'une abstraction tout aussi lointaine ?"
Enfin, Emmanuel Saulnier prend part à ce projet avec Vers, deux nouvelles sculptures en verre au caractère exceptionnel, produites pour le lieu : "Voici quatre lignes transparentes ou translucides. Elles sont soit tenues, pour l'image, soit suspendues dans les lieux d'exposition. Ces lignes de vue se croisent et croisent les directions qu'elles pointent. Ainsi proposent-elles fluidement un espace tout en le traversant.
Da façon virtuelle, leur image fait l'objet d'un montage où interviennent la main et une aiguille de verre. De façon réelle, elles se composent de quatre lances de verre effilé.
Longues environ de quatre mètres chacune, elles ont été soufflées et creusées sur tout leur parcours. Deux d'entre elles ont été encrées intérieurement.
En suspens, la position de leurs verticales et de leurs horizontales dessinent finement quatre lignes, directionnelles et lumineuses, qui croisent dans l'espace."
Un journal, dont le design graphique est dû à Sébastien Gschwind, accompagne l'exposition et la galerie propose également une œuvre photographique d'Emmanuel Saulnier, Vers, éditée à seulement 7 exemplaires.


21 septembre - 25 novembre 2006

Peter Rösel

Pour organiser le voyage de maison difficile 62 conversations étaient nécessaires

Régulièrement présenté par la galerie, le travail de Peter Rösel fait l'objet cette rentrée d'une quatrième exposition personnelle. Sous un titre plutôt d'apparence abstruse se cache une série d'œuvres récentes constituées par d'inattendues miniatures en bouteilles. Chacune d'elles est accompagnée d'un texte ayant trait aux mésaventures de différents navigateurs ou aventuriers, de 1357 à nos jours.
Ces textes ont été traduits par un ordinateur et leur forme rappelle le langage utilisé dans les manuels d'instructions d'appareils électriques bon marché : ils reflètent ainsi une sorte de naufrage linguistique.

Le voyage et ce sentiment d'étrangeté se trouvaient déjà au cœur d'un autre projet de l'artiste, celui de se rendre dans les déserts de Namibie pour y peindre des mirages. Le « Fata Morgana Painting Project » a connu, depuis les premières expéditions à la fin des années 1990, plusieurs stades et l'exposition nous offre la possibilité de découvrir une « boîte en valise » qui renferme une suite de peintures issues du FMPP. Avec ce dispositif, la pièce se déploie dans l'espace ; la valise est utilisée en tant que display pour permettre une exposition autonome et mobile au travers de laquelle on peut appréhender la manière dont l'histoire du projet a pris corps. Cependant, il ne s'agit pas seulement du résultat de ce travail pictural ; la présentation, dans une valise construite spécifiquement, accentue le sentiment sacralisé de la peinture de paysage, le renvoi au lointain et le dispositif retenu par l'artiste est aussi un clin d'œil aux débuts de l'art conceptuel et à l'un des plus radicaux représentants de la réalité, à savoir Marcel Duchamp.

Peter Rösel est né en 1966 à Rockenhausen (Allemagne). Il vit et travaille à Berlin. Son travail a figuré récemment dans des expositions à la Gagosian Gallery à Berlin, au Museum Kunst Palast à Düsseldorf, au Museum Morsbroich à Leverkusen, ainsi qu'au Tel Aviv Museum. Il participera l'an prochain à une exposition au Mori Museum à Tokyo.
Une monographie, consacrée au « Fata Morgana Painting Project » a été récemment publiée chez Kerber Verlag.


19 mai - 13 juillet 2006

Dector & Dupuy

Carottage

Régulièrement présenté par la galerie depuis 1999, le travail de Michel Dector Michel Dupuy fait l’objet cette année d’une seconde exposition personnelle.
La démarche de Dector-Dupuy procède, depuis les années 1980, d’un travail préalable de collecte au coeur des villes : ils arpentent les milieux urbains en quête de traces, d’indices de vie dont ils s’emparent.
Ils utilisent ces bribes comme matière première, conférant ainsi à leur travail une dimension politique.
Les rebuts (bouteilles de bières brisées, prospectus publicitaires, etc.) et les signes revendicatifs (slogans lisibles ou caviardés) qui prolifèrent dans nos espaces publics sont "traqués" par les deux artistes au cours de pérégrinations dans les villes où ils sont invités.
Ces collectes sont à l’origine d’un processus qui s’établit autour de la notion de déplacement. Leur intention est d’essayer d’articuler à un moment donné deux réalités, celle de l’espace public et celle du lieu d’exposition. Arrachée à son milieu d’origine, là où elle est visiblement indésirable, la trace est transposée dans un espace plus accueillant, où elle prend forme et sens, le lieu d’exposition.
Par le dérangement de ces signes, les deux artistes confèrent une visibilité et une importance à des moments qui relèvent du presque rien.
A l’occasion de cette nouvelle exposition à Nancy, Michel Dector Michel Dupuy investiront tout d’abord la seconde salle de la galerie pour y bomber, à la peinture noire, des slogans de toutes sortes préalablement collectés. Auparavant, des toiles blanches de différentes dimensions auront été accrochées. Par la suite, ces mêmes toiles seront déplacées pour faire l’objet d’un accrochage dans la salle voisine.
Recouvertes de fragments d’écritures, les toiles plus ou moins abstraites, découlent de l’action préalablement réalisée par les artistes ; la salle, dans laquelle ils ont œuvré en premier lieu, portera les stigmates de ce déplacement puisque les toiles prélevées apparaîtront comme des manques.
Bien que cette salle soit l’atelier de l’autre, celle-ci n’en demeurera pas moins une œuvre à part entière. Chaque salle est en quelque sorte travaillée par la mémoire de l’autre : elles sont indissociables, l’une ne peut exister sans l’autre.
La galerie représente ainsi un élément dynamique du processus de cette exposition, dans le cadre duquel
Dector-Dupuy redéfinissent la question du tableau par une mise en abîme, des murs de la ville aux murs de la galerie.

Michel Dector (*1951) Michel Dupuy (*1949) ont réalisé de nombreuses expositions tant en France qu’à l’étranger (Allemagne, Autriche, Canada, Hollande, Etats-Unis, Italie, Grèce...).
Leurs œuvres peuvent prendre des formes plastiques différentes : walldrawings, tableaux constitués de photocopies marouflées, vidéos, objets restaurés, etc. Chaque exposition ou presque donne lieu à un travail spécifique, souvent accompagné d’une édition.

A l’invitation du Centre Culturel Suisse à Paris, Dector-Dupuy proposent des visites guidées dans le Marais, les 21 et 28 mai, puis les 4, 11, 18 et 25 juin. Ces moments de déambulation mettent sur le même plan le patrimoine historique de la ville et les traces d’actions plus ou moins clandestines, des histoires invisibles, des conflits de la réalité : empêchements, caviardages, coincements, dépôts et bris, rayures et repeints…


3 février - 6 mai 2006

Marko Lehanka

Lumières, gros bidons - lever de rideau !

La galerie consacre, en ce début d’année, à Marko Lehanka (*1961, Herborn) une seconde exposition personnelle intra-muros après celle réalisée en 2000 et un one-man-show à la FIAC en 2001.
Si le travail de cet artiste allemand de renom international reste encore relativement méconnu dans l’Hexagone, il a pourtant fait l’objet de nombreuses expositions ces dernières années en Europe et aux Etats-Unis, notamment au Musée d’art Moderne de Francfort, au Sprengel Museum à Hanovre, au Kunstmuseum de Lucerne ou lors de la 49ème Biennale de Venise, où il fut invité par Harald Szeemann.
Tour à tour sculpteur, peintre, auteur de films et de textes, Lehanka est résolument un artiste protéiforme : sa démarche est imprégnée par l’utilisation imbriquée de différents moyens et matériaux dont il use toujours avec l’assurance de son objectif, au-delà des frontières des genres. Avec pragmatisme et sans pathos, il transforme et pousse à l’extrême les emblêmes de la «Gemütlichkeit» allemande, si bien qu’avec lui un feu de cheminée pourtant virtuel finit par dispenser de la chaleur et le clapotis d’une fontaine a vraiment sur nous un effet apaisant.
L’œuvre de Marko Lehanka n’est pas moins ambivalente que sa personnalité. Comme l’a écrit Szeemann, il “a un penchant autant pour les petits bonheurs de la vie — griller des saucisses en allant camper — que pour l’exploration des failles qui existent entre notre environnement et la manière que l’on a de le percevoir”.
Ses installations, qui se transforment souvent au gré des projets, sont de véritables mises en scène qui, sous des abords humoristiques, ne sont pas sans exacerber les contradictions et autres absurdités de la vie, du quotidien et du profane.
L’exposition proposée par la galerie est constituée d’œuvres récentes, voire improvisées in situ comme il aime à le faire (notamment avec l’œuvre intitulée “La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre“). Outre des travaux de la série des Axe-aim objects (des peintures et des sculptures qui sont devenues des cibles), deux films sont présentés : le premier est lié à la réalisation des Axe-aim et le second nous entraîne à Uckersdorf, un peu à la façon d’un cinéma de campagne. Que le rideau se lève !


14 octobre 2005 - 14 janvier 2006

Spirit of... DADA

Une exposition réunissant des travaux d'Arman, Olivier Blanckart & Arnaud Labelle-Rojoux, Jacques Charlier, Gérard Collin-Thiébaut, Jean Crotti, Wim Delvoye, Erik Dietman, Marcel Duchamp, Raymond Hains, Raoul Hausmann, John Heartfield, Fabrice Hyber, Alain Jacquet, Marko Lehanka, François Morellet, Gianni Motti, Francis Picabia, Man Ray, Mimmo Rotella, Franck Scurti, Sturtevant, Taroop & Glabel, Ben Vautier, Andy Warhol.
Depuis 2000, la galerie s’attache régulièrement à confronter, dans le cadre d’expositions thématiques, des œuvres contemporaines à des travaux liés aux différentes avant-gardes du XXème siècle.
La première de ces expositions, Le vert tendre de la cime des pins, fut contruite autour de Francis Picabia en 2001. Elle fut suivie en 2003 par Transition qui s’articulait autour du statut de l’œuvre, avec déjà pour point d'ancrage le dadaïsme. Sensible à la résonance de cette période dans son approche de l’art contemporain, la galerie réalise cet automne un nouveau projet intitulé Spirit of… DADA, simultanément à l’importante rétrospective qui se tient à Paris au Centre Georges Pompidou, la seconde consacrée à Dada après celle de 1966.
Spirit of… DADA doit son titre à celui d’un texte qui figure dans le livre qu’Hervé Bize vient d'écrire, DADA, pour l'anéantissement de l'ancienne beauté & Co, lequel paraît aux Editions Cercle d’Art.
Cette exposition n’ambitionne aucun caractère rétrospectif ; résolument protéiforme, sans hiérarchie ni chronologie, les œuvres réunies (peintures, dessins, photographies, vidéos, installations, livres) tendent à la mouvance, aux hasards de l’invention et de l’humour, ou plutôt UMORE pour reprendre la formule de Jacques Vaché.
Dada a en effet ouvert les portes d’un imaginaire hybride et poétique, foisonnant d’inventions plastiques et rejetant un art estampillé Art. Cet esprit libertaire, contestataire et engagé, festif et décapant, n’a pas disparu du champ de l’art.
Il s’est renouvelé et prolongé à partir de la fin des années 1950, au gré de nouveaux groupes et de personnalités. L'exposition regroupe donc des travaux d'artistes appartenant à différentes générations, de Raymond Hains ou François Morellet à Olivier Blanckart, Franck Scurti et Taroop & Glabel.
Tous les objets présentés dans cette exposition se greffent les uns aux autres ; ils nous engagent à nous interroger sur ce que représente l’art, — considéré avant tout, dans un sens nietzschéen, comme une activité permettant d’éviter l’ennui — aux antipodes de l’esprit de système, des dogmes qui régissent et conduisent souvent à des œuvres closes.
Spirit of… Dada s’ouvre sur le célèbre papillon de Tristan Tzara : "DADA ne signifie RIEN, si l’on trouve futile et l’on ne perd son temps pour un mot qui ne signifie rien…”


5-30 juillet et 2-17 septembre 2005

Accrochage

Une exposition réunissant des travaux de Bruno Carbonnet, Peter Rösel, Emmanuel Saulnier, Bernard Borgeaud, Etienne Bossut, Eric Poitevin, François Morellet


14 avril - 24 juin 2005

Jean-Claude Loubières

Jean-Claude Loubières, Conversation

La galerie renoue d'une certaine façon ce printemps avec un principe d’expositions "bicéphales", initiées en 1992 et baptisées Conversation.
Deux artistes sont invités simultanément à envisager un projet pour la galerie.
Après des “duos” tels que Bernard Borgeaud/Emmanuel Saulnier (1992), Gottfried Honegger/François Morellet (1994), la galerie réunit, du 14 avril au 25 juin, deux autres artistes avec lesquels elle collabore depuis sa création : Jean-Claude Loubières (*1947) et Rémi Dall’Aglio (*1958).
Leurs démarches respectives ne sont pas sans présenter quelques affinités : les deux artistes tentent en effet d'insuffler un peu de vie dans leurs objets et Jean-Claude Loubières évoque le pneuma à propos de ses sculptures.
Pas de démiurgie chez l’un ou l’autre, ils organisent tous deux un système de formes et de matériaux qui existent de façon autonome.
FABRICS désigne une série de volumes présentés par Loubières. Réalisés en tissu de couleur plastifié ou en film polyane translucide (le mot anglais fabric signifie aussi le tissu), ce sont des semblants d’architectures qui empruntent leur aspect aux bâtiments industriels, aux édifices cultuels sans précision de leur origine et parfois aux figurations d’édifices peintes par Giotto (fresques de la chapelle des Scrovegni).
Ces volumes n’ont pas de formes fixes : pour les installer dans l’espace et leur donner une forme qui leur permettra d’être en équilibre, il faut leur transmettre une certaine quantité d’air à l’aide d’un gonfleur.
L’aspect ludique de ces pièces ne doit pas faire oublier que cherchent à se nouer ici la fragilité des formes et une évidente mise en péril des équilibres temporaires.
Jean-Claude Loubières a exposé en 1997 au CREDAC, Centre d’art d’Ivry-sur-Seine, en 2000 à la Galerie Duchamp à Yvetot, en 2002 à Châteauroux (Ocre d’art/Ecole d’art) ; son travail sera prochainement présenté par le Musée Denys Puech à Rodez, ainsi que par le Centre d’art contemporain de Cajarc en 2007.
Il est également l’auteur de nombreux livres d’artistes, dont une sélection sera présentée dans l’exposition.


14 avril - 24 juin 2005

Rémi Dall'Aglio

Rémi Dall'Aglio, Conversation

Simultanément et en écho à la présentation des volumes de Jean-Claude Loubières, le spectateur est amené, dans la seconde salle de la galerie, à découvrir un ensemble d'œuvres récentes de Rémi Dall'Aglio, marquées par leur blancheur immaculée et le dispositif sonore qui accompagne deux d'entre elles.
Si les références scientifiques abondent dans le travail de Dall’Aglio, c'est pour répondre, de façon partielle bien entendu, à un besoin de réalité.
Ce dernier déclare : “Notre connaissance actuelle de la matière, des particules élémentaires qui la composent, de l’équivalence matière-énergie, temps-espace, sont pour moi des champs ouverts où je peux respirer.
Le référentiel historique comme les effets de mode, ont leur intérêt, soit. Mais à haute dose on s'y ennuie à mourir.”
Rémi Dall’Aglio a exposé en 2004 à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Genève ; en 1999-2000 à Fribourg (FRI-ART Centre d’art contemporain), ainsi qu’à Genève (Mire).


17 décembre 2004 - 26 février 2005 (prolongée jusqu'au 12 mars)

Jean Hélion

Jean Hélion, Le réel et le songe

La galerie opère en cette fin d’année une pause dans sa programmation exclusivement consacrée au suivi d’artistes contemporains, avec une exposition dédiée à Jean Hélion (1904-1987).
En effet, Hervé Bize s’intéresse à son œuvre depuis presque vingt ans. Peu avant d’ouvrir sa galerie, il fut en 1987 l’auteur d’un des derniers textes parus du vivant d’Hélion.
Il a repris l’an dernier ce travail d’écriture pour réaliser, avec le concours de la famille de l’artiste, une monographie, Jean Hélion, Inventer le monde tel qu’il est réellement, qui vient de paraître aux Editions Cercle d’Art (collection Découvrons l’art).
Avec Hélion subsiste un étonnant paradoxe : celui d’un peintre, dont bon nombre de spécialistes s’accordent à reconnaître un rôle éminent dans l’art du XXème siècle (il appartient comme Giacometti à la génération qui suit Picasso, Matisse et Léger) mais qui demeure par trop méconnu du grand public.
Lui ferait-on toujours le “procès” de ses ruptures de style, particulièrement celle qui l’avait poussé dès 1935 à humaniser ses abstractions — il fut avec Mondrian l’une des figures dominantes de l’art abstrait — et à abandonner progressivement, sans pour autant la renier, la non-figuration alors que celle-ci envahissait, dès la fin des années 1940, la scène artistique.
Hélion s'est ensuite attaché à réinventer une peinture de l’immédiat, du quotidien, dont on pourrait trouver l’équivalent dans les écrits de Raymond Queneau et Francis Ponge, deux de ses amis qui comptèrent parmi ses défenseurs. Alberto Giacometti confiera un jour à Francis Ponge : “Fasciné par les productions de ce peintre, je ne peux qu’à grand peine en détacher mon regard.”
Pour cette exposition qui se tient simultanément à la rétrospective que présente, également pour marquer le centenaire de la naissance de l’artiste, le Musée National d’Art Moderne/Centre Pompidou à Paris (du 8 décembre au 7 mars), la galerie a rassemblé un exceptionnel ensemble d’œuvres sur papier inédites, principalement centrées sur la dernière période de l’artiste (1974-1983), au cours de laquelle Hélion poursuit et revisite, dans une facture étonnante, un peu à l’instar de celle des derniers Picasso, tous ses grands thèmes.

Les œuvres de Jean Hélion sont conservées dans de nombreux musées, tant en France qu’à l’étranger : Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou (Paris), Musée d’Art Moderne (Saint-Etienne), Musée des Beaux-Arts (Nantes), Musée des Beaux-Arts (Grenoble), Musée Cantini (Marseille), Musée d’Art Moderne et Contemporain (Strasbourg), Kunsthalle (Hamburg), Städtische Galerie im Lenbachhaus (Munich), Tate Gallery (Londres), The Peggy Guggenheim Collection (Venise), IVAM (Valencia), Musée National d’Art et d’Histoire (Luxembourg), Guggenheim Museum (New York), Metropolitan Museum of Art (New York), Museum of Modern Art (New York), Museum of Art (Philadelphie), Art Institute (Chicago)…


21 octobre - 11 décembre 2004

MORE TO SEE

Une exposition réunissant des travaux de Olivier Blanckart, Philippe Cazal, Jacques Charlier, Claude Closky, Gérard Collin-Thiébaut, Bertrand Lavier, Didier Marcel, François Morellet, Taroop & Glabel, Andy Warhol
On a coutume de dire que le hasard fait bien les choses. Cette exposition est constituée par des œuvres ayant des sources (leur arrivée au sein de la galerie) et des destinations différentes.
L'exposition, "le ministère des coïncidences" (Marcel Duchamp), est un acte créatif et perceptif, un champ où le hasard intervient (par le choix et la combinatoire).
Pas de thématique avouée, revendiquée, juste le plaisir de réunir des œuvres, de les associer un temps donné.
Dans la dynamique instaurée, elles conservent toutes néanmoins, et c'est ce qui fait la toute puissance d'une œuvre, leur entière potentialité.
Vecteurs de jeux sur la forme, sur le langage, nan sans humour, "l'humour est la révolte supérieure de l'esprit" (André Breton), ces travaux jouent sur tous les différents niveaux de lecture "pour amener le regardeur à prendre des risques, à faire ses propres cascades de références historiques, en schémas chronologiques, grâce à son échelle du temps si elle est suffisamment grande et solide, et le débarrasser de ses casseroles psychologiques" (Gérard Collin-Thiébaut).
A proximité des pièces présentées, l'exposition livre au spectateur quelques réflexions dont les auteurs ne sont autres que les artistes représentés dans ce projet.


4 juin - 17 juillet 2004 (prolongation septembre)

Intimes convictions

Une exposition réunissant des travaux de Bernard Borgeaud, Delia Brown, Bruno Carbonnet, Daniel Dezeuze, Philippe Favier, Marko Lehanka, Eléonore de Montesquiou.
Si l’on se penche régulièrement au chevet de la peinture pour savoir si elle est moribonde ou en pleine rémission, le dessin semble n’avoir jamais été délaissé, même par les artistes les plus avant-gardistes.
Le visiteur assidu de la galerie n’aura d’ailleurs pas manqué de remarquer que le dessin a fait l’objet l’an passé de deux expositions monographiques consacrées à Daniel Dezeuze et Etienne Bossut.
Cette exposition, dont le titre Intimes convictions appelle plusieurs niveaux de lecture, révèle des approches graphiques variées, “élues” parmi la diversité des préoccupations plastiques que l'on peut rencontrer aujourd'hui.
Ce questionnement sur le statut du dessin fait écho à l’exposition Transition présentée par la galerie il y a quelques mois, laquelle interrogeait le statut de l’œuvre d'art par le biais de productions éclectiques, où dominait les imprimés, de Dada à aujourd’hui.
Qu’ils s’agissent de travaux préparatoires, études visant à mettre en place un ou plusieurs éléments d’une œuvre en conception ou a contrario d’œuvres complètement autonomes, uniques ou à caractère sériel, parfois réalisées avec le concours des plus récentes technologies, l’exposition Intimes convictions avance autant de possibles positionnements liés aux concepts développés par chacun des artistes représentés.
De façon quelque peu anachronique et surprenante, c'est par la présentation d’un dessin… d’Eugène Delacroix de 1831 que s'ouvre l'exposition.


19 mars - 7 mai 2004

Philippe Cazal

Projection

S’il ne s’agit que de la deuxième exposition monographique de Philippe Cazal à la galerie, sa démarche y est régulièrement présentée depuis dix ans au travers de participations à des expositions thématiques.

L’exposition présentée ce printemps à Nancy est l’occasion de réaliser un projet spécifique qui éclaire tout particulièrement le processus selon lequel l’artiste envisage son travail aujourd’hui.
Tirant parti des outils infographiques dont tout un chacun peut désormais a priori disposer, Philippe Cazal a conçu cette exposition comme une partition d’éléments qui peuvent, selon la volonté de l’artiste et du commanditaire — et en tenant étroitement compte de la configuration des lieux — être activés. Ainsi, traversant de part en en part la galerie selon un axe longitudinal de près de 15 mètres, une ligne de dessins, sorte d’épures en noir et blanc, (2004, tirages photographiques lambda sous diasec, 30 x 42 x 0,5 cm chacun) ouvre le champ des possibles. Alentour, quelques-unes de ces Projections sont matérialisées : sur les vitrines de la galerie par le biais d’adhésifs, mais également sur les murs transversaux, avec deux peintures murales de grandes dimensions.
Pour renforcer encore le concept de ce projet, l’édition d’une œuvre originale à 8 exemplaires, INUTILE ET NECESSAIRE OBJET, également issue d’un des dessins présentés, sera prochainement réalisée.

Simutanément se déroule à Paris, Galerie Darthea Speyer, une exposition de Philippe Cazal (sur une invitation de Daniel Bosser), du 12 mars au 17 avril.

Philippe Cazal est né à La Redorte en 1948. Il vit et travaille à Paris.
Il est l’un des tout premiers artistes français à avoir utilisé, dès le début des années 1970, les codes visuels de la communication et du marketing. Les mots jouent ainsi un rôle déterminant dans sa démarche : logotype (celui qui signe son travail depuis 1985), slogans (par exemple ceux de mai 1968) ou bien encore mots d’ordre ou mots puisés dans les quotidiens (Les Litanies) qui peuvent investir toutes sortes de supports.


21 novembre 2003 - 28 février 2004

TRANSITION

TRANSITION
est le titre d’une célèbre revue new-yorkaise. La couverture originale du n°26 de cette revue, parue en 1937, est due à Marcel Duchamp : elle figure l’un de ses plus fameux ready-made, Le Peigne.
TRANSITION
réunit des œuvres et des éditions rares de Francis Alÿs, Olivier Blanckart, Chris Burden, Daniel Buren, Dector-Dupuy, Marcel Duchamp, Hans-Peter Feldmann, Pierre Gauthier, Raymond Hains & Jacques Villeglé, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières, René Magritte, Cildo Meireles, Francis Picabia, Ernest T., Jean Tinguely, Ben Vautier, Andy Warhol.
TRANSITION
est un projet dans l’esprit de l’exposition Le Vert tendre de la cime des pins, que la galerie présenta il y a tout juste deux ans : quinze artistes contemporains y dialoguaient avec Francis Picabia, représenté par un ensemble exceptionnel de dessins et de livres originaux.
Aujourd’hui, il s’agit d’éprouver le statut de l’œuvre d’art par le biais de productions très variées, appartenant à des contextes historiques différents, et d’expérimenter les destinations de ces objets.
TRANSITION
associe, de manière trans-générationnelle, des artistes qui ont marqué l’art au XXème siècle et des contributions contemporaines.
Ne pas couper l’actualité de ses sources, essayer de couvrir ainsi un champ plus large et provoquer des rapprochements et des “téléscopages” inédits. Montrer que les artistes investissent des territoires élargis dès le début du XXème siècle par le biais de livres, de revues, de tracts, d’affiches, de poèmes, de photographies ; autant de productions longtemps considérées comme mineures, et auxquels ils ont pourtant conféré autant d’attention que pour des œuvres plus démonstratives et conventionnelles.
Des jeux de langage, des questionnements sur le réel abondent, la notion d’œuvre s’en trouve bouleversée et considérablement “augmentée” afin de solliciter différemment la rencontre avec le spectateur et le collectionneur.


26 septembre - 15 novembre 2003

Etienne Bossut

Petits dessins

La galerie présente cet automne une exposition d’œuvres sur papier d’Etienne Bossut.
Il s'agit de la seconde exposition monographique d'Etienne Bossut à la galerie (la première eut lieu au printemps 2001).
Ainsi que son titre l'indique, elle est consacrée à ces "petits dessins" que l'artiste réalise, anticipant ou accompagnant la réalisation de ces fameuses sculptures en polyester.
Ce projet fait écho à la publication prochaine d'une monographie sous la forme d'un catalogue dessiné d'Etienne Bossut (Editions Mamco) ; celui-ci répertoriera les œuvres réalisées ou projetées à ce jour par l’artiste.
Le format et les moyens utilisés par Etienne Bossut pour ces dessins n’a guère varié depuis le début des années 1980 : papier de format standard A4, crayons de couleur, encre sont les seuls outils convoqués pour mettre en place, en situation l’objet ou l’installation prémédités.
Rarement présentés, ces dessins montrent, à l’instar des sculptures (au fil des années, Etienne Bossut réemploie des moules parfois anciens), que la chronologie n’est guère déterminante chez lui ; ces œuvres sur papier n’en ont pas moins leur “horlogerie”, liées qu’elles sont aux objets qu’elles représentent ou aux dispositifs expositionnels qu’elles suggèrent.
Cette exposition fait suite à l’important projet monographique intitulé Un peu d’incertitude qui s'est déroulé au Frac Alsace à Sélestat du 21 mai au 31 août.
L'exposition est interrompue du 8 au 13 octobre pour la FIAC à Paris, à laquelle la galerie prend part.
Une nouvelle sculpture d'Etienne Bossut, L'eau du jardin y sera présentée.


Paris, 8 - 13 octobre 2003

FIAC 2003

Stand D1, exposition de groupe (œuvres de François Morellet, Bernard Borgeaud, Claude Viallat, Etienne Bossut, Bruno Carbonnet, Jean-François Lacalmontie, Bertrand Lavier, Olivier Blanckart, Peter Rösel, Dector-Dupuy, Ernest T., …)


13 mai - 15 juillet 2003
Le Garage, Nancy (sur une proposition d'Hervé Bize)

Jean-Pierre Bertrand

Le diable, évidemment… (installations vidéos)

Tout en étant marqué par un indéniable caractère protéiforme, l'œuvre de Jean-Pierre Bertrand apparaît extrêmement serrée, ancrée dans le sensible et fait appel à une forme originale de la pensée.
Le film et la vidéo sont des médiums qui traversent toute sa démarche, des travaux des années 70 — tels que Playing dices ou Face que l'on a pu voir récemment lors d'une soirée au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg — jusqu'au récent Passing through qui est projeté au Garage.

Chacune des trois vidéos, Time removing (2003), Passing through (2002) et Darwin (2000), est projetée durant trois semaines, directement dans l'espace du Garage, simultanément en trois points différents.


10 avril - 14 juin 2003 (prolongée jusqu’au 19 juillet)

François Morellet

Morellet (encore ?)

La galerie présente, du 10 avril au 14 juin 2003, sous un intitulé pour le moins ironique, une exposition d’œuvres récentes de François Morellet.
En effet, ce projet se déroule simultanément à l’exposition, Quelques courbes en hommage à Lamour (œuvres de 1946 à aujourd’hui), organisée par le Musée des beaux-arts de Nancy en partenariat avec la galerie, du 10 avril au 9 juin.
Le titre de cette rétrospective reprend celui d’une œuvre acquise par le musée, Hommage à Lamour (Jean Lamour, le ferronnier auteur des grilles de la place Stanislas), spécialement conçue pour une façade du musée donnant sur le jardin, qui sera montrée pour la première fois.
L’exposition proposée par la galerie regroupera, à l’inverse du musée dont la rétropsective est uniquement concentrée sur la courbe, quelques-unes des toutes dernières œuvres de l’artiste, composées de segments de droites.
Il s’agit de sculptures et de pièces murales, avec lesquelles François Morellet poursuit ses “digressions” à partir des décimales du nombre π.
Né en 1926, François Morellet est l’un des artistes contemporains français les plus importants.
Depuis 1970, il alterne les expositions, qui lui sont consacrées, avec des réalisations intégrées à l’architecture ou à des sites naturels.
Il choisit, dès 1952, de s’appuyer sur un vocabulaire géométrique simple afin de réaliser des peintures en aplats, exécutées d’après un système prédéterminé. Ce vocabulaire, suffisamment large pour offrir une souplesse d’utilisation et d’adaptation à toutes les situations possibles d’intégration à un lieu, continue de générer son œuvre.
Si durant les années cinquante, il a porté toute son attention sur la peinture, il a, à partir de 1960 au sein du G.R.A.V. (Groupe de Recherche d’Art Visuel), pris largement en compte la notion d’espace et investi de nouveaux matériaux, en particulier le néon, qu’il est l’un des premiers à avoir utilisé.
Son travail est régulièrement montré par la galerie depuis sa création en 1989. Il a notamment donné lieu à des projets monographiques en 1990, 1993 (expositions simultanées au Musée du Sel à Marsal et à la Synagogue de Delme), 1994 (Conversation avec Gottfried Honegger) et 1997 (œuvres des années 50, confrontées à des pièces de mobilier de Jean Prouvé).
Signalons qu’une autre exposition importante, Quelques systèmes en hommage à Herbin, se déroule au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis, du 17 mai au 7 septembre.
La galerie édite à l'occasion de ce nouveau projet une gravure originale de François Morellet, Hommage à Lamour (eau-forte tirée à 60 exemplaires, signés et numérotés).
Un catalogue publié par la RMN (collection ReConnaître) accompagne la rétrospective du Musée des beaux-arts de Nancy.


17 janvier - 29 mars 2003

Daniel Dezeuze

Vade-mecum II : Le Salon noir et quelques Grotesques


Si le travail de Daniel Dezeuze a déjà été montré à plusieurs reprises par la galerie ces dernières années dans le cadre d’expositions thématiques, il n’avait pas encore donné lieu à un projet monographique.
C'est chose faite en ce début d’année 2003 puisque la galerie présente, du 17 janvier au 29 mars, une remarquable exposition constituée par une soixantaine de dessins inédits.
Cette exposition est organisée simultanément à un autre volet du même projet, Vade-mecum I : Des grotesques qui se déroule du 15 janvier au 30 mars au Centre d’art d’Ivry-sur-Seine (Galerie Fernand Léger).
Une publication est d’ailleurs coéditée par la galerie, le centre d’art et Lithos - art contemporain (Saint-Restitut) qui reprendra au printemps Vade-mecum I.
Ces deux rendez-vous peuvent être considérés comme un événement puisque le travail graphique de Daniel Dezeuze n’a pas fait l’objet d’une présentation aussi conséquente depuis l'exposition du Centre Georges Pompidou (Cabinet d’art graphique du Musée national d'art moderne) en 1993.

Tout à la fois acte et œuvre fondatrice : le châssis de bois que présente Daniel Dezeuze en 1967 tel quel, simplement apposé contre un mur. Cette volonté de démystifier la peinture, et de s’interroger sur sa place dans la société, il la développe au sein du groupe Supports-Surfaces, dont il est l’un des fondateurs en 1970.
Le concept du châssis lui inspire alors ses premières Echelles, Triangulations et autres Colombages. Ces œuvres ont en commun de structurer le vide et d’influer sur la perception même de l’espace qui les reçoit. Les Gazes et Tarlatanes (dès 1973) poursuivent cette logique mais dotent le travail d’une dimension plus picturale.
Cette dimension picturale est également présente dans ses travaux des années 90 qui renouent, par l’utilisation du treillis, avec des œuvres de ses débuts : les étonnants Extensibles (d’ailleurs montrés à Nancy dans deux expositions collectives en 1999 et 2002), où il nous donne à voir le revers des peintures.
Mais le dessin reste le ciment de sa démarche. “Le dessin est nécessaire”, écrit l’artiste. “Aucune autre activité ne peut le remplacer”. Après Guerres et forteresses dans les années 80, Dezeuze s’est tourné vers la nature pour réaliser un de ses ensembles de dessins les plus connus, La Vie amoureuse des plantes.
Les œuvres graphiques les plus récentes s’inspirent des Grotesques, que l’on trouve dans la peinture italienne du XVIème siècle, ces figures imaginaires et décoratives qui sont un pied de nez à la tradition savante de la perspective picturale.
Les feuilles présentées dans les expositions de Nancy et d’Ivry, pour la plupart entièrement inédites, fourmillent de formes organiques, achevées ou en gestation, plus ou moins énigmatiques, comme en suspension dans l’espace.
Uniquement exposé à Nancy, Le Salon noir (des dessins à fond noir dits “hérétiques”) est d’une autre veine. Cette série, qui touche au sacré, aux hérésies, au gnosticisme, quitte le monde des Grotesques pour celui des religions persécutées, donc déformées (même dans leur expression graphique). “Il y a quelque chose là, d’une fiction”, selon Dezeuze.
Cet ensemble, plus grave, se relie néanmoins au groupe des Grotesques car il s’agit également pour l’artiste, “d’aller soutirer dans les marges des religions ou de l’art des réalités toujours déformées par les courants dominants de leurs époques respectives”.


14 novembre 2002 - 14 janvier 2003

Jean-Pierre Bertrand

Jean-Pierre Bertrand, œuvres récentes

Après une exposition à la Synagogue de Delme en 1995 et sa participation la même année à l’exposition France 1960-1995 à la galerie, le travail de Jean-Pierre Bertrand fait l’objet, du 14 novembre au 14 janvier, d’une première exposition monographique à Nancy.
Jean-Pierre Bertrand a exposé en 1999 à la 48ème Biennale de Venise (Pavillon français). Sa démarche a également fait l’objet d’expositions au Centre Pompidou à Paris en 1985, ainsi qu’à la Documenta de Kassel en 1992.
Elle s'articule, depuis le début des années 70, à partir de différents médiums tels que le film et la vidéo, la photographie, la peinture, le dessin mais aussi par des œuvres en trois dimensions.
Jean-Pierre Bertrand aime organiser des lieux : chacune de ses expositions procède d’une réflexion sur l’espace, et les espaces (les chiffres dont il aiment jouer président aux dispositifs retenus), invite à une sorte de théâtre réflexif, qu’il nous livre souvent au travers d’un accrochage rigoureux.
Cette exposition n’y déroge pas. Jean-Pierre Bertrand présente à Nancy un ensemble d’œuvres récentes, ainsi que des propositions inédites. Dans chacune des deux salles, plusieurs peintures plasmiques, dont la couleur rappelle l’acidité du citron (un élément récurrent dans l’œuvre de l’artiste) sont répartis spatialement : la première, face à l’entrée de la galerie, vient s’inscrire sur le mur entièrement recouvert de fresques Art nouveau.
Deux Volumes syntagmatiques, l’un dans une vitrine, l’autre au mur ainsi qu’une autre pièce murale de grandes dimensions, tous trois de couleur rouge, semblent imposer leur force d’évidence.
Dans l’autre salle, deux autres peintures plasmiques sont associés à cinq phrases inscrites à même le mur, de surprenants néologismes (par exemple “surfacier les limites”, “syntagmer le verbe”, “cadrer en blinde”…) qui traduisent en quelque sorte le processus de réalisation des œuvres.
En regard, si le spectateur élève son champ de vision, il découvre également une figure peinte à même le plafond construite à partir d’angles droits au niveau du décrochement des murs qui séparent les deux salles de la galerie.
Le travail de Jean-Pierre Bertrand est à la fois d’ordre physique (la matérialité de ses objets) et mental (la transparence, la surface considérée comme un concept, toucher avec la vue, …) ; il n’a de cesse de s’interroger sur le “corps de l’art” en mettant en scène une forme d’anthropomorphisme, où la nature de l’homme est questionnée dans une temporalité tout à la fois réelle et fictionnelle.

Jean-Pierre Bertrand est né en 1937. Il vit et travaille à Paris.
Expositions personnelles récentes (sélection) : Carré d’art/Musée d’art contemporain, Nîmes (1996) ; Musée d’art contemporain Luigi Pecci, Prato (1998) ; 48ème Biennale de Venise (Pavillon Français), Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris (1999) ; Centre d’art contemporain, Cajarc (2001).
Etrog en 54, une œuvre de 1999, acquise cette année par le Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou à Paris, est actuellement présentée dans le nouvel accrochage des collections contemporaines du musée.
Une soirée, consacrée aux films et vidéos de Jean-Pierre Bertrand, aura lieu au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg le 28 janvier 2003 à 20h.


21 mai - 20 juillet / 3 - 21 septembre 2002

Circonstances (ou comment certaines œuvres…)

Dector-Dupuy, Pierre Gauthier, Eléonore de Montesquiou, Gérard Collin-Thiébaut, Bertrand Lavier, Taroop & Glabel, Philippe Cazal, Marko Lehanka
Connivences
Daniel Dezeuze, Emmanuel Saulnier, Rémi Dall’Aglio, Bernard Borgeaud, Jean-Claude Loubières, Etienne Bossut, Claude Viallat
Ce projet est, selon l’expression consacrée, une exposition de groupe qui réunit les œuvres d’une dizaine d’artistes français et étrangers sous la forme de trois rendez-vous distincts mais simultanés, que nous souhaitons stimulants pour le regard et la pensée du spectateur.
Le mur de Taroop & Glabel, un élément de la précédente exposition, perdure et reçoit un nouvel accrochage. Dans la même salle, la sectionOu comment certaines œuvres… (travaux d'Eléonore de Montesquiou, Bertrand Lavier, Pierre Gauthier, Philippe Cazal, Dector-Dupuy, Marko Lehanka, Gérard Collin-Thiébaut) est constituée par des travaux qui, pour la plupart, utilisent le langage.
Ils sont placés sous le signe du quotidien (signes et éléments collectés et/ou détournés), du champ social. Dans l’autre salle de la galerie, Connivences (des œuvres d'Etienne Bossut, Claude Viallat, Daniel Dezeuze, Bernard Borgeaud, Emmanuel Saulnier, Rémi Dall’Aglio, Jean-Claude Loubières) s’établit également sur une proximité temporelle mais davantage sur des affinités esthétiques.
CIRCONSTANCES rappelle au besoin le caractère protéiforme de l’art d’aujourd’hui puisque la plupart des médiums s’y trouvent convoqués (peinture, sculpture, dessin, vidéo, photographie).


1er mars - 4 mai 2002

Taroop & Glabel

Dieu & Cie

Œuvrer dans l’inframince, changer juste un mot, une virgule, un cheveu pour faire basculer les choses, le travail de Taroop & Glabel est un peu de cet ordre.
Taroop & Glabel est originellement le nom d’un groupe éclaté entre Bruxelles, Genève et Paris ; leurs travaux se présentent la plupart du temps sous la forme de panneaux impeccablement réalisés avec de l’adhésif plastique découpé en textes ou en dessins.
D’autres pièces figurent en quelque sorte des ex-voto où des inscriptions sont quelque peu dérangées par des revolvers, crucifix, fleurs artificielles, etc., le tout “artistiquement collé”.
L’inventaire ne s’arrête pas là puisque sont également au rendez-vous des papiers peints, tentures, carrelages, toiles de camouflage, construits à partir de formes imbriquées, apparemment innocentes, mais qui se révèlent souvent être de près “d’inquiétants” motifs suggérant la mort.
Le Madonna Wallpaper, édité en véritable papier peint pour cette exposition et celle qui se déroule quasi simultanément au Frac Bourgogne à Dijon (25 janvier - 24 mars), ne l’est en revanche absolument pas…
Projeté pour Jean-Paul Gaultier au début des années 90, celui-ci avait déjà été montré à Nancy dans une première version (sérigraphiée) en 1999, à l'occasion de l'exposition Nouvelles perspectives.
Cette édition est uniquement disponible auprès de la galerie.


7 décembre 2001 - 23 février 2002

Peter Rösel

The Fata Morgana Painting Project

Si l'on connaît désormais ses plantes, étonnantes sculptures cousues à partir d'uniformes de policiers allemands, depuis quatre ans, Peter Rösel se rend régulièrement dans les déserts de Namibie pour les besoins d'un projet inattendu : peindre des mirages.
Si dans ses travaux antérieurs, il avait souvent utilisé des images trouvées, il a cette fois souhaité procéder différemment en se rendant en Afrique.
A l'heure où la réalité virtuelle a investi bien des champs de la création, le postulat de Peter Rösel s'avère pour le moins pertinent. En effet, le choix du médium pictural, s'il peut apparaître paradoxal actuellement en regard de l'inflation de la photographie et de la vidéo, s'est imposé à Rösel car il lui permettait de construire entièrement et consciemment l'image.

Après avoir essayé de capturer le paysage le plus précisément possible, sur le motif, pour reprendre une expression propre aux peintres paysagistes du XIXème siècle, Rösel a finalement décidé, devant les contraintes du terrain, de travailler dans son atelier berlinois avec les esquisses réalisées sur place, et de pouvoir ainsi poser un nouveau regard sur l'ensemble du travail engagé.
"Avec le recul, j'ai ressenti le besoin d'introduire des éléments très familiers dans les peintures, pour rendre celles-ci plus accessibles. C'est ainsi que j'ai ajouté des figures humaines ou des voitures qui correspondent à ce que j'ai vu sur place. Je pense que ce n'est pas du tout nécessaire de créer une peinture authentique, qui reproduit exactement ce que tu vois à un moment précis. Avec mon expérience intense du terrain, la distance aide à créer des images, car la mise en scène, si je puis dire ainsi, est un processus complètement différent, et le résultat doit être authentique."

Un ensemble de huit peintures, dont certaines de grandes dimensions, constitue l'exposition proposée par la galerie du 7 décembre au 23 février.

Peter Rösel est invité par l’Ecole nationale supérieure d’art de Nancy pour un workshop du 21 au 25 janvier 2002.
Celui-ci donnera également lieu à la présentation de deux sculptures de 1998 dans le péristyle.


14 septembre - 24 novembre 2001

Le vert tendre de la cime des pins

Une exposition autour de Francis Picabia, avec des œuvres de Francis Picabia, Marcel Duchamp, Jean Arp, François Morellet, Bertrand Lavier, Gérard Collin-Thiébaut, Ben Vautier, Jacques Charlier, Ernest T., Didier Marcel, Wim Delvoye, Taroop & Glabel, Olivier Blanckart, Bruno Carbonnet, Bruno Perramant, Fabrice Hybert, Rémi Dall’Aglio
Si la galerie s’attache, depuis sa création il y a treize ans, à travailler dans l’actualité, elle s’est autorisée néanmoins, à quelques reprises, dans sa programmation des entorses parfois "déguisées" (Arman, Ben, Warhol, œuvres des années 70 en 1990, La Bataille de Nancy en 1995, 8 tableaux du Douanier Rousseau de la Collection Ernest T. en 1996, Morellet/Prouvé, peintures et mobilier des années 50 en 1997).
Du 14 septembre au 24 novembre, la galerie présente une exposition intitulée Le vert tendre de la cime des pins, qui s’articule autour de la personnalité de Francis Picabia (1879-1953). Sont réunies pour l'occasion des œuvres sur papier inédites des années 1920 à 1940, les travaux de cette dernière période, longtemps méprisée par la critique, sont désormais considérés à leur juste valeur après les importantes expositions qui se sont déroulées ces dix dernières années (Grenoble, Nice, Rotterdam, Hambourg, Lisbonne).
Un précieux ensemble d'imprimés, éditions rares originales ou en fac-similés couvrant la période 1913-1953 est également visible dans l'exposition. Ceux-ci en constituent un des temps forts — Picabia ayant beaucoup écrit et pas seulement pendant la période dadaïste. Depuis Picabia — et Duchamp, lequel sera également représenté dans l’exposition —, l’œuvre résulte d’un principe d’autorité qui a ouvert la voie à la transgression des styles, devenue aujourd’hui une pratique “courante”, même si le public tend toujours à vouloir identifier, une bonne fois pour toutes, l’individu artiste par un type d’objets ou une seule manière de procéder.
Mais le principe de cette exposition consiste à activer cet ensemble historique en le confrontant à des travaux d’une dizaine d’artistes français et étrangers contemporains, appartenant à différentes générations, de François Morellet à Bruno Perramant. Ainsi, un dialogue fructueux est appelé durant deux mois à se nouer entre ce fonds Picabia et les œuvres contemporaines, spécialement choisies voire réalisées pour cette exposition.
Une conférence de Carole Boulbès, Picabia, les revues, les monstres et la peinture dada est programmée le 7 novembre au Musée des Beaux-Arts de Nancy.


10 - 15 octobre 2001

Marko Lehanka

FIAC 2001, Paris, one-man-show Marko Lehanka

“A partir de la corne d’abondance de ses propres expériences, impressions et choses vécues, de ses aventures”, pour reprendre une formule d’Harald Szeemann (1), Marko Lehanka élabore une démarche volontiers polymorphe (sculptures, installations, vidéos, peintures) à partir d’objets et de matériaux a priori banals, issus de notre environnement quotidien et souvent liés aux endroits où il est invité.
À première vue, les œuvres de Lehanka cultivent un langage faussement décousu. Cependant, le sens aigu de l’observation qui en émane ne tarde pas à rattraper le spectateur.
En imitant ou persiflant des objets, Marko Lehanka capte le réel et le restitue en le questionnant, le décalant, parfois imperceptiblement.
Jean-Christophe Ammann déclarait l’an dernier : “Je pense que c’est un poète. […] Il a une dimension de la pensée qui me touche beaucoup, qui me frappe et qui n’a rien à voir avec le type d’installations que nous trouvons aujourd’hui un peu partout, où on réfléchit sur la position du câble, l’endroit où il faut mettre le moniteur, etc…” (2)

(1) Harald Szeemann, Die Expertise, "Welt am Sonntag", juillet 2000.
(2) Jean-Christophe Ammann, catalogue de l’exposition ForwArt, a choice, Bruxelles, avril 2000.


18 mai - 21 juillet 2001

Etienne Bossut

Mate-là


Après une récente exposition à L'Usine à Dijon (organisée par le Frac Bourgogne en collaboration avec Le Consortium), la galerie présente à son tour, et pour la première fois dans le cadre d'une exposition monographique, le travail d'Etienne Bossut (*1946, Saint-Chamond).
On se souvient de sa participation l'an passé au projet THE STORE, avec une sculpture New… (pour New Beetle) qui restera sûrement l'un de ses pièces les plus emblématiques.
Plusieurs fois par jour, vous croisez dans la rue, en faisant vos courses ou tout simplement chez vous, quelques-uns des modèles des sculptures d’Etienne Bossut.
Oui, ces bidons, cuvettes, refrigérateurs, chaises de jardin, miroirs et même ces tableaux monochromes, une fois dupliqués, sont bien des sculptures, paradoxales et ambigües à plus d’un titre.
Etienne Bossut emploie le polyester, coloré dans la masse, pour réaliser ses moulages de manière très précise, une technique qui renvoie inévitablement à toute la tradition du moulage dans l’histoire de l’art mais le matériau employé est résolument contemporain (fibre de verre et résine synthétique) tant il appartient au monde industriel.
En outre, le procédé rend visible tous les détails mais ce n’est pas le leurre qui préoccupe l’artiste puisque les traces des moules, les “coutures”, sont apparentes et permettent donc aisément d’identifier l'opération.
L'exposition proposée par la galerie s'articule autour d'un ensemble d'œuvres nouvelles… accrochées au plafond. Il s'agit de matelas qui se prennent à flotter comme des nuages ; dans l'autre salle, les visiteurs pourront découvrir cinq petites sculptures soclées.


23 mars - 5 mai 2001

Dector & Dupuy

La Californie

A l'instar de l'exposition précédente, consacrée à Marko Lehanka, ce projet découle de la participation de Michel Dector Michel Dupuy à l'exposition Nouvelles perspectives qui s'est tenue à la galerie en 1999, autour de la question du décoratif.
Le travail de Michel Dector Michel Dupuy commence toujours par une dérive, par une enquête menée dans l'endroit où ils sont invités. Ils collectent ainsi des indices, tantôt minuscules, tantôt monumentaux issus de conflits d’ordres divers : politiques, sociaux, raciaux, amoureux, etc.
Cette collecte, si brève soit-elle, est la source du travail élaboré par la suite. Presque toujours — et c’est le cas ici pour la galerie à Nancy — le lieu de l’exposition est également pris en compte, pour être articulé avec la ville alentour et les questions artistiques récurrentes qui traversent leur démarche.

Dans la galerie, les fresques qui ornent une partie des murs et datent d'une des périodes fastes de Nancy, ont servi de révélateur dans l’approche de la réalité conflictuelle de la ville.
Le décoratif de ces murs et celui des tableaux qu'ils reçoivent — en l'occurrence des slogans collectés et classés — se répondent de manière ironique mais attentive.
Sur l'une des vitrines de la galerie, une vanité constituée par des bouteilles de bières restaurées —dont quelques-unes proviennent de Nancy et sa banlieue — évoque, à partir d’un geste modeste et vain, la peinture, la sculpture, la morale.
Dans la seconde salle, "l’analyse chromatique" des documents photographiques, pris au cours de leurs pérégrinations dans la cité, se déploie sous forme de deux peintures murales monumentales ("La Californie" et "Objection") et instaure un contrepoint à l'autre partie de l'exposition.


8 décembre 2000 - 10 mars 2001

Marko Lehanka

Schipperm, Schaltern, wie vom Sinnen

Je pense que c’est un poète. il est anarchique dans sa poésie et puis en même temps, c’est quelqu’un qui est très lié au monde de l’informatique. Il a étudié les mathémathiques et je pense qu’il est un peu comme un astrophysicien : les astrophysiciens sont toujours aussi en même temps des poètes et des fous. Il a une dimension de la pensée qui me touche beaucoup, qui me frappe et qui n’a rien à voir avec le type d’installations que nous trouvons aujourd’hui un peu partout, où on réfléchit sur la position du câble, l’endroit où il faut mettre le moniteur, etc…
Jean-Christophe Ammann, directeur du Musée d’Art Moderne de Francfort
(extrait du catalogue de ForwArt, Bruxelles, avril 2000)

Marko Lehanka (*1961, Herborn) s’empare d’objets communs, issus de notre environnement quotidien, en détourne la fonction, en analyse le changement de statut et de ce fait, crée des glissements de sens. Échappant à toute classification, son travail instaure des rencontres souvent incongrues, crée un sentiment de l’absurde tout en générant une poésie certaine.
Marko Lehanka charge également son oeuvre d’une fonction “d’amusement” : un des ses objectifs est de “divertir” le public et de lui donner parfois, comme il l’affirme, du courage. Il ne souhaite en aucun cas communiquer une quelconque inquiétude face au futur incertain d’une société engagée dans un perpétuel processus de mutation.
Après d’importantes expositions cette année à Bruxelles (ForwArt), Francfort (Musée d’Art Moderne), Lucerne (Neues Kunstmuseum), New York (Leo Kœnig Gallery) et avant sa participation en juin prochain à la 49ème Biennale de Venise, l’exposition présentée par la galerie — première monographie en France — permet une saisie de sa démarche en réunissant un ensemble d’œuvres récentes, réalisées pour la plupart l’an passé à Saint-Nazaire lors d’une résidence (Ateliers internationaux du Frac des Pays-de-la-Loire), mais entièrement rejouées en fonction de l’espace de la galerie, si particulier avec les fresques Art nouveau qui recouvrent les murs de l’une des deux salles.
Son invitation à Nancy découle de sa participation à une exposition collective organisée par la galerie au printemps 1999, Nouvelles perspectives, laquelle regroupa trente artistes français et étrangers autour de la question du décoratif. Marko Lehanka y fut représenté notamment par une série d’assiettes peintes ainsi que par plusieurs sculptures, dont une fontaine, un genre qui constitue à l’intérieur de sa démarche une famille d’œuvres particulièrement conséquente.
Parmi les œuvres qui seront présentées dans l’exposition, signalons le Richard Grey, un étonnant bateau, installé sur une mer de palettes en bois, TV-House, une imposante maison en bois construite in situ (laquelle permet de visionner deux vidéos réalisées durant le séjour de l’artiste à Saint-Nazaire) , des tables de café sur le sens de la vie, une série de T-Shirts, une fontaine Cliff-House, un photocopieur, une machine à laver, une volière, etc.
A première vue, les œuvres de Marko Lehanka cultivent un langage faussement décousu qui déconcerte de prime abord. Cependant, le sens aigu de l’observation qui en émane ne tarde pas à rattraper le spectateur. En imitant ou persiflant des objets qu’il tire du réel, Marko Lehanka s’engage délibérément sur un terrain qui mêle allégrement l’art et la vie, capte le réel et le restitue en le questionnant, le décalant, parfois imperceptiblement.


6 octobre - 25 novembre 2000

Let’s go

Avec des œuvres de : Jean-Claude Loubières, Peter Rösel, Mark Alsterlind, Sylvie Antoine, Bruno Carbonnet, Daniel Dezeuze, Ernest T., Philippe Favier, François Morellet, Rémi Dall’Aglio, Emmanuel Saulnier, Claude Viallat

Ainsi que chacun le sait, le travail de suivi opéré par une galerie n'est réellement perceptible que sur un temps relativement long, à l'instar de celui nécessaire à un artiste pour fonder une démarche plastique originale.
Let's go, exposition collective qui se déroule à la galerie du 6 octobre au 25 novembre 2000, s'inscrit dans cette perspective et rassemble des oeuvres d'artistes français et étrangers que la galerie suit, pour certains, depuis sa création en 1989.

L'ambition de cette exposition réside dans la mise en espace d'une sélection rigoureuse d'oeuvres faisant appel à des moyens plastiques très larges (peinture, dessin, sculpture, gravure, images numérisées, livre) lesquels permettent de mieux situer quelques-unes des procédures qui influent la création contemporaine, en particulier au travers des notions de détournement, de transformation, d'accumulation, d'inscription d'un geste, du rapport au mur, à l'espace, etc.

Des oeuvres tantôt spectaculaires, tantôt discrètes, voire les deux, qui recherchent de subtils équilibres de matières et de formes, sont au rendez-vous d'une exposition qui démontre combien la galerie revendique un rôle d'observatoire privilégié de la scène artistique française et étrangère.

Cette exposition s'interrompra du 24 au 30 octobre en raison de la participation de la galerie à la FIAC 2000 à Paris, le principal événement de la rentrée artistique.
Signalons que la galerie est l'une des très rares galeries de province à intégrer cette manifestation qui rassemblera 196 galeries venues de 23 pays, sélectionnées parmi 500 candidatures.
Pour la première fois au monde, une foire internationale d'art contemporain offrira au public la possibilité de découvrir en profondeur - les galeries ayant pour obligation de présenter une exposition personnelle d'un artiste et non une sélection de ceux avec lesquels elles travaillent - des oeuvres parmi les plus importantes du moment, soulignant ainsi le rôle prépondérant des galeries dans l'espace de la création et dans celui de l'acquisition.


25 - 30 octobre 2000

Peter Rösel

FIAC 2000, Paris, one-man-show Peter Rösel

Dès sa création en 1989, la galerie Art Attitude Hervé Bize a été considérée comme l’une des plus engagées dans la diffusion de l’art contemporain parmi celles — plutôt rares — qui sont situées en province, ne se contentant pas d’être un lieu receveur mais davantage une galerie initiatrice de projets nouveaux.
Cette attention constante portée à une quinzaine d’artistes français et étrangers de premier plan, appartenant à différentes générations, explique l’absence jusqu’à aujourd’hui de la galerie lors des foires d’art contemporain, excepté “Austerlitz@utrement” à Paris en 1997.
Séduite par le principe adopté lors de l’édition 2000 de la FIAC (uniquement des expositions monographiques), la galerie y présente un ensemble d’œuvres de Peter Rösel (*1966, Rockenhausen).
Après deux expositions monographiques à la galerie en 1997 et en 2000, le one-man-show de la FIAC est l’occasion d’y découvrir des œuvres inédites, en particulier ses fameuses sculptures cousues, des plantes exotiques réalisées à l’échelle 1 à partir d’uniformes de policiers allemands.
Deux œuvres monumentales, intitulées Aloe et Moringa, constituent la base d’un accrochage conçu en étroite collaboration avec l’artiste.
D’ordinaire, ces plantes vertes sans prétention ne nécessitent guère d’entretien et trouvent place aisément dans nos intérieurs ; on les y inscrit partout comme éléments de décoration pour créer une atmosphère agréable.
Rösel est parti de ce constat et les a transposées fidèlement par le biais d’…uniformes de policiers allemands. A l’instar de leurs “modèles”, leur présence ne saute pas donc pas immédiatement aux yeux du spectateur et encore la moins la nature exacte du matériau élu par l’artiste pour sa qualité… érotique. “Lorsque je fais un tronc d’arbre à partir d’un pantalon d’uniforme et qu’une branche pousse à partir de la poche ou de la braguette, cela me plaît que l’on reconnaisse à la fois le tronc et le pantalon, séparément puis indissociablement liés. Je suis intéressé par cette rupture et non par un commentaire sur l’ordre social” (extrait d’un entretien avec l’artiste, septembre 1997).
La démarche de Peter Rösel prend pleinement en compte la diversité des médiums et des champs qui s’offrent aujourd’hui à tout artiste.
Par la manipulation d’objets ou de signes inscrits dans notre environnement quotidien, Rösel crée des situations où le spectateur est placé dans un état de surprise permanent, qu’il s’agisse des miniatures peintes sur des bidons de vernis et sur des boîtes de soda (1991-94), des sculptures cousues (depuis 1996) ou de Soundscape, une installation sonore conçue l’an passé qui transformait un tube d’Elvis Presley en une sorte d’événement naturel.


17 juin - 22 juillet / 5 - 30 septembre 2000

Bernard Borgeaud

Bernard Borgeaud, Balthasar Burkhard

Cette exposition est réalisée en partenariat avec la Synagogue/Centre d’art contemporain de Delme et le Musée des Beaux-Arts de Nancy qui présentent également les deux artistes simultanément.

Si Balthasar Burkhard (*1944, Berne) s’est vu consacrer coup sur coup plusieurs expositions muséales d’envergure (Charleroi, Grenoble) qui l'ont fortement médiatisé, le travail récent de Bernard Borgeaud (*1945, Paris), malgré l’an passé trois expositions personnelles (Calais, Gennevilliers, Pougues) demeure méconnu.
Leurs démarches respectives ne sont pas sans présenter d’étonnantes similitudes, dans le fait que leurs explorations s’articulent en séquences dont, au fil des années, l’on perçoit progressivement la portée de leur projet, pourtant les deux artistes sont réunis pur la première fois.

Les deux artistes font leurs débuts dans le contexte de la fin des années soixante, à Paris pour Borgeaud et à Berne pour Burkhard, mais tous les deux dans la proximité des problématiques soulevées lors de l’exposition Quand les attitudes deviennent formes, présentée en 1969 par Harald Szeemann, alors directeur de la Kunsthalle de Berne.
Bernard Borgeaud met en place des installations éphémères en extérieur, participe à l’exposition Plans and Projects as art à la Kunsthalle de Berne et réalise sa première œuvre photographique en 1970. La même année, il expose à la Galerie Ileana Sonnabend à Paris, tandis que Balthasar Burkhard élabore quasiment la même année ses premières photographies sur toile avec Markus Raetz.
D’emblée, les deux artistes retiennent le grand format et s’attachent à affirmer des valeurs plastiques qui partagent l’appréhension physique de l’espace, le rapport à l’architecture et au réel, des recherches de cadrage et de composition (par exemple en fragmentant “le motif” pour Burkhard, par accumulation de modules chez Borgeaud).
Les années 1983-84 sont pour les deux artistes très importantes : Burkhard expose en 1983 à la Kunsthalle de Bâle et à la Kunsthalle de Berne en 1988, Borgeaud au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1983 et à la même Kunsthalle de Berne en 1984.

Si l’utilisation par Bernard Borgeaud du dessin prend peu à peu le pas sur la photographie au tournant des années 80-90, elle se manifeste véritablement en 1994 à l’occasion de deux expositions consécutives, à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et à la galerie, où trois grands dessins à l’huile solide couvraient la totalité des murs transversaux des deux salles.
Il est singulier de remarquer que Burkhard fait lui aussi appel, en 1994, à une autre technique, l’héliogravure mais cette adoption est beaucoup moins radicale que celle opérée par Borgeaud.

L’exposition présentée par la galerie réunit un ensemble de dessins récents de Bernard Borgeaud (encre et huile solide sur papier), de dimensions moyennes (certains d’entre eux étant des “études” pour des pièces monumentales), lesquels seront confrontés à la quasi totalité des héliogravures de Balthasar Burkhard exécutées à ce jour.

Le Centre d’art contemporain de Delme et le Musée des Beaux-Arts accueillent pour leur part des grands formats des deux artistes, Bernard Borgeaud réalisant d’ailleurs spécialement pour Delme Infracassable, une œuvre de près de 8 mètres de haut qui occultera l’arche d’alliance.


31 mars - 3 juin 2000

THE STORE

Etienne Bossut, Philippe Cazal, Laurent Chambert, Claude Closky, Rémi Dall’Aglio, Pierre Gauthier, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières, François Morellet, Emmanuel Saulnier, Daniel Spoerri, Taroop & Glabel, Ben Vautier, Andy Warhol.

La galerie a le plaisir de vous annoncer l’exposition THE STORE. Celle-ci découle du foisonnant projet intitulé Nouvelles perspectives réalisé l’an passé.
THE STORE ouvre un des champs que celui-ci contenait déjà implicitement, à savoir celui de l’explosion du concept d’unicité (de la notion de chef-d’œuvre) au profit d’œuvres multiples, protéiformes, lesquelles tentent de se donner les moyens d’une diffusion plus large, plus ouverte et rompent avec le fétichisme qui accompagne bien souvent la pièce unique.
Le titre de cette exposition s’inspire librement d’un projet de l’artiste américain Claes Oldenburg, réalisé à New York en 1961. Dans un local loué pour un mois, Oldenburg décida de créer une ambiance de boutique dans l’esprit et la manière de ces marchandises populaires que l’on peut voir dans les magasins et les vitrines de la ville.
Les objets réunis pour THE STORE sont d’une grande diversité, à l’image des champs investis par les artistes depuis ces trente dernières années, souvent bien loin de ceux où l’on souhaite trop souvent les confiner. Outre des éditions et des archives toutes aussi surprenantes les unes que les autres, lesquelles vont par exemple du livre d’artiste (Daniel Spoerri), ou du journal (Interview d’Andy Warhol), au jeu (Ben Vautier) en passant par le papier peint (en l’occurrence le Madonna Wallpaper de Taroop & Glabel (projeté désormais en véritables rouleaux et dans différentes nuances), l’exposition renferme également des travaux de type sériel (François Morellet, Pierre Gauthier) ou qui entretiennent volontiers un rapport étroit avec notre environnement quotidien (Jean-Claude Loubières), la sphère économique, industriel (Etienne Bossut) voire technologique (Laurent Chambert, Jean-François Lacalmontie).
D’autre part, à l’occasion de cette exposition, la galerie devient de SainTe-ELITE, un réseau virtuel mis en place par Rémi Dall’Aglio. En effet, au lieu de recevoir, ces paraboles moulées et dorées dispersent les ondes hertziennes comme l’indique le prospectus publicitaire qui l’accompagne. Son acquéreur devient membre d’un réseau vraiment virtuel. SainTe ELITE rappelle ainsi la dimension communautaire de l’œuvre d’art, sa fonction de rassemblement : un message qui pourrait également caractériser les autres productions qui figurent dans l’exposition THE STORE.


13 janvier - 18 mars 2000

Peter Rösel

Soundscape, installation sonore et disque 33 t.

Après une première exposition en 1997, Monstera deliciosa, etc. (galerie et Goethe-Institut), ainsi qu’une présentation sur le stand de la galerie lors d’Austerlitz@utrement à Paris (1), la galerie se penche de nouveau sur la démarche de Peter Rösel, l’un des artistes allemands les plus intéressants de sa génération.

Avec Soundscape, une installation, Peter Rösel prend pleinement en compte la diversité des médiums et des champs qui s’offrent à tout artiste contemporain. Dans la suite logique de certains de ses travaux antérieurs, avec la volonté de mettre le spectateur dans un état de surprise, “d’embarras”, Peter Rösel a tranformé un célèbre morceau de notre culture en une sorte d’événement naturel.
Par la simple manipulation d’un électrophone, un morceau de pop musique s’est en effet métamorphosé en bruits de la nature. La manière dont l’artiste a procédé pour parvenir à ses fins est d’ailleurs aisément identifiable par l’auditeur, pour peu qu’il écoute la pièce jusqu’à son terme, soit la durée totale de la seule face gravée d'un disque 33 t. ; c'est seulement à ce stade qu'il pourra identifier Jailhouse Rock d'Elvis Presley.
Soundscape peut alors, à son gré, s’apparenter aux vagues qui se déchaînent sur une plage voire à une nuit de tempête dans le désert et n’est donc pas seulement une suite de bruits déroutants.

Soundscape est la première installation sonore réalisée par l’artiste, entièrement non-visuelle et que le spectateur/auditeur doit expérimenter dans la pénombre, comme s'il se trouvait invité à une séance de cinéma.
Soundscape est également disponible sous la forme d’un multiple (ce disque 33 t. ayant été édité à 300 exemplaires).

(1) Ce fut l’occasion de montrer pour la première fois en France ses sculptures cousues (lions et plantes vertes reproduits fidèlement à l’échelle 1/1, confectionnés à partir de cirés jaunes de chantier pour les premiers et d’uniformes de policiers allemands pour les secondes), ainsi que de produire un travail spécialement pour Nancy, Nouvelles cultures (en utilisant cette fois la toile de camouflage de l’opération “Desert storm”).

Peter Rösel est né en 1966.
Il vit et travaille à New York et à Francfort.
Expositions en 1998 au Musée d’Art Moderne de Francfort, qui conserve un ensemble important de ses œuvres ; en 1999 à la Galerie Andreas Schlüter à Hambourg et à la Galerie Wohnmaschine à Berlin.
Il a également participé à des expositions collectives à Bregenz en Autriche et à la Kunsthalle de Bern (I never promised You a rosegarden).
Depuis quelque temps, il se rend régulièrement en Namibie pour son futur projet : peindre des mirages dans le désert.
La revue Kunstforum lui consacre dans son n°151 (juillet-septembre 2000) un important article.


13 janvier - 18 mars 2000

Taroop & Glabel

Conversation, Taroop & Glabel, Clovis Trouille, Grandville, Widhopff…

Après avoir présenté dans le cadre de l'exposition Nouvelles perspectives leur Madonna wallpaper, la galerie donne pour ainsi dire carte blanche à Taroop & Glabel, à l'occasion de la parution aux Editions Voix d'un ouvrage qu'ils ont préfacé, les Sonnets impies d'Antoine de Livron.
Pour cette exposition, Taroop & Glabel ont décidé d'associer à leurs travaux une sélection d'œuvres d'artistes aussi surprenants que… Grandville, illustre nancéien, Clovis Trouille, à qui le Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie à Paris consacre actuellement une importante exposition rétrospective, Widhopff, un dessinateur du début du siècle et bien d'autres surprises.
Taroop & Glabel est le nom d'un groupe originellement éclaté entre Bruwelles, Genève et Paris.
Rappelons que la Synagogue de Delme leur avait consacré, dès 1995, une exposition intitulée Ah Dieu ! Que la guerre est jolie (avec la publication aux Editions Voix du fameux livre Nourrissons des muses).


1er avril - 18 décembre 1999

Nouvelles perspectives

Sylvie Antoine, Bernard Borgeaud, Daniel Buren, André Cadere, Bruno Carbonnet, Philippe Cazal, Jacques Charlier, Claude Closky, Patrick Corillon, Rémi Dall’Aglio & Gianni Motti, Michel Dector Michel Dupuy, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Pierre Gauthier, Jean-François Lacalmontie, Bertrand Lavier, Marko Lehanka, Eléonore de Montesquiou, François Morellet, Etienne Pressager, Peter Rösel, Mimmo Rotella, Klaus Scherübel, Ernest T., Joan Taroop & Vitaly Glabel, Ben Vautier, Andy Warhol.

En gestation implicite depuis longtemps, cette exposition inhabituelle par sa densité, intitulée Nouvelles perspectives, s’est finalement concrétisée avec une échéance naturelle, celle de la fin du siècle.
Sa temporalité correspond à un moment clé qui voit Nancy, de manière conjuguée, réouvrir après extension son musée des Beaux-Arts et en guise de préambule au IIIème millénaire, “célébrer” l’Art nouveau et son Ecole.
Non sans ironie et avec des moyens beaucoup plus modestes, la galerie répond à cette offre événementielle fortement médiatisée par une exposition qui elle aussi, dans l’histoire de la galerie, fera date puisqu’elle coïncide avec son dixième anniversaire ; cependant ces Nouvelles perspectives ne présentent nullement un caractère commémoratif.
Le titre de cette exposition dissimule plusieurs intentions. Tout d’abord, celle de marquer d’une certaine façon — et paradoxalement — une pause après une longue succession d’expositions monographiques, par le biais d’un projet qui s’étend sur plusieurs mois, en raison de son caractère et de son ampleur exceptionnels puisque près de trente artistes français et étrangers de tout premier plan y figurent, la plupart ayant répondu à l’invitation de la galerie avec des travaux inédits voire produits pour l’occasion.
Nouvelles perspectives est délibérément une exposition à ralentir, alors que l’on s’attend aujourd’hui à ce qu’un projet chasse l’autre à une cadence effrénée. Prenons le temps de découvrir, de revenir, d’avoir du plaisir à côtoyer des œuvres.
A l’image de la configuration architecturale de la galerie, avec pour “amorce” son décor de fresques, vestiges “Art nouveau” redécouverts par Hervé Bize en 1994, mais dans un parcours totalement réaménagé pour l’occasion, cette exposition rassemble des individualités fortes et convie le spectateur à opérer une sorte de sédimentation visuelle.
En effet, Nouvelles perspectives se déploie par strates successives : œuvres historiques avec Mimmo Rotella et Indicazione metafisica, un décollage de 1961, Andy Warhol avec Cow wallpaper de 1966, François Morellet avec Morellet sur papier peint d’après Morellet,1958-72-99, reconstruit pour la première fois, André Cadere avec une imposante Barre de bois rond de 1975; œuvres flexibles rejouées (Reconciliation Room de Rémi Dall’Aglio & Gianni Motti), Daniel Buren avec Peinture sur médium avec adhésifs blancs, cinq éléments) et œuvres nouvelles enfin, entre autres dus à Bertrand Lavier, Jean-François Lacalmontie, Bruno Carbonnet, Dector-Dupuy, Noël Dolla, Marko Lehanka. Précisons que certains travaux peuvent se glisser habilement dans plusieurs “couches” à la la fois.
Si aucun médium n’est a priori privilégié, la dimension décorative de nombreuses œuvres est clairement revendiquée. Ainsi, le papier peint — ou wallpaper, le terme anglais accuse davantage la “muralité” — que l’on pourrait presque considérer comme un genre à part entière, tant de nombreux artistes contemporains en ont réalisé, est devenu ici un support privilégié pour structurer certaines parties de l’exposition.
Philippe Cazal (Papier chaîne, 1991), François Morellet déjà cité, Claude Closky (Sans titre, cosmétiques de 1997) Jean-François Lacalmontie (Sans titre, 1999), Taroop & Glabel (Madonna wallpaper, 1999) — ces deux derniers étant produits spécialement — constituent donc des pans de l’exposition dont l’emprise visuelle est bien évidemment proéminente.
Pour sa part, Bertrand Lavier crée ici Lutèce, une nouvelle œuvre en papier peint (du papier que tout un chacun peut se procurer), où le mur une fois recouvert reçoit en son centre un tableau classique avec un cadre doré renfermant le même motif mais dans une autre gamme de couleurs.
Eléonore de Montesquiou et Pierre Gauthier proposent deux œuvres qui usent du papier peint comme motif et médium. Dans les deux cas, il s’agit d’anciens papiers à fleurs. La première, avec Habitat : la salle de bain (1999), placée dans les toilettes de la galerie, surprend le spectateur qui est ainsi invité à s’isoler pour écouter les histoires collectées — réelles ou fictives ? — par l’artiste et restituées par un dispositif très simple.
Quant au second, dont la galerie vient de présenter la première exposition personnelle, il nous livre A. Aris (1997), une chaussure en papier peint, réalisée sur mesure, à partir du papier peint très sixties de sa chambre d’enfant. Placée non loin de Warhol, cette chaussure n’est pas sans évoquer la première période du mythique artiste américain, celle où il dessinait justement des chaussures.
Autre rapprochement troublant : les deux portraits de Plastic Bertrand, Plastic inévitable (1998) de Jacques Charlier, vrais-faux Warhol, qui cotoient le vrai, Cow wallpaper. Le titre de cette série de Charlier reprend celui des concerts-performances (précisément Exploding plastic inevitable) que Warhol organisa la même année et au cours desquels il produisit le Velvet Underground.
Pour l’exposition, Hervé Bize a renversé le procédé généralement adopté par les curateurs et conservateurs de musées pour Andy Warhol.
En effet, le Cow wallpaper qui recouvre d’ordinaire la totalité d’un mur prend ici un statut d’œuvre unique et repose sur le papier d’un autre artiste, en l’occurrence le Papier chaîne de Philippe Cazal.
Signalons au passage qu’il s’agit de la première version de Cow wallpaper, celle de 1966, dont on se souvient que Warhol tapissa la galerie Leo Castelli à New York en déclarant qu’il abandonnait la peinture. Enfin, avec Peinture barbante (1996), Ernest T. donne aussi la réplique à Cow wallpaper avec une autre figure iconique contemporaine, celle de la poupée Barbie.
Revenons dans la salle des fresques, où Daniel Dezeuze présente l’une de ses toutes dernières œuvres, un Panneau extensible (1998), au caractère très pictural, une pièce qui renoue certes avec l’esprit de la période Supports-Surfaces mais en intégrant l’ensemble des expériences qui jalonnent sa démarche.
L’œuvre de Patrick Corillon, Conversations téléphoniques (1996), fait écho à la salle qui l’accueille puisque ces deux protagonistes fictionnels, Oskar Serti et Catherine de Sélys, entrent en relation naturelle avec les fresques dédiées à Mozart, Berlioz, César-Franck, Grieg et Liszt.
Face à elle, Morellet sur papier peint d’après Morellet est une œuvre exceptionnelle à plus d’un titre. En effet, Morellet inaugura en 1972 un nouveau chapitre avec cette œuvre, celui des Tableaux en situation. Il y concentre, non sans ironie bien évidemment, sa propre position d’artiste ainsi qu’une distance critique face à son œuvre. Elle n’a été présentée qu’une seule fois auparavant, durant l’été 72 au Musée de Grenoble, au moment même où Daniel Buren, lequel occupe le verso du mur dévolu à Morellet, procédait, lors de la Documenta 5 à Kassel, à Exposition d’une exposition au moyen d’un papier collé rayé blanc sur blanc qui pouvait, selon sa situation, être apprécié, en tant qu’affiche, décoration ou peinture.
Dans la même salle, les deux hautes fenêtres sur cour sont partiellement occultées par l’installation de Dector-Dupuy. De l’extérieur, sa trompeuse apparence minimale de rideaux en papier dissimule Slogans recueillis sur les murs (1999) que l’on découvre une fois à l’intérieur de la galerie. Ces slogans, collectés par les deux artistes, nous sont restitués dans une composition in situ qui les ordonnent en fonction de leur longueur et suscitent par conséquent de surprenants télescopages ("Merci Zizou", "Jospin au RMI" par exemple).
Ces Nouvelles perspectives sont aussi l’occasion de revoir quelques œuvres de Peter Rösel, trois Yuccas (1997), ces fameuses plantes réalisées à partir d’uniformes de policiers allemands cousus, qui accueillent les visiteurs à l’entrée et de découvrir également pour la première fois en France le travail d’un autre artiste allemand, Marko Lehanka qui a investi la sorte de vestibule qui boucle le parcours.
Une fontaine, Le génie de la bouteille, grand modèle (1998), deux autres petites sculptures, subrepticement placées ainsi qu’un ensemble d’assiettes peintes donnent un aperçu d’un travail pour le moins étonnant, dont l’apparente légèreté n’est pas sans dissimuler un engagement et une réflexion particulièrement intenses. Lehanka partage notamment cet espace avec l’autrichien Klaus Scherübel, représenté par une suite de Hobby drawings, des dessins au crayon que réalise l’artiste en guise de “détente”, déclare-t-il.
Si certaines œuvres manifestent naturellement une emprise visuelle pour le moins conséquente, c’est bien évidemment le cas des wallpapers, il n’en demeure pas moins que certains artistes, représentés par des travaux moins démonstratifs et plus intimistes, n’en sont pas pour autant relégués à une quelconque figuration, bien au contraire. Ces œuvres incarnent bel et bien une des strates du projet. Il en va ainsi de l’œuvre de Ben présentée, Je n’ai rien à vous montrer (1988), laquelle se dissimule derrière un rideau noir.
Non loin, les trois tondi de Noël Dolla, Petits ronds de La Havane (1999), surfaces monochromes roses ponctuées de motifs aléatoires réalisées avec la fumée d’un flambeau de cire renvoient allusivement, d’une salle à l’autre, aux Ciels (1998) de Bruno Carbonnet. Dolla et Etienne Pressager, ce dernier avec Disparition d’un cadre doré, par réduction (1997), voisinent sans complexe avec les œuvres plus imposantes de Bertrand Lavier et Daniel Buren.
Jean-François Lacalmontie, qui poursuit un travail sur la mémoire, opère en quelque sorte des allers-retours à l’intérieur de son œuvre. Il a conçu un espace, sorte de work in progress qui mêle un papier peint inédit, exhibant pour motif un petit diable très sexué, des photographies, des textes et des dessins, éléments qui viendront s’ajouter au fur et à mesure du déroulement de l’exposition. Lacalmontie n’est d’ailleurs pas le seul artiste à avoir envisagé sa participation ainsi ; Klaus Scherübel, profitant de la conséquente documentation consultable, projette d’en faire le matériel d’une intervention.
Voilà qui nous mène dans le bureau de la galerie. Envisagé au début des années 90 pour Jean-Paul Gaultier et spécialement produit pour l’occasion, le Madonna wallpaper de Taroop & Glabel est le seul papier peint qui investit en une frise pour le moins décorative la totalité de cet espace qui est ouvert au public pour la première fois et dans lequel se trouvent des vitraux du début du siècle. C’est également dans cette partie de la galerie qu’est rejouée Reconciliation Room, une installation de Rémi Dall’Aglio et Gianni Motti. Ses éléments constructifs, deux hamacs suspendus et leurs coussins, un tapis, une plante verte (cette fois réelle) et une bande son, paroles et musique, réalisée par des professionnels et habilement détournée par les deux artistes génèrent une installation que les deux artistes déclarent avoir conçue par… télépathie. Comme l’indique son titre éponyme, elle invite le spectateur à se reconcilier avec un ami, un parent, une idée voire soi-même.
Enfin, Nature morte, clémentines (1997) de Sylvie Antoine et D’un seul geste (1995) de Bernard Borgeaud, deux œuvres pour lesquelles les deux artistes ont usé des technologies les plus récentes offertes dans le traitement des images (qu’elles aient une origine réelle pour Sylvie Antoine ou immatérielle dans le cas de Bernard Borgeaud), bouclent l’accrochage de cette partie.

Wallpapers, peintures, dessins, récits, objets, nouvelles images pontuent cette exposition qui passe allègrement du visuel au sonore, d‘une culture populaire à une culture plus “savante” pour solliciter d’une façon constante l’attention et le déplacement du spectateur.


11 décembre 1998 - 20 février 1999

Pierre Gauthier

Pierre Gauthier, œuvres récentes

Une pizza tricotée posée sur le capot d’une des dernières Méganes fabriquées par l’usine Renault de Vilvoorde, une chaussure portée par un éminent galeriste ou plutôt son assistante, l’air un peu embarrassée, tel est le type de confrontations, d’intrusions dont s’est rendu capable — coupable — Pierre Gauthier. Quand vous saurez qu’en outre il n’est pas l’auteur mais le commanditaire de ces objets fait main qui tentent aujourd’hui leur entrée dans le marché de l’art à l’instar de n’importe quelle autre sorte de peintures-sculptures contemporaines (1), comment devons-nous les recevoir et les appréhender ?
En effet, ils ne sont pas des ready-mades puisque leur façonnage est criant et que Pierre Gauthier n’omet surtout pas de signaler nommément les artisans ou collaborateurs occasionnels et les provenances, lesquels donnent souvent lieu à des déplacements non seulement géographiques, mais de sens — ce qui nous rapprocherait bien cette fois de Duchamp — ainsi qu’à l’introduction d’éléments autobiographiques.
D’autres œuvres, il en va ainsi de celle intitulée Eve, une pièce photographique de grandes dimensions représentant une femme noire nue, tenant une pomme, trouvent plus simplement leur origine dans une simple observation de la vie quotidienne, ce qui ne les empêchent pas de générer différents niveaux de lecture.
L’exposition de Pierre Gauthier qui réunit un ensemble d’œuvres, dont certaines ont été spécialement réalisées pour l’occasion, nous permet donc de découvrir sa vision du monde, de mieux saisir les relations qu’il tisse et nous invite à en nouer avec son travail.

(1) Frédéric Valabrègue cite, dans une remarquable étude, consacrée à Pierre Gauthier, la barre de bois rond d’André Cadere mais nous pourrions tout aussi bien penser, pour être dans l’actualité, aux objets repeints de Bertrand Lavier.

Cette exposition reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, Délégation aux Arts Plastiques (aide à la première exposition).
La galerie remercie également pour son concours la Synagogue de Delme/Centre d'art contemporain.


2 octobre - 5 décembre 1998

Jean-Claude Loubières

Jean-Claude Loubières

Régulièrement présenté par la galerie, en particulier au travers d’expositions personnelles en 1989, 1991 et 1993, la démarche de Jean-Claude Loubières (*1947, Mont-Saint-Martin) donne lieu à un nouveau projet.
Les œuvres réunies résultent de métamorphoses des travaux qui ont fait l’objet d’expositions en 1996-97, à Paris (Galerie Corinne Caminade), à Ivry-sur-Seine au Crédac et à Metz (Galerie de l’Esplanade / Ecole des Beaux-Arts).
Ces transformations portent plus sur les conditions d’apparition — et d’installation — des œuvres que sur leur aspect physique. Les travaux présentés dans ces expositions avaient pour particularité de permettre à un ou plusieurs de leurs fragments de construire une autre œuvre, en un mot ceux-ci étaient dotés d’une certaine flexibilité.
Dans ce nouvel ensemble de pièces, l’idée s’applique plus au contenu implicite de chaque œuvre qu’à son aspect physique ou aux matériaux utilisés.
Ainsi, la part qui revient, dans une œuvre, aux murs, au sol ou encore au plafond du lieu d’exposition prend un tour nouveau. La manière d’intégrer une portion de mur ou une perspective particulière du lieu, dans une sorte de légèreté et de fluidité de chaque pièce est nouvelle (par exemple Suspension) : elle découle d’un étonnement continuel face à l’agencement sans cesse changeant de notre environnement quotidien.


4 juin - 31 août 1998

Rémi Dall'Aglio

Parabole (signe extérieur)

La galerie présente durant tout l’été, dans la cour où elle se situe, une installation de Rémi Dall’Aglio (Genève, 1958) intitulée Parabole (signe extérieur).
Tout comme dans le cadre de sa pratique du photogramme, où l’objet apparaît sous la forme d’un spectre négatif, certaines œuvres murales récentes de Rémi Dall’Aglio sont issues d’une autre forme de négatif, le moulage en plâtre d’un objet.
Ainsi, l’artiste a développé et constitué ces dernières années un ensemble de pièces d’origine “télévisuelle”.
Ce fut tout d’abord le cas des peintures, les Ecrans qui, après avoir pris pour forme de châssis celle de téléviseurs, furent directement moulés par l’artiste avant de recevoir un recouvrement pictural dont l’artiste a le secret. Dall'Aglio utilise, à l’instar d’un alchimiste, des pigments pour le moins inattendus : noir animal, feuille d’or, pigment photoluminescent ou encore émulsion au bleu de cobalt se modifiant à la chaleur.
Peu à peu, d’autres motifs “télevisuels” sont apparus, issus aussi bien des composants directs d’un téléviseur que de son équipement périphérique : tube cathodique mais aussi télécommande, antenne et… parabole.
Parabole (signe extérieur), comme son nom l’indique est une pièce constituée d’un moulage d’une parabole en résine dorée à la feuille. Enigmatique, ayant perdu toute fonctionnalité mais investie du statut d’œuvre d’art, cette parabole semble flotter dans l’espace et joue avec la lumière au gré de ses modifications.
L’œuvre, installée dans la cour de la galerie, à quelques pas de la fameuse place Stanislas, dialogue ainsi en quelque sorte avec l’or des grilles rococo d'Emmanuel Héré ou celui de l’Arc Héré, récemment restauré.
Volontiers polymorphe, la démarche de Rémi Dall’Aglio ne peut être appréhendée que dans l’enchaînement de ses différentes phases — la métaphore stellaire n’est pas gratuite : “Tout mon travail fonctionne un peu sur le mode de la transformation, sur le passage d’un état à un autre, d’une forme à une autre, d’une idée à une autre peut-être plus élaborée…”, déclarait déjà l’artiste en 1986.
Les œuvres de Rémi Dall’Aglio (peintures, dessins, photogrammes ou installations intégrant des objets) sont autant de jalons posés qui se donnent à voir dans l’expérience que le spectateur peut en faire.


30 mai - 18 juillet 1998

Emmanuel Saulnier

LEVER-SERRER

Régulièrement présenté par la galerie, en particulier au travers d’expositions personnelles en 1990 et 1992, le travail d’Emmanuel Saulnier (1952, Paris) fait l’objet d’un nouveau projet, LEVER-SERRER, qui présente différents aspects : son développement le plus récent mais aussi une sculpture en verre de 1991.
Simultanément, deux importantes expositions lui sont également consacrées en Alsace : la première, SERRER, à Strasbourg à la Chaufferie (galerie de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs), avec des œuvres récentes ; la seconde, LEVER, à Altkirch au C.R.A.C. Alsace est plutôt à caractère rétrospectif.
Un livre paraîtra prochainement en coédition avec Adam Biro (contributions de Jean-Pierre Greff et de Luc Lang, photographies de Philippe Oudard).

La pensée plastique d’Emmanuel Saulnier chemine et embrasse des jalons qui vont entre autres de Jacques Callot à Alberto Giacometti.
Son œuvre procède d’une réflexion très approfondie sur l’objet et les moyens de sa production.
Il faut rappeler à cet instant que sa sculpture découle préalablement d’une pratique du dessin, des lavis ou des aquarelles légers et fluides mais qui la structurent déjà fortement.
Une fois matérialisés, les dispositifs de Saulnier, dont émane souvent une sensation de vertige, irriguent aussi bien le montré et le dissimulé, la transparence et l’opacité, le vivant et l’inerte, l’ouvert et le fermé, l’horizontalité et la verticalité, la légèreté et la gravité, la rigueur et le modulé.
Pour Saulnier, un objet, c’est décider d’avoir quelque chose devant soi : une décision au monde, une vision d’homme, une position.
La référence au corps, debout, couché — à ses membres — est éminemment présente, telle une invite à y associer celui du spectateur.
Depuis Pendants et Deux dépendants (collection Caisse des dépôts et consignations), deux œuvres de 1995, certaines sculptures sont (sus)pendues.
Cette dépendance s’exerce sous la forme d’un lien, de sorte, en somme, que la sculpture s’associe au monde.
Si les objets d’Emmanuel Saulnier ont une existence, un poids, "le poids de mes armes, de ma lumière", déclare l’artiste, c’est aussi parce qu’ils traitent d’une possible disparition.


27 mars - 23 mai 1998

Sylvie Antoine

Peintures récentes

D’une certaine façon, Sylvie Antoine répond à à une question qui embarrasse beaucoup d’observateurs de l’art aujourd’hui : où en est la peinture ?
Du 28 mars au 23 mai, la galerie présente une exposition exclusivement réalisée par l’artiste autour de ce médium, dont elle use lorsque le projet l’impose, au même titre que la photographie, le dessin, etc.
Si les constituants des peintures de Sylvie Antoine sont ceux qui relèvent traditionnellement de cette technique — couleurs (huile ou acrylique), toile (lin ou coton) et châssis — son interrogation est résolument contemporaine et s’inscrit dans un siècle de peinture abstraite, rappelons-le si besoin.
Formellement, le spectateur pressé ne pourrait y voir a priori qu’un nouvel avatar néo-géométrique pour reprendre une formulation prisée par la critique dans les années 1980 ; en fait, Sylvie Antoine poursuit au-delà de cet “écran” une recherche plastique, fondée il y a plusieurs années, ayant pour vecteur un principe de travail auto-déclaré, “générer une description appropriée du réel” — ou en détournant une formule de François Morellet “L’Art-Présentation” — dans le cadre duquel elle s'empare de genres picturaux récurrents dans toute l’histoire de l’Art.
Avec ces peintures entreprises depuis 1996, Sylvie Antoine se livre en quelque sorte à une fausse analyse spectrographique, sous la forme d'une mise à plat picturale de la gamme chromatique renfermée par des fleurs, opération purement rétinienne, spéculative et donc sans caractère scientifique.
Ces fleurs sont non seulement élues par l’artiste pour leur nuancier très élargi mais aussi pour leurs dénominations, évocatrices voire poétiques : "Ruban d’amour", "Pensée", "Souci", "Désespoir du peintre", "Vergiß mein nicht" (le myosotis en allemand), sans oublier les roses dont il existe, comme chacun sait, un impressionnant nombre de variétés, d’ailleurs parfois affublées de patronymes d’artistes célèbres.
Ces végétaux induisent le format des châssis des tableaux, invariablement d’une section de 4 cm de côté, de manière à ce que la peinture, dont la tranche est peinte, puisse affirmer sa matérialité.
L’exposition réunit un ensemble d’œuvres très récentes, réalisées spécifiquement dans l’optique de ce projet. Elle donne lieu également à l’édition d’un multiple original, Rubans d’amour.


15 janvier - 21 mars 1998

Jean-François Lacalmontie

Mémoire gelée

Après une première exposition personnelle à la galerie en 1991,La fiancée de l’ombre et la présentation régulière de son travail dans des expositions collectives, Jean-François Lacalmontie développe un projet spécialement conçu pour l’espace de la galerie.
Cette exposition regroupe un ensemble de pièces très fortes qui irriguent des médiums a priori fort différents : peintures, objets, dessins, sculptures totémiques, installations “informatiques”, etc.
A l’occasion de l’exposition, paraît un livret à tirage limité intitulé également Mémoire gelée.


19 septembre - 27 novembre 1997

Peter Rösel

Peter Rösel, Monstera deliciosa, etc.

Cette exposition constitue la première présentation en France du travail de Peter Rösel.
Celui-ci fait partie des jeunes artistes allemands qui travaillent à une réévaluation des concepts artistiques, loin des notions de sublime et d’artiste démiurge véhiculés par des artistes de la génération précédente tels que Kiefer ou Baselitz.
Peter Rösel s’est fait d’abord remarquer, au début des années 1990, par ses petites peintures sur des supports en fer blanc inattendus (boîtes de soda ou de bière, bidons de vernis, etc.). Le Musée d’Art Moderne de Francfort a d’ailleurs acquis son travail dès 1994.
Ses récentes expositions à New York et à Hambourg ont été saluées par la critique étrangère (articles parus dans les revues Art in America et Frieze).
Ses œuvres les plus récentes sont des sculptures ou des installations, représentant des animaux (des fauves en l’occurrence) et des végétaux exotiques, réalisées avec des matériaux surprenants, détournés par l’artiste : des cirés jaunes de chantier, des vestes de pompiers new-yorkais ou plus récemment encore des uniformes de la police allemande.
Peter Rösel intègre ainsi des données d’ordre sociologique qu’il reconsidère au travers de préoccupations plastiques et invite le spectateur à inventer sa propre histoire, à porter un regard sur la profusion des signes que notre environnement génère, oscillant finalement — paradoxalement — entre gravité et ironie.

Le Goethe-Institut Nancy s'est associé à ce projet et expose également Peter Rösel dans ses locaux aux mêmes dates.
Ces deux expositions reçoivent le soutien du Ministère de la Culture, Délégation aux Arts Plastiques (aide à la 1ère exposition).
Un catalogue monographique, contenant un entretien avec l'artiste, sera publié ultérieurement.
Enfin, la galerie présente Peter Rösel à Paris lors de la 2ème édition de la manifestation “Austerlitz@utrement” (26 galeries françaises et étrangères réunies au 41-47, rue Cantagrel 75013 Paris), du 1er au 6 octobre.


13 juin - 19 juillet 1997 (puis du 2 au 13 septembre)

Réagissez devant un monde qui s’ouvre à vous

Sylvie Antoine, Bernard Borgeaud, Philippe Cazal, Rémi Dall’Aglio, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières, Peter Rösel, Ben Vautier


21 mars - 31 mai 1997

François Morellet

François Morellet peintures, Jean Prouvé mobilier, œuvres des années 50

Seule structure privée invitée à s’associer aux manifestations "Le design des années 50”, initiées par la Société d’Histoire et de Théories du Design et la mission design du Pôle Universitaire Européen de Nancy-Metz, qui se déroulent de février à novembre en Lorraine, la galerie Art Attitude Hervé Bize y répond par un projet qui associe art contemporain et design.
Elle quitte pour l’occasion le champ de l’actualité pour une exposition-événement qui réunit des peintures de François Morellet et des pièces de mobilier de Jean Prouvé.
Ce sera d’ailleurs la première fois que l’on pourra revoir, certes de manière partielle, l’œuvre de ce dernier à Nancy, depuis l’exposition rétrospective du Centre Georges-Pompidou il y a six ans.
Créateur — Jean Prouvé (1901-1984) fit partie de l’Union des Artistes Modernes (avec notamment Charlotte Perriand et Le Corbusier) — et industriel malheureux dans les années 50, il connut une reconnaissance tardive, recevant en 1981 le prix Erasme du design industriel, l’équivalent du prix Nobel.
Jean Prouvé fut très tôt immergé dans un environnement artistique privilégié puisqu’il a côtoyé, grâce à son père, Victor Prouvé, les grands noms de l’art nouveau.
Très vite, il devient l’un des ingénieurs-constructeurs les plus en vue, privilégiant le travail des matériaux tels que la tôle et le tube d’acier, le traitement d’avant-garde des détails, des formes et des assemblages.
Son inventivité lui permet de produire des éléments de construction standardisés et des meubles en série. “Construire un meuble est une chose sérieuse, très sérieuse… Les problèmes à résoudre sont aussi complexes que ceux des grandes constructions”, déclara-t-il. Jusque dans les années 50, Jean Prouvé réalisera ses meubles les plus typiques qui comptent parmi les plus intéressants du mobilier contemporain.
Ceux qui sont présentés dans l’exposition sont réunis grâce à l’aimable collaboration de Philippe Jousse et de Claude Prouvé.
Industriel, François Morellet (né en 1926) l’a aussi été jusqu’en 1975, date à partir de laquelle il s’est entièrement consacré à sa démarche artistique.
Il est aujourd’hui considéré comme l’un des artistes français les plus importants et son travail est présent dans les collections publiques de très nombreux pays, tant sur le continent européen qu'ailleurs.
Dès 1952, il choisit de s’appuyer sur un vocabulaire géométrique simple afin de réaliser des peintures en aplats, exécutées d’après un système prédéterminé.
Ce sont les débuts de son “art systématique et pasteurisé”, en plein essor de l’Ecole de Paris et dans un isolement où seuls quelques artistes suisses et américains, en particulier Ellsworth Kelly qui vit alors à Paris, ont entrepris des travaux qui se démarquent également "de l'air ambiant".
Durant ces années, Morellet fait d’ores et déjà un usage modéré de la couleur, le noir et le blanc étant déjà fréquemment appelé pour manifester au moyen de croisements et/ou de superpositions une méthode de perturbation optique qui débouche sur les premiers grillages en 1959, lesquels ne sont plus peints mais réalisés à l’aide de treillis métalliques.
Ce sont des œuvres de cette période, où Morellet se limite au médium qu’est le tableau, qui seront visibles à Nancy pour la première fois, alors que les trois précédentes expositions personnelles de Morellet à la galerie, en 1990, 1993 et 1994, avaient été consacrées à ses plus récents travaux.

L'exposition figure également au programme de l’opération nationale “Les 10 jours de l’art contemporain”, du 20 au 30 avril.
L’exposition sera encore exceptionnellement ouverte le mardi 3 juin, à l’occasion de la venue de Serge Lemoine, conservateur du Musée de Grenoble, lequel donnera une conférence sur François Morellet et Ellsworth Kelly au Musée des Beaux-Arts, place Stanislas.
Par ailleurs, François Morellet donnera une conférence sur ses réalisations intégrées à l’architecture le jeudi 20 mars à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts (avenue Boffrand); il réalisera également une installation néon dans le hall qui sera visible jusqu’au 10 avril.

Quelques repères / Morellet :
1950
exposition à la Galerie Creuze, Paris, “Morellet, peintures et sculptures”, mars
1952
Premiers systèmes
1958
Premières répartitions aléatoires
exposition à la Galerie Colette Allendy, Paris, Peintures de Morellet. A la recherche d’une base, mai (catalogue avec un texte de François Molnar)

Quelques repères / Prouvé :
1950
Travail pour l’Unité d’Habitation Le Corbusier, Marseille
Bureau “présidence”; fauteuil “visiteur”
Pavillon à portique, salon des Arts Ménagers, Paris
Siège Antony
1951
Maison type “coque”, Salon des Arts Ménagers, Paris
Postes à essence Mobiloil, Shell et Socony
Projet pour l’université européenne, Nancy (tour à noyau central)
1952
Sièges pour amphithéâtre; bibliothèques avec Charlotte Perriand
1953
Maison familiale de Nancy
1954
Pavillon du centenaire de l’aluminium, Paris
1956
“Maison des jours meilleurs”, pour l’Abbé Pierre, Paris
1958
C.N.I.T., Paris
Maison saharienne (avec Charlotte Perriand), Salon des Arts Ménagers, Paris


10 janvier - 15 mars 1997

Bernard Borgeaud

Bernard Borgeaud, œuvres récentes

Sensiblement en retrait par rapport à ce que les médias nous renvoient de la scène artistique actuelle, le travail de Bernard Borgeaud s'impose comme une exploration qui s'articule en séquences dont, au fil des années, le projet se révèle progressivement.
Bernard Borgeaud fait ses débuts dans le contexte parisien tout à la fin des années 1960. Dans la proximité des problématiques soulevées lors de l'exposition Quand les attitudes deviennent formes, présentée en 1969 par Harald Szemann à la Kunsthalle de Berne, il met en place des installations éphémères en extérieur et réalise sa première œuvre photograhique en 1970, Proposition pour improvisations photographiques (collection FRAC Bretagne).
Il développe par la suite une pratique où la photographie est convoquée au sein d'une exploration critique de l'espace classique, multipliant les points de vue et construisant chaque œuvre par accumulation de modules.
Celle-ci est généralement de grandes dimensions, afin de rendre nécessaire le déplacement du spectateur et de permettre à ce dernier de l'appréhender dans une immédiateté, sans toutefois l'épuiser au premier regard.
Dans D'un mur l'autre, un article publié dans le n°20 de la revue Art Présence, Michel Gauthier analyse les problématiques mises en jeu en s'attachant à une œuvre de 1979, Réserves.
L'œuvre photographique de Bernard Borgeaud se clôt au début des années 1990 par des pièces plutôt austères mais très subtiles, affirmant leur monumentalité.
Le dessin que l'artiste pratique régulièrement depuis le début des années 1980 a pris une soudaine importance, à l'occasion de deux expositions consécutives en 1994, à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris et à la galerie, où trois grands dessins à l'huile solide couvraient la totalité des murs transversaux de l'espace.
Tout en continuant la réalisation de ces grands dessins désormais sur toile tendue sur châssis, Bernard Borgeaud a renoué avec une autre technique qu'il avait abordée au milieu des années 1980, celle du scanachrome ou N.E.C.O. (Nippon Enlarging Color Operation), procédé comme son nom l'indique japonais que l'on pourrait qualifier d'hybride entre la peinture et la photographie.
Lors de séjours au Japon ces deux dernières années, il a réalisé une nouvelle série d'œuvres mettant à profit les ressources chromatiques offertes par la machine.
L'exposition que la galerie lui consacre, du 10 janvier au 15 mars, tente la confrontation des N.E.C.O. prints et des dessins sur toile, au travers de grands formats, exposés pour la plupart pour la première fois.

La galerie présente à l'occasion de l'exposition une édition originale de Bernard Borgeaud, Je dessine, strictement tirée à 20 exemplaires, signés et numérotés par l'artiste.


15 novembre - 30 décembre 1996

Sylvie Antoine et Rémi Dall’Aglio

Photographie & photogramme


13 septembre - 9 novembre 1996

Ernest T.

8 tableaux du Douanier Rousseau de la Collection Ernest T.

Pour la rentrée, la galerie fait une entorse à sa politique, résolument contemporaine, en présentant une exposition singulière et exceptionnelle.
En effet, elle porte à ces cimaises, pendant sept semaines, un ensemble de huit peintures du Douanier Rousseau (1844-1910), provenant de la collection Ernest T., lesquelles sont montrées en France pour la première fois.
Ces peintures n’ont été jusqu’à aujourd'hui exposées qu’en Allemagne, au printemps 1994 à Mönchengladbach.
Henri Rousseau, dit le Douanier, est né à Laval en 1844 et mort à Paris en 1910. Curieux itinéraire que celui de ce personnage, commis à l’octroi de Paris à partir de 1881 et qui s’est mis à la peinture vers 1884.
Autodidacte, il exerce son talent de copiste au musée du Louvre. Cependant dès 1886, présenté par Paul Signac, il expose au Salon des indépendants.
Les principaux thèmes de son œuvre sont représentés dans l’exposition : en premier lieu les portraits, où il fige les personnages tout en ayant une palette qui rappelle celle des primitifs. Trois portraits figurent dans l'exposition proposée par la galerie.
Dans ses paysages de Paris et de ses environs, également au nombre de trois dans l'exposition, le Douanier Rousseau décrit, avec une attachante et naïve poésie, des sites architecturés et paysagers très stylisés, qui sont habités par de rares promeneurs.
En 1907, il exécute son tableau le plus célèbre “La charmeuse de serpents”, aujourd’hui au musée d’Orsay, pour la mère de Robert Delaunay, un des rares artistes, avec Picasso et les écrivains Alftred Jarry et Guillaume Apollinaire, à admirer son travail.
Mais l'exposition de la galerie nous permet de découvrir également l'un des paysages exotiques aux épais feuillages, toujours traités avec une extrême frontalité, pour lesquels Rousseau a exercé une influence sur les cubistes, au premier rang desquels Picasso, bien sûr — celui-ci possédait plusieurs toiles du douanier — ainsi, qu’un peu plus tard sur les surréalistes.
Signalons enfin que c’est l’allemand Wilhelm Uhde qui, non seulement a fait découvrir à Daniel-Henry Kahnweiler Les Demoiselles d’Avignonde Picasso, mais s’est également attaché à faire connaître les peintres "naïfs", en particulier Rousseau, aujourd’hui considéré à juste titre comme le plus important.
Un catalogue monographique, édité à l'occasion de l'exposition à Mönchengladblach, est disponible à la galerie.


7 juin - 13 juillet 1996

Accrochage

Sylvie Antoine, Bernard Borgeaud, Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières, Emmanuel Saulnier
Dans ses derniers travaux, des peintures surprenantes, mais qui restent cependant conformes à son principe de travai l: générer une description appropriée du réel, Sylvie Antoine se livre en quelque sorte à une fausse analyse spectrographique, car sans le moindre caractère scientifique. il s'agit plutôt d'une mise à plat picturale des couleurs renfermées par des fleurs.
C'est aussi l'occasion, au travers des titres, d'une interrogation sur le langage, témoin Vergiß mein nicht (myosotis en allemand).
Toujours dans la salle des fresques, Bruno Carbonnet, dont on pourra voir à partir du 5 juillet prochain l'imposant Buisson ardent réinstallé en l'église des Cordeliers à Nancy, est présent dans cet accrochage avec une oeuvre de 1993, Coeur de salade.
Dans l'autre salle de la galerie se développe une structure spatiale plus dépouillée avec des œuvres graphiques faisant appel à des techniques et à des supports très diversifiés, mais dominées par un rapport noir/blanc.
Bernard Borgeaud laisse entrevoir pour la première fois le résultat de ses deux récents séjours au Japon avec D'un seul geste, un scanachrome réalisé sur un papier Washi ; les autres œuvres réalisées là-bas, plus monumentales, viennent d'être exposées par le Tokyo Metropolitan Museum of Photography.
Signalons que Bernard Borgeaud figure également dans l'exposition Délices & picturalités qui se déroule du 27 juin au 8 septembre à l'Ecole des Beaux-Arts de Metz (galerie de l'Esplanade). Il y est représenté par une œuvre importante, Point de vue (1981-82), acquise par le Frac Lorraine il y a trois ans.
Non loin des œuvres de Borgeaud, une suite de quatre photogrammes très énigmatiques de Rémi Dall'Aglio, intitulée Le déviateur, nous entretient de la poursuite des recherches de l'artiste au gré d'une technique pour le moins hybride et qui relève quasiment de l'alchimie.
Jean-François Lacalmontie propose une suite de 14 dessins sur transparent (encre sur acétate), ponctués de quelques-uns des signes graphiques qui animent la surface de ces œuvres picturales ou informatiques, si l'on se réfère au Chant des sirènes, pièce qui fut présentée il y a quelques mois par la galerie.
Enfin, pour clore cet acrcochage, et se faisant face, Emmanuel Saulnier et Jean-Claude Loubières, tous deux sculpteurs, nous démontrent combien le dessin est une pratique essentielle dans l'élaboration de leur démarche.


9 mars - 11 mai 1996

Bruno Carbonnet

Natures

Présenté très régulièrement par la galerie depuis sa création, en particulier au travers d'une exposition personnelle en 1992, l'œuvre de Bruno Carbonnet fait l'objet ce printemps d'une nouveau projet.
En 1988, Carbonnet choisissait la peinture comme lieu privilégié de son expression. Depuis, il manifeste dans ses travaux un même souci de présence, une même attention au regard.
Les figures/signes, la diversité des temps d'éxécution, la pertinence des formats, le travail de la couleur, les titres, tous ces paramètres visent le regard et le concentrent, l'appellent.
Ainsi, ces bases picturales lui permettent de développer une recherche formelle assez large autour de notions liées à la perception, à la couleur, à l'anatomie, aux archétypes, à la mémoire : en 1989, ce sont les Maisons ; en 1990-92, les Body traps, des fragments anatomiques ; en 1993 des Fleurs ; puis la question du rapport des objets au corps et enfin plus récemment encore, un questionnement autour de la spiritualité.
En 1994, Bruno Carbonnet a répondu à une commande directement liée au spirituel qui a donné lieu à un unique tableau, Jérusalem céleste (aujourd'hui collection du Fonds national d'art contemporain). Le tableau devenait ainsi lieu de concentration voire de méditation.
Les astrolabes, présentés durant l'été dernier dans l'église d'Arques-la-Bataille, ont poursuivi cette recherche.
Tandis qu'à la synagogue de Delme, Bruno Carbonnet présente jusqu'au 30 mai buisson ardent, une peinture monumentale, spécialement réalisée pour le centre d'art, sa seconde exposition personnelle à la galerie, intitulée Natures, est également liée à ce séjour à Delme puisqu'un ensemble d'œuvres sur papier s'inscrit en prolongement du buisson sous la forme d'instantanés (l'allusion à la photographie n'étant pas fortuite).
Ayant pour motif des rameaux, ces peintures, réalisées avec des moyens très simples (acrylique, fusain et encre), introduisent une forme de silence quasi-religieux.
Quant à l'autre salle de la galerie, celle qui est recouverte de fresques, l'artiste l'a seulement ponctuée de quatre petits tableaux au caractère plus organique.


29 novembre 1995 - 17 février 1996

France 1960-1995

Arman, Jean-Pierre Bertrand, Jean-Marc Bustamante, Philippe Cazal, Robert Combas, Daniel Dezeuze, Philippe Favier, Gloria Friedmann, Jochen Gerz, Raymond Hains, Jean Hélion, Jean-François Lacalmontie, Bertrand Lavier, François Morellet, Emmanuel Saulnier, Ben Vautier, Claude Viallat

En prêtant des documents iconographiques pour les ouvrages sur l'art en France entre 1945 et aujourd'hui, publiés par Les Nouvelles Editions Françaises, la galerie a saisi l'occasion de construire une exposition réunissant quelques-uns des artistes les plus marquants des trois dernières décennies.
Le choix d'Hervé Bize ne correspond pas aux césures opérées par l'éditeur et les auteurs (la période 1945-60 est traitée par Alain Bonfand et celle couvrant 1960-95 par Claude Minière) : il en va ainsi, entre autres, de la présence dans l'exposition de Jean Hélion, manière d'exprimer que l'art est aussi et surtout affaire de filiations, ou de Raymond Hains, dont le travail ne figure que dans le livre de Bonfand, au titre des Nouveaux Réalistes.
Le livre de Claude Minière, consacrée à la période contemporaine, a fait office de déclencheur pour l'élaboration de ce projet d'exposition qui se devait de trouver son autonomie.
Hervé Bize a invité la majeure partie des artistes sollicités à envisager leur participation en fonction du contexte, et surtout de la configuration de l'espace de la galerie. Ainsi, de nombreux travaux sont inédits mais des pièces parfois plus anciennes trouvent également, par le biais de l'accrochage qui se déploie dans les deux salles, des activations fructueuses. Des lectures croisées sont ainsi générées au gré du déplacement du visiteur.
Les œuvres qui ne proviennent pas directement des artistes appartiennent à la collection d'Hervé Bize, ce qui a sans nulle doute favorisé leur inscription dans l'exposition.
Voici en quelque sorte le synopsis.
De Robert Combas, on peut voir une œuvre de 1987 intitulée Une partouze somptueuse..., dont la facture dense, qui fait place tout à la fois à l'humour et à l'obscénité, manifeste le jeu poursuivi par l'artiste entre la langue, l'écriture et l'image.
Philippe Favier a souvent renversé dans son travail les rapports d'échelle, prenant le parti des choses ; un ensemble de neuf ardoises (1993-94) est réuni pour l'occasion. Dans une vitrine placée dans la première salle de la galerie, un rapprochement est tenté entre une autre pièce de Favier (La chute, 1986) et une œuvre sur papier de Jean Hélion, Figures tombées réalisée en 1982, quelques mois à peine avant que l'artiste, aveugle, ne soit contraint d'interrompre un travail acharné et essentiel.
Après la rétrospective organisée par le Musée d'Art Contemporain de Marseille, l'on peut espérer que la portée de la démarche de Ben Vautier soit plus justement mesurée. L'écriture présentée, Art ennuyeux (1987), empreinte d'ironie, révèle les interrogations constantes de Ben sur la vie, l'art et les avatars de notre société. (Le jeu de la vie, un multiple édité par la galerie en 1990, figure également dans l'exposition).
A l'image de Ben, Philippe Cazal a aussi introduit au travers de son nom — sa signature d'artiste est devenue un logo — un jeu de miroirs, dont les "produits" plastiques, faisant appel à des moyens très diversifiés, ont toujours un impact visuel fort et immédiat, témoin les deux pièces exposées, Projet pour un motif (1993), une affiche sérigraphiée et Echantillon (1995), dont la mise en œuvre, polymorphe mais répondant à un certain nombre de prescriptions définies par l'artiste, s'apparente à un parasitage.
C'est aussi par un phénomène de construction par glissement sémantique que travaille Raymond Hains. A l'instar de François Morellet, son exact contemporain, ils opèrent sur le mode de la déconstruction et effectuent des allers-retours dans une généalogie récente (Duchamp-Picabia). Hains, avec un diptyque intitulé Petit hommage à Sonia Delaunay (1995), nous renvoie à son esthétique du détournement et l'utilisation de cadres constitue en quelque sorte un clin d'œil au Nouveau Réalisme.
Quant à l'œuvre de Morellet, Free-vol n°8 (1992), réalisée à partir de son système fétiche (une page d'annuaire téléphonique), elle nous invite à une réflexion sur le statut de l'œuvre au moyen de principes essentiels chez Morellet, l'ordre et le désordre, ou bien encore la logique et l'absurde.
Il y a chez eux la volonté de démythifier l'acte créatif, ce que Jochen Gerz pourrait traduire par une formule L'art, c'est quelque chose de normal, un terrain d'échange, de réciprocité. Dans sa démarche, où la mémoire est une notion indissociable de celle d'invention, il s'exprime aussi bien en associant photographie et texte — dans l'exposition, Fishing water, 1995 — qu'avec la vidéo ou d'autres moyens.
Une autre artiste d'origine allemande, installée en France, est présente dans l'exposition, Gloria Friedmann. Elle recherche dans son œuvre une interpénétration de l'art avec la nature, alors que nous vivons dans un monde où tout s'accélère.
Dans une série intitulée Parias, entreprise en 1993, c'est le matériau brut qui est "sommé de révéler sa beauté". Cet art "pauvre", constitué d'aliments, permet à Gloria Friedmann, allusivement et insidieusement, d'engager un dialogue avec une peinture "plus noble". Les Spaghettis (1995) n'évoquent-ils pas, ici aussi non sans ironie, une sorte d'écriture automatique chère aux Surréalistes ?
Jean-Pierre Bertrand a également souvent convoqué des agents naturels dans son travail (miel, citron, sel), constitutifs d'une alchimie propre à l'artiste. La notion de cadre, le temps sont inscrits dans sa démarche depuis son origine, cinématographique, faut-il le rappeler. La pièce, sans titre, présentée dans l'exposition est spécifiquement conçue pour l'occasion : l'intrusion d'une image télécopiée, issue d'un film réalisé en 1993, placée à proximité d'une barre monochrome, opère une sorte de court-circuit visuel et temporel.
Emmanuel Saulnier poursuit un travail de sculpture marqué par l'intervention spécifique dans les lieux qui lui sont proposés. Il reste fidèle à un matériau d'élection, le verre, pour élaborer ses dispositifs. Sa démarche entretient une relation singulière, avec l'espace et le spectateur, et génère, dans le cadre de son appréhension, un subtil rapport de déplacement.
Jean-François Lacalmontie introduit dans l'exposition une dimension virtuelle avec la présentation inédite du Chant des sirènes (1995), une pièce réalisée à partir d'un micro-ordinateur doté d'une programme spécifique.
Dans son travail pictural, Lacalmontie use d'une banque de données, des dessins, dont il peut tirer parti à l'infini pour constituer les images de ces tableaux (d'ordinaire sur toile ou sur papier). Un logiciel permet, dans le cadre de cette nouvelle génération de pièces, aux dessins de se créer sous le yeux du spectateur et de défiler comme des mirages.
Ces œuvres pourront adopter des dispositifs différents : à Nancy, l'artiste a provoqué, au moyen d'un papier-affiche, un dialogue discret avec la fresque du début du siècle qui couvre certains murs de la galerie.
Claude Viallat et Daniel Dezeuze ont partagé l'aventure du groupe Supports-Surfaces et leurs œuvres semblent toujours aujourd'hui partager un caractère nomade. Viallat reste fidèle à cette forme d'éponge comme outil visuel expansionniste ; dans l'exposition, un rideau au crochet sert de support à ses formes déchiquetées, à peine identifiables.
Dezeuze, quant à lui, manipule des matériaux (échelles, gaze, ...) ou des objets : la configuration de ses pièces, dessins ou assemblages, évoquent également une forme de nomadisme, parfois accentué par l'accrochage.
Bertrand Lavier, dont le travail est généralement identifié par des objets, associés sous forme d'équations ou repeints — une balise de chantier pour Capri, l'œuvre présentée dans l'exposition, est plus proche de Brancusi, Picabia, Léger que de Duchamp. Ses chantiers d'œuvres, empreints d'un humour corrosif, provoquent aussi des courts-circuits visuels et esthétiques, où l'art et la réalité se télescopent.
Terminons par Arman. Depuis les années 1960, celui-ci est aussi identifié pour son travail autour et avec les objets. Deux œuvres de 1966 et 1970, placées dans la vitrine, Cachet et Colère de réveil, sont des prélèvements opérés par l'artiste puis réinjectés dans le réel après une appropriation plastique prédéterminée (ici inclusion et empreintes).


13 octobre - 25 novembre 1995

Œuvres récentes

Mark Alsterlind, Sylvie Antoine, Bernard Borgeaud, Rémi Dall’Aglio, Jean-Claude Loubières, Josep Vallribera

La première exposition de la programmation 1995-96 réunit des oeuvres de six artistes français et étrangers.
Elle permettra essentiellement au public de découvrir des pièces d'artistes, dont la galerie n'a pas montré les démarches depuis une période parfois assez longue, due au roulement des expositions, à des projets spécifiques voire aux travaux des artistes qui s'élaborent sur des temps différents.

De l'ensemble des oeuvres présentées dans cette exposition, on peut relever le caractère nomade accentué par une structure d'accrochage très libre.
Sylvie Antoine propose une pièce, constituée par deux dessins réalisés avec des pigments naturels (encre de seiche et safran) qui synthétise sa démarche: l'appréhension du réel en usant de moyens plastiques très larges.
Jean-Claude Loubières est présent avec un ensemble de dessins qui se déploie dans un angle de la première salle; rendus très diaphanes par l'utilisation de la paraffine, ils laissent entrevoir des réseaux de perforations.
Le travail de Josep Vallribera, un artiste catalan présenté pour la première fois, s'inscrit dans l'exposition avec un triptyque sur papier, dont l'écriture est très graphique.
De Rémi Dall'Aglio, cette exposition rend visible le travail réalisé autour de la notion de photogramme; une pièce bleutée (due au méthylène), proche de celle acquise l'an dernier par le Fonds National d'Art contemporain, figure notamment dans l'accrochage.
Celle-ci entretient un rapport de proximité avec le travail graphique de Bernard Borgeaud, représenté ici avec Masse rapide et Deux parties d'un geste. Ces deux oeuvres montrent combien son approche du dessin est intimement lié à ses oeuvres photographiques, plus connues.
Enfin, Mark Alsterlind, dans la seconde salle de la galerie, donne à voir quatre pièces d'une suite intitulée Last night; celles-ci sont accrochées à proximité des fresques du début du siècle, mises à jour en février 94.


1er juillet - 9 septembre 1995

Philippe Cazal, François Morellet et Ben Vautier

Eté, programme minimum


2 juin - 8 juillet 1995

Philippe Cazal

Mise au point/point de vue


A l’initiative de l’Ecole nationale des beaux-arts de Nancy, trois interventions de Philippe Cazal sont programmées en Lorraine, sous l’intitulé Mise au point/Point de vue.
Le Musée d’Art ancien et contemporain d’Epinal et la Galerie Art Attitude Hervé Bize s’associent à l’Ecole pour constituer un projet triparti.

Philippe Cazal (* 1948, La Redorte) analyse dans sa démarche l’expérience artistique. Son travail, son attitude — pour reprendre une formule chère à Ben Vautier — l’ont amené à prendre pour champ d’investigation la technique publicitaire.
Mais c’est bien en tant qu’artiste qu’il mène cette recherche : il contrôle les différents paramètres constitutifs de l’œuvre, de son élaboration à sa mise en espace, sans oublier sa communication.
Philippe Cazal détourne et active donc, dans le champ de l’art, des stratégies d’ordre publicitaire : en témoignent l’usage d’un personnage symbole (l’artiste lui-même), la marque (son nom traduit en 1985 sous forme de logotype par l’agence Minium), les messages sentences ou mots, intégrés dans ses œuvres.
Il réalise ainsi une "œuvre lisse", plutôt séduisante et efficace, à l’image du merchandising qui nous envahit quotidiennement.
“Je fais réaliser des visuels, en surface ou en volume, proche d’une esthétique du quotidien.(…) A la première lecture, mon travail fait souvent penser à autre chose qu’à de l’art. En fait une majorité des pièces que j’ai réalisées obéit soit à un procédé de construction par glissement sémantique (ou phonétique) entre les acceptions d’un même mot, soit à des jeux de rapprochement (des liens invisibles sont mis en évidence, des liens impossibles sont assumés comme possibles)”, déclarait l’artiste dans un entretien en 1993.

Le patronyme Philippe Cazal s’est donc mué en objet PHILIPPE CAZAL, voire PC. L’emploi du positif/négatif dans le logo de l’artiste ou dans la plupart de ses œuvres permet une reconnaissance immédiate.
Une réflexion de François Morellet (de 1989), “Je suis trop vieux pour mettre au point une stratégie implacable comme celle qu’aujourd’hui adoptent les jeunes cadres et les jeunes artistes branchés”, démontre combien l’entreprise de Philippe Cazal est engagée et périlleuse, “sur le fil du rasoir”, tant certains artistes exploitent des paramètres ou des concepts recyclés sur un mode déclinatoire, empreint d’un caractère consumériste, depuis Warhol et ses boîtes Brillo, entre autres.
Philippe Cazal préconise, dans son rapport au monde, une position dualiste, puisque tout à la fois d’ordre critique mais néanmoins inscrite simultanément dans une adhésion au présent. Le processus activé par Cazal affirme son attachement à la “visualité” des pièces et à la manière dont elles fonctionnent,par rapport à son intention et au développement du travail.
En somme, sa saisie se situerait bien à la césure, indéniablement, du jeu positif/négatif du logo, son image emblématique.

Mise au point/Point de vue est l’intitulé générique voulu par l’artiste pour synthétiser ce projet en Lorraine qui réunit trois lieux très différents, tant spatialement que dans leur fonction ; un intitulé qui n’est guère “innocent” dans un contexte, où la diffusion et l’appréhension de l’art contemporain méritent quelques recommandations. Philippe Cazal a conçu plusieurs œuvres pour son exposition à la galerie, dont une qui “s’appuiera” sur la cloison qui sépare les deux salles.
Son intervention à l’Ecole d'art de Nancy se matérialisera par une conférence, le lundi 19 juin, ainsi que par l’édition d’une carte postale-objet.
Enfin, il présente à Epinal, à partir du 24 juin, une seule œuvre, visible de l’extérieur, depuis le parvis du Musée d’Art ancien et contemporain.


3 mars 1995 - …

La Bataille de Nancy

Exposition évolutive à partir d'envois spécifiques d'artistes, d'archives de la galerie confrontées à des documents relatant la vie artistique de Nancy de 1850 à 1945.

Ce projet emprunte son titre, La Bataille de Nancy, non sans ironie, au fameux tableau d'Eugène Delacroix, conservé au musée des Beaux-Arts.
Il a débuté le 3 mars - pour une durée indéterminée - et a pour ambition de conserver tant sur le plan spatial que formel une ouverture constante.

La Bataille de Nancy s'organise sous la forme de strates, à l'image même de la configuration de la galerie (ouvertures du XVIIIème siècle et fresques art nouveau entrent en correspondance avec les oeuvres contemporaines):
- archives de la galerie liées essentiellement aux artistes qui "gravitent" autour d'elle
- envois et projets spécifiques des artistes
- documents historiques qui évoquent certaines périodes de l'histoire culturelle de Nancy.

La Bataille de Nancy est donc résolument de caractère hybride La présentation d'archives, peu courante (correspondances, projets, photographies, textes, ...), que l'on pourrait a priori considérer comme peu signifiants n'est pas à considérer en tant qu'éléments à caractère rétrospectif. Elles permettent tout au contraire de livrer de nouvelles informations sur les démarches des artistes. Quelques oeuvres originales appartenant au fonds de la galerie - pour la plupart inédites -, des livres et des éditions seront également présentés.
Les envois des artistes pour ce projet sont également très "éclectiques" et s'orientent très différemment. Chacun des artistes a en effet la plus grande latitude pour y prendre part. Certaines de leurs propositions pourront être réalisées extra-muros. Des précisions vous seront communiquées ultérieurement.
Les documents historiques sur Nancy - ils évoquent tout à la fois Jean Lamour, Grandville, Gallé, Friant, ... - sont issus exclusivement de collections privées. Confrontés directement aux éléments contemporains, ils permettent des rapprochements inattendus, suscités par une mise en espace spécialement conçue pour l'occasion (accrochage mural délimité, circulation avec plan horizontal et vitrines).
Ce projet actualise les données génériques qui conduisent le travail effectué par la galerie:
- un engagement politique (à entendre au sens sémiologique)
- une identité forte revendiquée par l'espace de la galerie, de manière à créer une sorte d'imprégnation des oeuvres.
La Bataille de Nancy entend montrer que catégoriser l'art et les artistes est une activité bien stérile, surtout pour la création contemporaine, qui n'est pas monolithique puisqu'elle génère de nouveaux dispositifs pour l'oeuvre d'art.
Afin de préserver l'attitude qui prévaut à l'élaboration de cette exposition - son caractère très ouvert - de nombreuses personnes (artistes, responsables d'autres lieux, historiens, étudiants) sont associées à son montage et à son déroulement. Des propositions dues à d'autres artistes que ceux de la galerie, pour la plupart très jeunes, constitueront une petit programmation "off".


10 novembre 1994 - 14 janvier 1995

Rémi Dall'Aglio

Rémi Dall'Aglio, Plan/Elévation

Simultanément Galerie de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Nancy

Volontiers polymorphe, la démarche de Rémi Dall'Aglio ne peut se lire que dans l'enchaînement de ses différentes phases, la métaphore stellaire n'est d'ailleurs pas gratuite.
Tout mon travail fonctionne en peu sur le mode de la transformation, sur le passage d'un état à un autre, d'une forme à une autre, d'une idée à une autre peut-être plus élaborée..., déclarait déjà l'artiste en 1986.
Les oeuvres de Dall'Aglio (peintures, dessins, photogrammes ou installations) sont des jalons posés, lesquels se donnent à voir dans l'expérience que le spectateur peut en faire. C'est une sorte d'entre-deux auquel l'artiste parvient, un compromis entre la rigueur scientifique et l'irrationalité que peut renfermer la création artistique.
Dans la galerie de l'Ecole Nationale d'Art de Nancy, Dall'Aglio, invité dans le cadre d'une carte blanche donnée à Hervé Bize, a tenu compte de la spécificité du lieu et de sa configuration physique pour réaliser une installation qui délaisse les zones traditionnelles de l'accrochage. En effet, les caissons du plafond constituent un champ pictural composé de ballons en plastique intitulé Plan: élévation.
Dall'Aglio expose également à la galerie Art Attitude jusqu'à la fin de l'année un ensemble d'oeuvres très récentes. A signaler que ces deux expositions reçoivent le soutien de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture (un livret devrait paraître à l'issue de ces deux projets).


16 septembre - 29 octobre 1994

Bernard Borgeaud

Bernard Borgeaud, Dessins

Bernard Borgeaud a défini son projet en fonction de la structure de la galerie : deux salles de dimensions comparables marquées par des stratifications laissées par les occupants depuis le XVIIIème siècle : un relais de poste dont il ne subsiste que les ouvertures, puis un magasin de musique auquel on doit de nombreuses décorations Art nouveau (vitraux et fresques récemment mises à jour).
Bernard Borgeaud a décidé la réalisation de trois dessins monumentaux en utilisant uniquement les murs transversaux de la galerie.
Pour lui, le dessin est indissociable de son travail photographique, la même énergie y prévaut et leur pratique génère une constante recherche sur l'espace : les œuvres — constituées pour les photographies de modules réguliers, de lés de papier pour les grands dessins — se déploient littéralement tout en révélant une identité singulière.
En réaction au flot d'images que nous "consommons" quotidiennement, Bernard Borgeaud s'est écarté d'une tendance traditionnelle de la photographie pour le naturalisme ou la reproduction du monde extérieur, vidant suivant son expression, le viseur de l'appareil photo de ce qui est indésirable, contingent, anecdotique ou purement formaliste, c'est-à-dire gratuit.
Les dernières pièces photographiques ou les récents dessins monumentaux, par leur capacité à exprimer l'espace, ont plus d'affinitiés avec la peinture (dans leur relation au mur) ou la sculpture ; Bernard Borgeaud ne cache pas l'attention qu'il porte, en guise de repères, à certains artistes américains, Richard Serra par exemple, pour avancer dans la mise en relation entre espace concret et espace figuratif.

La galerie publie à l'occasion de l'exposition un livret, avec une étude de Michel Gauthier consacrée aux dessins de l'exposition.


6 mai - 9 juillet 1994

François Morellet

Conversation, Gottfried Honegger et François Morellet

Cette exposition reprend le principe d’un projet réalisé en 1992 par Bernard Borgeaud et Emmanuel Saulnier : deux artistes conçoivent mutuellement leur exposition et ne présentent qu’une seule œuvre chacun.
Désormais baptisé Conversation, ce type de projet sera périodiquement repris par la galerie.
Sont réunis, jusqu’au 9 juillet, deux artistes de renommée internationale, Gottfried Honegger (qui expose actuellement à la Synagogue de Delme) et François Morellet, dont la galerie a déjà organisé deux expositions en 1990 et 1993.
Si leur œuvre respective entretient d’évidentes affinités (et les deux artistes une solide amitié), rappelons leur goût pour la géométrie et l’aléatoire, leur attitude diffère très sensiblement : la frivolité déclarée de Morellet contraste avec la gravité d’Honegger, lequel est convaincu du rôle social de l’artiste.
Les deux pièces présentées synthétisent les caractéristiques principales de leurs démarches : économie de moyens, radicalisme, simplicité.
Les textes écrits par les deux artistes depuis le début des années 70 (certains figurent en fac-similés dans l’exposition) constituent également des points de repères importants et le livret, édité à l’occasion de l’exposition, est à ne pas manquer.
Savez-vous pourquoi ? est un “recueil” de dix questions posées par les deux artistes. Celles-ci trahissent bien évidemment leur personnalité, l’engagement d’Honegger, "L’amour pour l’art est-il un héritage inné ou une éducation est-elle possible ?", et le goût pour l’absurde de Morellet avec, pour reprendre sa formule, des questions "frappées au coin du non-sens".
Il s’agit en quelque sorte d’un concours, ouvert à tous, et les six meilleures réponses gagneront une gravure originale.
Bonne chance à tous !


5 mars - 30 avril 1994

Restauration

Bernard Borgeaud, Rémi Dall’Aglio, Jean-Claude Loubières, Emmanuel Saulnier

De récents ravaux d'aménagement dans le local que la galerie occupe depuis maintenant cinq ans, à deux pas de la place Stanislas, sont à l'origine de la mise à jour, partielle, de peintures murales du début du siècle (fresques réalisées au pochoir). Celles-ci présentent des motifs floraux entrelacés, au sommet desquels figurent des médaillons dédiés à de célèbres compositeurs anciens ou contemporains à l'époque (Gabriel Fauré, Jules Massenet, César-Franck,...). Cette salle de musique faisait partie d'un magasin qui s'étendait alors jusque sur la rue.

Hervé Bize a toujours souhaité, depuis l'ouverture de la galerie Art Attitude, que cet espace, qui n'a guère d'équivalent dans l'est de la France et qui est aujourd'hui reconnu comme une des plus intéressantes (et trop rares) galeries installées en province, ne soit pas seulement un lieu receveur mais qu'il véhicule un véritable esprit créatif.
Cette découverte renouvelle l'espace de la galerie, provoque de nouvelles contraintes pour les artistes amenés à intervenir à Nancy et contredit du même coup l'image trop souvent propagée de l'espace neutre et blanc, lequel serait propre à la diffusion de l'art d'aujourd'hui.

La première exposition qui tient lieu de réouverture s'intitule restauration (5mars-30 avril). Elle réunit quatre artistes régulièrement présentés par la galerie et prend donc en compte la nouvelle structure de l'espace en jouant avec certains des vestiges révélés: Bernard Borgeaud , qui exposera à partir du 31 mars à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, est représenté par deux oeuvres, caractéristiques du processus qu'il utilise depuis une dizaine d'années, des modules photographiques assemblés; Emmanuel Saulnier, dont le travail a été récemment présenté à la synagogue de Delme et qui expose actuellement au C.R.E.D.A.C. à Ivry-sur-Seine, l'est par une pièce intitulée Sur de (1993, pyrex, eau déminéralisée); Rémi Dall'Aglio par une pièce murale Claire-voie (1989, gélatine bichromatée sur bois) et deux photogrammes très récents; enfin Jean-Claude Loubières par deux pièces nouvelles qui associent des vessies de ballons à des éléments en acier émaillé.
Les oeuvres retenues pour ce projet sont naturellement inédites, leur association n'est pas fortuite et de nombreux liens permettent de susciter une lecture croisée.


5 novembre - 18 décembre 1993

Sylvie Antoine

Sylvie Antoine, peintures, photographies, dessins et projection

(Catalogue)


16 septembre - 30 octobre 1993

François Morellet

3 trames, 2 triangles, 1 étoile

En guise de prolongation à l’exposition tripartite, François Morellet, Nancy-Delme-Marsal, qui s’est déroulée cet été en Lorraine, la galerie présente, après Delme, l’œuvre intitulée 3 trames, 2 triangles, 1 étoile dans une version plus domestique.
Cette pièce exceptionnelle en néon est en effet installée, moitié au mur, moitié au sol, dans une configuration très différente de celle qui fut adoptée à la synagogue de Delme, illustrant ainsi sa totale flexibilité.
Le spectateur peut ici s'en approcher alors qu'à Delme, il devait se "contenter" d'une vision aérienne.
Cependant, elle conserve toutes ses caractéristiques. Lorsqu’elle est stable, cette œuvre suggère une étoile à six branches et lorsqu’elle clignote, avec l’aide du spectateur, elle se transforme en trois trames interférentes.
Le néon est un des matériaux fétiches de François Morellet. Il l’a adopté au début des années soixante ; l’intensité de l’éclairage et surtout son impersonnalité n’étaient pas pour lui déplaire car cela le confortait sans doute dans une certaine mise à distance de l’aventure artistique elle-même.
Il manifestait ainsi à nouveau sa volonté de démythifier le caractère démiurgique du créateur, tout comme les principaux artistes minimalistes américains, dont il a anticipé, bien souvent, les recherches.

Un catalogue, ainsi qu'un magnifique multiple, CDORUORIBTEE, sont également réalisés à l’occasion de la venue de l’artiste en Lorraine. Ils sont disponibles à la galerie.


4 juin - 31 juillet 1993

François Morellet

Nancy-Marsal-Delme

en construction


27 mars - 22 mai 1993

Jean-Claude Loubières

Profils, projets, orangeries, autres

Le développement le plus récent du travail de Jean-Claude Loubières nous invite à un parcours, dont la configuration est, pourrait-on dire, nomade tant ses sculptures sont à géométrie variable.
En effet, à la différence des œuvres réalisées jusqu'en 1991, date de la précédente exposition de l'artiste à la galerie, ses dernières pièces entretiennent le doute même dans leur dispositif d'accrochage, lequel n'est pas définitivement déterminé.
S'opère alors une circulation assez singulière — semblable à celle de flux énergétiques — d'une œuvre à une autre, voire même à l'intérieur d'une seule et même pièce, à l'image de cette Double colonne qui nous est proposée dans une "version" extensible ou ductile ; un effet quasi cinétique s'en dégage et contribue à l'incertitude de son appréhension.
Si le propre d'une œuvre est de nous pousser à nous interroger, les réponses que nous pourrions y apporter ne peuvent d'ailleurs, comme le rappelle très justement l'artiste, que nous conduire vers de nouvelles sources de réflexion.
D'autre part, les volumes de Jean-Claude Loubières offrent une qualité éminement graphique : il ne faut pas s'en étonner lorsque l'on considère l'attention toute particulière qu'il porte au dessin, activité chez lui toute domestique.
La suite de dessins sur papier sulfurisé, présentée dans la seconde salle de la galerie, plonge justement le spectateur dans un environnement plus intimiste. Ces œuvres diaphanes qui brillent presque par leur absence — Loubières pratique en effet l'effacement pour les faire surgir, contrairement aux travaux antérieurs, véritables concentrés dotés d'une tension marquée — "complotent" avec les sections et scansions lumineuses d'une pièce posée à même le sol, Arc en quatre. Dans la première salle, un dessin mural Profil II (paraffine au mur), poursuite d'un travail réalisé à l'extérieur l'an passé dans le petit village de Marsal, insaisissable dans sa globalité, entretenait le même type de relations avec les œuvres voisines.
Déposés ou accrochés, les travaux de Loubières ne sont pas à considérer frontalement ; ils suscitent une déambulation et engagent leur cohérence dans le continuum spatial du regard.


23 janvier - 20 mars 1993

Ben Vautier

Le dernier cri

La galerie ouvre l'année avec Ben Vautier.
Il s'agit de sa troisième exposition personnelle, après celle de 1989 où figurait notamment un remarquable ensemble d'œuvres de 1976-77 et celle, il y a tout juste deux ans, du Jeu de la vie, un ensemble spécialement réalisé pour la galerie, dont le vecteur était une édition.
Ben est certainement l'un des artistes contemporains les plus populaires mais peut-on considérer pour autant que sa démarche est véritablement connue ?
"Dans son œuvre protéiforme, à travers laquelle Ben ne cesse de manifester son ego sous la forme la plus directe, la plus accessible qui soit, celle du langage, se dessine donc le règne des écritures ; l'expression picturale paraît être reléguée au rang d'ouvrière.
Ben semble récuser la peinture et pourtant il l'interroge en nous prescrivant des messages, certes lapidaires mais justes puisqu'ils produisent toujours leur effet". […]
L'exposition intitulée Le dernier cri donne lieu à la réalisation d'un ensemble qui plonge l'une des deux salles de la galerie dans l'obscurité. Transformée en chambre, l'espace est ponctué par une série de tableaux fluorescents, Dormir tranquille, et pendant ce temps-là…, ainsi que par d'autres œuvres lumineuses (globes terrestres, valise remplie d'ampoules parodiant une accumulation d'Arman, etc.).


13 novembre 1992 - 9 janvier 1993

Des moyens de perfectionner la vision

Mark Alsterlind, Bernard Borgeaud, Alec De Busschère, Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, Jean-Claude Loubières, François Morellet, Emmanuel Saulnier, Ben Vautier


19 septembre - 31 octobre 1992

Emmanuel Saulnier

Bernard Borgeaud, Emmanuel Saulnier

La galerie présente, du 19 septembre au 31 octobre, des travaux récents de Bernard Borgeaud et Emmanuel Saulnier.
Ce dernier, dont la démarche a déjà été présentée à Nancy à plusieurs reprises, a souhaité inviter Bernard Borgeaud dans le cadre de cette nouvelle exposition.
En effet, même si les deux artistes utlisent des médias différents — la sculpture (le verre) pour Saulnier et la photographie pour Borgeaud —, leurs œuvres entretiennent sans conteste certaines correspondances : leur réflexion porte, entre autres, sur les notions d'horizontalité/verticalité, transparence/opacité, etc.
Ces affinités se trouvent renforcées par la récente apparition du noir dans leurs travaux respectifs.


16 mai - 30 juin 1992

Bruno Carbonnet

Bruno Carbonnet, œuvres récentes

La galerie présente, du 16 mai au 30 juin, le travail de Bruno Carbonnet.
Un livre d'artiste, Mélange optique (publié aux Editions Voix) constitue le vecteur principal de ce projet qui inclut dans sa structure, outre des peintures récentes, le travail préparatoire du livre, ainsi qu'une sculpture étonnante (matrice en plomb, sorte de creuset alchimique).
C'est autour du gris et du sentiment de mélancolie qu'il engendre que Bruno Carbonnet a pensé ce livre où il a utilisé, entre autres, des photographies de murs lézardés.
Celles-ci renvoient à un extrait, fameux, des carnets de Léonard de Vinci : "Si tu regardes des murs barbouillés de taches, ou faits de pierres d'espèces différentes, et qu'il te faille imaginer quelque scène, tu y verras des paysages variés, des montagnes, fleuves, rochers […] Tu y découvriras aussi des combats et figures d'un mouvement rapide, d'étranges airs de visages, et des costumes exotiques, et une une infinité de choses que tu pourras ramener à des formes distinctes et bien conçues. […]
A l'instar des murs évoqués par Vinci, véritables réceptacles de signes informels, lesquels sont un appel à l'imagination, les tableaux de Bruno Carbonnet le sont également tant l'artiste pose ouvertement la problématique de la lecture de l'œuvre qui oscille entre la création de l'objet par l'artiste et sa "reconnaissance" par l'artiste.
Body traps (littéralement pièges pour le corps), titre qu'a utilisé dernièrement Bruno Carbonnet pour une exposition à Londres, est révélateur de l'attitude de l'artiste : ses œuvres, dont l'élaboration patiente concentre en elles l'énergie, peuvent être considérées comme des pièges pour le regard.
"Malheur" à celui qui, trop pressé, ne pourra en déjouer l'approche car seule une appréhension attentive lui permettra de percevoir les interrogations et les ambiguïtés véhiculées par ces images à la limite du figuré.


27 mars - 9 mai 1992

Rémi Dall'Aglio

Rémi Dall'Aglio, travaux récents

D'origine genevoise, Rémi Dall'Aglio s'est installé à Gajan, un petit village situé à une dizaine de kilomètres de Nîmes. L'atelier est à l'image de Rémi: discret et modeste (il occupe en fait le garage).
Alentour, apparemment peu de choses à voir. Pour ma visite, Rémi a installé quelques oeuvres et m'avertit qu'elles ne sont peut-être pas achevées.
Bien qu'à mes yeux, ces paraissent finies et dignes, en tous cas, d'être appréhendées, celles-ci semblent, en effet, conserver la possibilité d'une mutation; impression qui s'effacera lors de l'exposition, où elles imposeront alors leur configuration avec évidence, comme s'il n'avait pas pu en être autrement.

Le travail de Rémi Dall'Aglio fonctionne sur le mode de la transformation, du détournement - apparemment mineur d'objets - et donc sur le passage d'un état à un autre. L'objet rencontre alors la peinture.
La simplicité, l'efficacité de ces oeuvres résultent de la justesse instaurée entre les éléments utilisés. Cette faculté, dont Rémi Dall'Aglio dispose, le rapproche de François Morellet, d'autant plus que sa démarche n'exclut pas non plus l'humour.
La pièce réalisée à Nancy pour l'ouverture de la galerie en 1989, intitulée Réseau courbe, brosse univers, en témoigne. Pour Dall'Aglio, les objets qu'il manipule - on pourrait croire à de la prestidigitation - sont des alliés qui lui permettent de se soustraire aux problèmes de composition qui régissent toute création picturale. Il s'agit de lire l'objet; la peinture en découlera.

Depuis longtemps, Rémi Dall'Aglio s'intéresse à la science, et en particulier à la propagation de la lumière. Ses dernières pièces sont réalisées avec de la gélatine photosensible.
Le mouvement est d'ailleurs très présent dans son travail; mouvements de l'artiste qui donnent naissance aux courbes et ellipses qui s'inscrivent, par exemple, dans les dessins pendulaires.

La découverte des oeuvres de Dall'Aglio est une nouvelle confirmation: la peinture est bien un acte de connaissance.


20 février - 21 mars 1992

Accrochage

Mark Alsterlind, Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières, Gérald Thupinier, Ben Vautier, Andy Warhol


10 janvier - 15 février 1992

Temporairement locataires

Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières, Emmanuel Saulnier

Pour le premier rendez-vous de sa programmation 92, la Galerie Art Attitude présente une exposition intitulée Temporairement locataires. Celle-ci réunira les artistes suivants: Bruno Carbonnet, Rémi Dall'Aglio, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières et Emmanuel Saulnier.

A l'exception de Bruno Carbonnet (dont une exposition est programmée pour le printemps), les quatre autres artistes ont déjà réalisé une voire deux expositions personnelles à Nancy.

En effet, Temporairement locataires s'inscrit naturellement dans le cadre de la politique menée par la galerie depuis trois ans: contribuer, malgré la situation régionale des arts plastiques, assez préoccupante, à la diffusion des oeuvres des artistes de la galerie par un travail de suivi cohérent, à même de lui permettre d'être un espace créatif par les projets qu'il suscite.
Le titre de cette exposition illustre donc le contexte régional et local; en effet, la monstration de l'art contemporain à Nancy n'est toujours pas conforme à ce que l'on pourrait attendre d'une agglomération aussi importante.

Temporairement locataires présentera des oeuvres récentes de chacun des cinq artistes. Certaines pièces (les sculptures de Lacalmontie et Loubières) ont été spécialement réalisées pour cette exposition.

Cette exposition permettre aussi au public de découvrir, pour la première fois, quelques publications récentes (livres à tirage limité) concernant Lacalmontie, Loubières et Saulnier.


8 novembre - 21 décembre 1991

Jean-François Lacalmontie

La fiancée de l’ombre

La première exposition à Nancy de Jean-François Lacalmontie réunira un ensemble inédit d'oeuvres sur toile et sur papier.
Pour que le réel puisse exister il faut avoir le sens de sa virtualité. Il n'a pas d'abord le virtuel puis le réel. Il y a la virtualité qui anime le réel. Elle est un élément central de mon travail (...).
(...) L'important est que ma forme soit là et qu'en elle s'éprouve sa disparition comme son développement. La forme est toujours un levier pour l'émotion, la connaissance, l'imaginaire.
La complexité d'une oeuvre est dans son degré de virtualité. J'ai un milliard de possibilités formelles, une surgit au milieu de la toile, il faut qu'elle garde en elle le milliard de possibles, cette légèreté instable du virtuel. Une oeuvre est toujours une forme qui se trouve et se perd à chaque seconde.
Jean-François Lacalmontie

A cette occasion, parution d'un livre aux Editions Voix/Richard Meier.


13 septembre - 26 octobre 1991

Mark Alsterlind

Leporello & les autres

Si Mark Alsterlind a délaissé depuis plus d'un an le travail sur toile au profit de grandes peintures sur papier aux bords déchiquetés, il a choisi de présenter, à l'occasion de sa seconde exposition à la galerie Art Attitude, des oeuvres qui démontrent le rapport étroit qu'il entretient avec le livre et l'écriture.
En effet, aux livres de compte, minutes, manuscrits, sur lesquels il travaille quotidiennement, s'ajoutent désormais d'autres pièces, des livres trouvés en Suisse, que les brocanteurs nomment Leporello et qui se déplient en accordéon*.
Cinq d'entre eux figurent dans l'exposition, aux côtés d'une soixantaine de petits peintures sur papier, issues d'un travail préparatoire de l'artiste pour un livre.
Toutes ces oeuvres contiennent les formes d'objets mystérieux, d'instruments, plus ou moins reconnaissables, dont nous ignorons les destination mais qui sans conteste, appartiennent au registre du chercheur, du découvreur.
C'est bien la peinture qui est le sujet de ces pseudo-représentations; ces signes, comme le souligne Vianney Lacombe dans une récente contribution, ne sont que des prétextes pour organiser la surface de ses tableaux, mais ces prétextes ne sont pas tout à fait innocents. Ils ne renvoient pas à l'homme qui les utilise, dont on ne peut que remarquer l'absence. Ils sont l'homme, dont les traces de pas sont imprimées sur le sol. Ils sont l'impossibilité de réunir actuellement les renseignements nécessaires à sa représentation (...).
*Leporello est le nom du valet de Don Juan dans l'opéra de Mozart.


Mai - juin 1991

Accrochage

Mark Alsterlind, Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, Daniel Dezeuze, Jean-Claude Loubières, Bernard Pagès, Gérard Traquandi, Ben Vautier, Claude Viallat, Andy Warhol


26 avril - 4 mai 1991

Sylvie Antoine

Sylvie Antoine, Les quatre Saisons (le printemps)


8 mars - 20 avril 1991

Jean-Claude Loubières

Jean-Claude Loubières, œuvres récentes

Cette seconde exposition personnelle de Jean-Claude Loubières à la galerie lui permet de réunir un ensemble d'œuvres à caractère sculptural, mais exclusivement murales, à la différence des travaux antérieurs qui entretenaient une très forte relation au sol.
Au travers des œuvres présentées, lesquelles font appel à des matériaux plus variés et ont également le souci de réintroduire la couleur, Jean-Claude Loubières nous propose des "micro-événements perceptifs".
Deux éditions accompagnent ce projet : Mire, une œuvre à 8 exemplaires produite par la galerie et Objet d'indécision, un livre d'artiste qui paraît aux Editions Voix, fruit d'une collaboration entre Pierre Giquel et Jean-Claude Loubières.


6 mars 1991

Sylvie Antoine

Sylvie Antoine, Les quatre Saisons (l’hiver)


25 janvier - 2 mars 1991

Quelques images sur le fond de l’œil (3/3)

Mark Alsterlind, Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, Daniel Dezeuze, Jean-François Lacalmontie, Jean-Claude Loubières, François Morellet, Emmanuel Saulnier

Pour le premier rendez-vous de sa programmation 1991, la galerie Art Attitude présente une exposition intitulée Quelques images sur le fond de l'oeil.
Celle-ci sera constituée d'oeuvres sur papier des huit artistes précités.
A l'exception de Daniel Dezeuze, tous ont déjà réalisé une exposition personnelle à Nancy (Dall'Aglio, Saulnier, Alsterlind, Loubières) ou seront prochainement invités (Lacalmontie et Carbonnet).

Si bien évidemment, le dessin - peut-être n'est-ce pas la formulation exacte ou alors faut-il l'entendre dans une acceptation plus large et parler de travail sur papier - intervient indifféremment chez ces huit artistes, il n'en demeure pas moins que ces oeuvres ont pour dénominateur commun de donner à voir un ensemble de formes (énigmatiques pour certaines) qui appartiennent sans conteste au registre des découvreurs.

Le dessin, ou travail sur papier, est une des composantes de leur démarche et ne doit pas être considéré comme une réalisation mineure.
Bien au contraire, ces oeuvres sont souvent l'expression la plus immédiate d'un artiste, la plus spontanée, la plus vraie, celle où il projette le plus directement son propos.
Le dessin est visionnaire. Pour certains, il anticipe la peinture ou la sculpture; pour d'autres, il est déjà peinture.
Il permet d'approcher les formes, de tenter de les définir.
Il laisse peu de place à d'éventuelles modifications et s'appréhende plus rapidement qu'une peinture ou qu'une sculpture mais doit être aussi significatif que ces dernières.


30 novembre - 29 décembre 1990

Ben Vautier

Jeu de la vie

Le Jeu de la vie, édition conçue par Ben et Hervé Bize, constitue le vecteur de l'exposition, spécialement réalisée par Ben pour la galerie à Nancy, où figurent vingt-et-une écritures, construites à partir de certains des mots qui avaient été préalablement retenus pour le jeu*.
Empreinte de l'esprit du mouvement Fluxus - la vie est art - auquel Ben est lié, cette exposition se distingue par sa radicalité.
Des mots simples, banals, sont là, parfaitement lisibles au centre de chaque toile.
Même si Ben a toujours voulu privilégier la signification plutôt que l'esthétique de ses écritures, celle-ci est tout de même présente dans ces toiles, de format standard, disposées ici en diptyques et triptyques et où les mots ont été inscrits avec les trois couleurs primaires et bien entendu le noir et le blanc.
Ces écritures, d'égale valeur, mais n'ayant pas à priori d'autonomie, demandent, en effet, à être saisies comme partie d'un tout, en l'occurrence du Jeu de la vie et donc de l'oeuvre de Ben, de son art d'attitude, dans le cadre duquel il a choisi d'exprimer, de façon journalière, sa différence, sa vision des choses.
*Le Jeu de la vie contient cent quatre cartes originales, sur lesquelles figurent des mots écrits par Ben. Le jeu consiste à les associer, de manière à construire des écritures que Ben aurait pu inventer.


19 octobre - 24 novembre 1990

Rémi Dall’Aglio

Rémi Dall'Aglio, œuvres récentes

Rémi Dall'Aglio revendique, à travers sa dernière exposition à la galerie Art Attitude, le droit à la multiplicité de la découverte; depuis ses tous premiers travaux, sa quête réside, en effet, dans ce qui est caché au fond des objets, du mouvement, de la vie.
Lorsque le regardeur se trouve confronté à un grand papier, tel que celui qui figurait dans l'exposition, il est souvent dérouté par l'apparente absence de composition: des réseaux à l'agitation brownienne se tissent, effleurent le papier, le noircissent, parfois même le perforent; finalement, après une observation attentive, tout cela est organisé et relève à l'évidence d'un travail méthodique, quasi mathématique, trace de l'activité de l'artiste, véritable cinéaste dans son atelier. Si dans ce travail, par la méthode, Rémi Dall'Aglio nous donne à voir le temps capturé - peut-être s'échappe-t-il par les perforations? - et se révèle donc un tant soit peu philosophe et mathématicien, il est aussi, en quelque sorte, magicien à travers des oeuvres qu'il nomme en souriant les guirlandes et dans lesquelles il manifeste à nouveau son habileté à transcender un objet par une manipulation.
Ainsi, nous sommes confrontés à un travail illusionniste, lequel utilise toutes les ressources de la perspective pour nous plonger dans un univers de formes à la limite de la sculpture et du dessin. La richesse de l'oeuvre de Rémi Dall'Aglio se trouve bien là: le résultat visible n'apparaît que comme une étape, fragile car tout semble pouvoir se détruire pour mieux se reconstituer.
L'important c'est l'acte et la manière de le mettre en évidence.


14 septembre - 17 octobre 1990

François Morellet

Steel Lifes, Curré et dessins cinétiques


20 juin - 25 juillet 1990

A l’heure d’été

Mark Alsterlind, Robert Combas, Jean-Claude Loubières, Ben Vautier, Claude Viallat, German Vidal, Andy Warhol

Pour clore la première partie de la saison, et avant d'accueillir à la rentrée une exposition de François Morellet, la galerie propose jusqu'au 25 juillet un accrochage constitué d'œuvres d'artistes représentés par la galerie de quelques acquisitions récentes.
Outre une œuvre inédite de Jean-Claude Loubières, Nuit et jour, deux toiles récentes de Mark Alsterlind, une écriture de Ben de 1979, ainsi qu'une peinture de German Vidal (un jeune artiste chilien), sont aussi présentées quelques œuvres choisies parmi les récentes acquisitions de la galerie : une toile de Robert Combas de 1987, une pièce de Claude Viallat, un des fondateurs du groupe Supports-Surfaces, ainsi qu'une sérigraphie d'Andy Warhol, Electric chair de 1971, auquel une importante rétrospective est consacrée à Paris au Centre Pompidou.


18 mai - 18 juin 1990

Emmanuel Saulnier

Emmanuel Saulnier, sculptures récentes

Les fragiles verticales et horizontales d'Emmanuel Saulnier, en verre, aluminium ou récemment en porcelaine, déconcertent avant tout le spectateur par la forme de confrontation qu'elles suscitent : en effet, le regardeur est plutôt habitué aujourd'hui à se mesurer à la "mégalomanie dimensionnelle" qui frappe nombre d'artistes.
Chez Emmanuel Saulnier, rien de tout cela. La rencontre se déroule d'égal à égal, même si le spectateur prend vite conscience de la précarité de ces œuvres qui paraissent sensibles au moindre souffle d'air.
Nous sommes invités à les mettre en relation avec notre corps et ses articulations, elles aussi susceptibles d'être touchées.
Les formes précaires de Bouches reliées ou Même bras semblent être là pour témoigner d'un passage ou d'une possible métamorphose, tout comme notre existence peut être bouleversée à tout moment.
Emmanuel Saulnier n'est pas praticien, comme d'autres sculpteurs contemporains. Ses œuvres sont réalisées par d'autres, sous son contrôle. Cependant, s'il ne les manipule pas, il s'identifie physiquement quand même à elles ; à cet instant, nous revenons encore à cette relation au corps et à ses pulsions.
Le travail de Emmanuel Saulnier constitue ainsi une véritable expérience humaniste.


6 avril - 12 mai 1990

Mark Alsterlind

Le principe de cette exposition, consacrée à Mark Alsterlind, consiste en un ballet journalier des oeuvres, correspondant aux plages d'ouverture de la galerie.

Seront présentées une cinquantaine de pièces (toiles et papiers) qui permettront d'appréhender l'évolution du travail de Mark Alsterlind sur un peu plus d'un an.

Le décalage sensible, qui existait entre le traitement des papiers et des toiles, s'est récemment considérablement réduit.
Sur le plan formel, la fragmentation en deux parties, qui structurait jusqu'alors les oeuvres sur papiers, a tendance à s'estomper et leurs dimensions sont désormais aussi conséquentes que celles de certaines toiles.
Aujourd'hui plus que jamais, les toiles participent des papiers et réciproquement.
Des formes oblongues, sortes d'instruments, qui suggèrent parfois des trompettes médiévales, ou d'outils apparaissent.
Ces oeuvres conservent un aspect minéral et sédimentaire, propre à l'artiste et dû à la poudre de marbre qu'il mêle aux pigments.
Ainsi, l'audace des rapports chromatiques, mis en place par Mark Alsterlind, est particulièrement manifeste et n'est pas sans évoquer celle dont fait preuve Gehrard Richter dans ses Abstraktes Bild. Il faut souligner, à cet instant, combien Mark Alsterlind est parvenu, en l'espace de deux ou trois ans, à digérer certaines influences et son travail manifeste désormais une plus grande autonomie. Mark Alsterlind a toujours été conscient de la lente apparition du tableau; il ajoute ou retranche car il s'agit avant tout de marquer son territoire...


9 mars - 4 avril 1990

Andy Warhol

Arman, Ben, Warhol, œuvres des années 70

Cette exposition réunit, pour la première fois en Lorraine, un ensemble exceptionnel d'œuvres d'Arman, Ben Vautier et Andy Warhol, trois artistes associés à des mouvements apparus au début des années 1960 en Europe et aux Etats-Unis, le Nouveau Réalisme, Fluxus et le Pop'Art.


2 février - 3 mars 1990

Autard-Poivret-Thupinier, Parti-pris Philippe Piguet


17 novembre - 23 décembre 1989

Isabelle Champion-Métadier

Isabelle Champion-Métadier, peintures récentes

Les Offrandes succèdent aux Objets terrestres. A travers cette dernière série, Isabelle Champion-Métadier démontre à nouveau sa capacité à se remettre en question.
Elle relève quotidiennement le défi de la peinture, ce qui est plutôt rare aujourd'hui.
Elle témoigne aussi bien lorsqu'elle est en voyage (récemment en Chine; l'année prochaine elle partira travailler plusieurs mois aux Etats-Unis) qu'à Paris, que l'on est artiste à chaque instant, à chaque endroit où l'existence vous mène.
En effet, seul l'artiste est en éveil, attentif au moindre signe (dans la rue, une publicité, la vitrine d'un magasin, l'architecture d'un édifice, ...) y perçoit un sens et parvient à le transcrire dans son travail.
Isabelle Champion-Métadier est née à Tours en 1947. Elle vit et travaille à Paris.


26 octobre - 13 novembre 1989

Mark Alsterlind, Pierre Buraglio, Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, François Morellet, Gérard Traquandi, œuvres sur papier


15 septembre - 23 octobre 1989

Jean-Claude Loubières

Jean-Claude Loubières, sculptures et dessins

La galerie présente, du 15 septembre au 23 octobre, un ensemble de sculptures et dessins de Jean-Claude Loubières.
Depuis 1987, date à laquelle l'artiste a abandonné le papier mâché pour construire ses volumes au profit du métal, les moyens plastiques qu'il utilise se multiplient pour se combiner (zinc, plomb, plexiglas, aluminium, tôle galvanisée).
Si les travaux des années 1987-88 véhiculent plutôt un caractère lyrique, les plus récentes, comme en témoignent les deux qui sont présentées, nous apparaissent plus massives mais conservent néanmoins un sentiment d'ironie certain.
Par une élaboration patiente qui concentre la densité et l'énergie, la sculpture de Jean-Claude Loubières semble désormais chercher à rendre plus complexe l'approche du regardeur, lequel doit s'interroger sur la stratégie à adopter pour l'appréhender, la pénétrer.
Cependant, les ouvertures que l'artiste ménage dans ces deux pièces le guident vers le point d'où émane l'énergie qu'elles génèrent, permettant ainsi d'investir mentalement des espaces inacessibles.

L'exposition est accompagnée par un livre d'artiste, Alu-Galva (collection Voir comme on pense, Editions Voix).


26 mai - 1er juillet 1989

Ben Vautier

Ben Vautier, œuvres des années 70 et 80

Cette première exposition personnelle de Ben Vautier à Nancy résulte des relations qu'Hervé Bize a nouées avec l'artiste niçois depuis deux ans.
Elle regroupe deux ensembles d'œuvres distincts : d'une part, une importante série de cinq toiles introspectives de 1977, presque minimales, portant des textes peints en rouge sur fond noir dont l'exécution fut déléguée à un peintre en lettres et d'autre part, un ensemble de travaux récents plus éclectiques (écritures, portraits, assemblages d'objets…) qui montrent combien la personnalité de Ben, en ardent défenseur de la Figuration Libre — il est d'ailleurs l'auteur de la formule — relève aujourd'hui de la prodigalité.


20-25 mai 1989

Andy Warhol

Une œuvre, un regard : Andy Warhol


7 avril - 20 mai 1989

De la Méthode (2/3)

Bruno Carbonnet, Rémi Dall’Aglio, Chuck Nanney, Gérard Traquandi, Claude Viallat

L'exposition De la Méthode succède à celle qui fut intitulée De la neige, de la pluie, et de la grêle.
Elle montre un autre versant de la peinture contemporaine, plus radicale, où la réduction des moyens techniques et chromatiques est manifeste; alors que les travaux, qui ont été montrés précédemment, étaient plutôt d'essence matiériste et sensitive.

Du 7 avril au 20 mai prochain, sont donc réunies des oeuvres de cinq artistes français et étrangers: quatre valeurs montantes, pourrait-on dire, il s'agit du suisse Rémi Dall'Aglio, de l'américain Chuck Nanney et des français Gérard Traquandi, Bruno Carbonnet, lesquels sont entourés de Claude Viallat qui peut, sans nul doute, être considéré comme l'un des artistes français les plus importants des vingt dernières années.
Après avoir étonnamment détourné la vitrine de la galerie en réalisant un dessin elliptique, mis en relation avec deux éléments mécaniques, Rémi Dall'Aglio présente un grand dessin au charbon, un type d'oeuvres qu'il a d'ailleurs pour habitude de mettre en correspondance avec ses installations.
Chuck Nanney, jeune artiste américain, dont le travail jouit d'ores et déjà d'une audience internationale, est représenté par une toile particulièrement représentative de sa démarche: le sentiment d'éclatement du cadre, provoqué par la construction du châssis en branchages, s'oppose à la rigueur des carrés concentriques que l'artiste a peint sur la toile.
Gérard Traquandi livre à notre regard un triptyque composé de trois monochromes (,noir, rouge et jaune) qui demandent aussi à être examinés de très près, car leur matière évoque trois états totalement différents. Cette oeuvre s'inscrit dans la continuité des grandes pièces qui avaient été présentées, en juin dernier, lors de BAC'88, deuxième biennale d'art contemporain de Nancy.
Bruno Carbonnet, quant à lui, manipule les archétypes. La réflexion qu'il porte sur la peinture est très intéressante. Il fait, en effet, surgir d'un champ pictural (il s'agit de toiles dont les formats sont standard) une zone lumineuse qui s'avère être la représentation en perspective d'une banale maison.
Enfin, Claude Viallat est représenté par une oeuvre monumentale qu'il a réalisée, l'an dernier, pour le pavillon français de la Biennale de Venise. La subtilité des rapports chromatiques et le dialogue qu'il instaure entre sa forme monotype et le support, toujours libre bien entendu, entre l'horizontalité et la verticalité, confère à ce grand format une résonance particulière.


19 mai 1989

Sylvie Antoine

Une œuvre, un regard : Sylvie Antoine


23 février - 1er avril 1989

De la neige, de la pluie, et de la grêle (1/3)

Mark Alsterlind, Stéphane Braconnier, Isabelle Champion-Métadier, Rémi Dall’Aglio, Gerardo Dicrola, Jean-Claude Loubières



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U Scope I'm God Say Hi Or Be John


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U Scope I'm God Say Hi Or Be John


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U Scope I'm God Say Hi Or Be John


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Marco Godinho et Joseph Beuys


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Dector & Dupuy


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Dector & Dupuy


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Dector & Dupuy


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Jack Youngerman


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Jacques Charlier et Alain Jacquet


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Alain Jacquet


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Alain Jacquet et Jacques Charlier


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Jacques Charlier


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André Cadere


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André Cadere


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Eric Hattan


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Daniel Dezeuze et Claude Viallat


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Claude Viallat et Giorgio Griffa


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Alan Charlton et Bernard Borgeaud


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Vertizontal


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Jean-Claude Loubières, Alan
Charlton, Bernard Borgeaud


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Rémi Dall'Aglio


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Rémi Dall'Aglio


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Morellet & Youngerman


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Morellet & Youngerman


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STRATEGY: GET ARTS


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STRATEGY: GET ARTS


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Eric Hattan


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Raymond Hains


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François Morellet


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François Morellet


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Bernard Borgeaud


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Bernard Borgeaud


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BOXES - Green & others
(Marcel Duchamp)


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BOXES - Green & others


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BOXES - Green & others


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Hanna Sandin


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Hanna Sandin


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Marco Godinho


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Marco Godinho


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Daniel Buren, André Cadere


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Daniel Buren, André Cadere


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Daniel Buren, André Cadere


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Daniel Buren, André Cadere


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Miguel Branco


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Miguel Branco


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Miguel Branco


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Peter Rösel


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Bruno Carbonnet


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Bruno Carbonnet, Peter Rösel


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Bruno Carbonnet, Peter Rösel


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Bruno Carbonnet, Peter Rösel


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Peter Rösel


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Bruno Carbonnet


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Bruno Carbonnet


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Peter Rösel


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Miguel Branco


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Double Fantasy (salle des
fresques)


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Double Fantasy (salle des
fresques)


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Double Fantasy (salle des
fresques)


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Double Fantasy (salle des
fresques)


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Double Fantasy (salle blanche)


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Double Fantasy (salle blanche)


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Double Fantasy (salle blanche)


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Double Fantasy (salle blanche)


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Jacques Charlier, Palais d'Iéna


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Peter Rösel, 85-87 Fbg St-Martin


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Peter Rösel, 85-87 Fbg St-Martin


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Couverture de François Morellet,
Mes images.



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Strates et arts (salle
des fresques)


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Strates et arts (salle des
fresques)


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Strates et arts (salle des
fresques)


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Strates et arts (salle des
fresques)


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Strates et arts (salle blanche)


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Strates et arts (salle blanche)


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Strates et arts (salle blanche)


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Strates et arts (salle blanche)


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Strates et arts (salle blanche)


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Dector & Dupuy, Geismar et
Isabey
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Dector & Dupuy, Geismar et
Isabey
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Dector & Dupuy, Geismar et
Isabey
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Dector & Dupuy, Geismar et
Isabey
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Concrètement, salle des
fresques


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Concrètement, salle blanche


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Concrètement, salle blanche


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Anne-Lise Coste.


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Anne-Lise Coste.


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Anne-Lise Coste.


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André Cadere.


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André Cadere.


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Eric Hattan.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Peter Rösel.


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Bruno Carbonnet, Salon du
dessin contemporain, 2010.


.Invitation Explorations, 2010.


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Explorations (salle des
fresques).


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Explorations, salle blanche.


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Explorations, salle blanche.


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Explorations, salle blanche.


.Invitation Marco Godinho,
Continual changes, 2009.



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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Invitation Keep your options
open, 1989-2009
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Keep your options open (salle
des fresques).


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Keep your options open (salle
des fresques).


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Keep your options open
(salle blanche).


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Keep your options open (salle
blanche).


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Keep your options open (salle
blanche).


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Invitation Jacques Charlier,
Libérer Lamartine
, 2009.



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Jacques Charlier.


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Jacques Charlier.


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Jacques Charlier.


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Jacques Charlier.


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Jacques Charlier.


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Invitation Blast from the past
(part 2)
, 2008.



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Philippe Cazal, Anne-Lise Coste.


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Marco Godinho.


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Invitation FIAC 2008.


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FIAC 2008, Grand Palais, Paris,
Emmanuel Saulnier.


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FIAC 2008, Grand Palais, Paris,
Emmanuel Saulnier.


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Invitation Blast from the
past (part 1)
, 2008.



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Jacques Charlier, Marko
Lehanka.


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Gabriel Vormstein, Kendell
Geers, Jacques Charlier.


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Peter Rösel.


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Delia Brown.


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Invitation Eric Hattan,
S cul türe physique, 2008.



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Eric Hattan.


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Eric Hattan.


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Eric Hattan.


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Eric Hattan.


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Eric Hattan.


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Eric Hattan.


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Invitation Daniel Dezeuze,
Œuvres récentes, 2007-2008.



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Daniel Dezeuze.


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Daniel Dezeuze.


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Daniel Dezeuze.


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Daniel Dezeuze.


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Daniel Dezeuze.


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Invitation Marco Godinho,
À plein temps, 2007.



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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Marco Godinho.


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Invitation Sleepless, 2007.


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Eric Hattan.


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Eric Hattan, Sylvie Antoine,
Rémi Dall'Aglio.


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Eléonore de Montesquiou,
Dector-Dupuy.


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Eric Poitevin, Raoul
Hausmann, Sylvie Antoine.


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Raoul Hausmann, Sylvie
Antoine, Rémi Dall'Aglio.


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Raoul Hausmann, Pierre
Gauthier, Jean-Pierre Bertrand.


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Eric Hattan.


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Invitation Borgeaud, Claass,
Saulnier
, 2006-2007.



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E. Saulnier, B. Borgeaud et
A. Claass, décembre 2006.



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Emmanuel Saulnier, Bernard
Borgeaud.


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Emmanuel Saulnier.


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Bernard Borgeaud, Arnaud Claass.


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Arnaud Claass.


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Bernard Borgeaud.


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Invitation Peter Rösel, 2006.


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Peter Rösel.



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Peter Rösel.



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Invitation Dector-Dupuy,
Carottage, 2006.



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Dector-Dupuy.


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Dector-Dupuy.


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Invitation Marko Lehanka,
Lumières, gros bidons - lever
de rideau !
, 2006.



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Marko Lehanka.


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Marko Lehanka.


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Invitation Spirit of... DADA,
2005-2006.



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Erik Dietman, Andy Warhol,
Raoul Hausmann.


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Raoul Hausmann, Franck Scurti.


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Spirit of… DADA.


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Spirit of… DADA.


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Spirit of… DADA.


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Morellet.


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Spirit of… DADA.


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Accrochage, été 2005
(E. Bossut et E. Poitevin).



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Invitation Rémi Dall'Aglio
Jean-Claude Loubières,
Conversation
, 2005.



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Jean-Claude Loubières.


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Rémi Dall'Aglio.


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Invitation Jean Hélion, Le réel
et le songe
, 2004-2005.



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Jean Hélion.


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Invitation More to see, 2004.


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Didier Marcel, Andy Warhol.


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More to see.


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Gérard Collin-Thiébaut,
Jacques Charlier.


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François Morellet, Philippe Cazal.


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Invitation Intimes convictions,
2004.



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Bruno Carbonnet, Daniel Dezeuze,
Bernard Borgeaud.


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Delia Brown, Eléonore de Montesquiou.


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Invitation Philippe Cazal,
Projections
, 2004.



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Philippe Cazal.


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Philippe Cazal.


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Philippe Cazal.


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Invitation Transition,
2003-2004.



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Transition.


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Transition.


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Ernest T.


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Chris Burden, Cildo Meireles.


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Olivier Blanckart.


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Invitation Etienne Bossut,
Petits dessins
, 2003.



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Etienne Bossut.


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Etienne Bossut.


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Stand FIAC 2003, Paris.


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Stand FIAC 2003, Paris.


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Invitation Morellet (encore?),
2003.



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Invitation Daniel Dezeuze,
Vade-mecum II, Le Salon
noir et quelques Grotesques
,
2003.



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Invitation Jean-Pierre Bertrand,
oeuvres récentes
, 2003.



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Invitation Circonstances,
2002.



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Invitation Taroop & Glabel,
Dieu et Cie
, 2002-2003.



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Invitation The Fata Morgana
Painting Project
, 2001-2002.